IIS
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
LA MORALE DES POÈMES DE LA GRÈGE
qui avait « violemment outragé Zilô, fidèle épouse de Zeus, comme elle se rendait à Pythô, à travers la plaine riante de Panopée », tel Tantale qui avait provoqué la colère de Jupiter en lui enlevant son beau Ganymède, tel Sisyphe membre de la bande des Titans qui tentèrent d'escalader le ciel et de ravir l'Olympe à Jupiter, etc. D'autres comme Achille, Ajax, etc., avaient leur entrée dans les Champs-Elyséens parce qu'ils tuèrent un grand nombre d'hommes et firent beaucoup de bruit. L'Elysée, en somme, ne recevait, à celte époque lointaine, que les âmes des héros, des dieux déchus, des brigands, des guerriers, des rois, des gens dont il avait été beaucoup parlé pendant leur vie. on bien ou en mal. Ce sont uniquement les âmes de ces gens-là qu'Ulysse voit dans la prairie des Asphodèles '. Les autres âmes, celles du commun des mortels, étaient jugées par Minos et traitées diversement selon leurs bonnes ou mauvaises actions sans que l'on connût exactement leur sort.
Les âmes qui habitent l'Elysée apparaissent à Llysse, dans le poème d'Homère, sous la forme que revêtait leur corps ; elles pensent, parlent, se promènent, s'agitent, font des mouvements de toutes sortes sans avoir aucun des organes nécessaires à ces actes ; ce sont, en quelque sorte, des ombres de corps, conceptions de poète incapable de préciser sa pensée et qui peut lui donner une forme d autant plus séduisante qu'il n'a point às'inquiéter des réalités. Toutes les ombres de l'Elysée n'ont, du reste, qu'une préoccupation, celle du poète lui-même, celle de tous les hommes de son temps : elles ont trop aimé la vie pour ne pas désirer éternellement revivre. (( Divin fils de Laerte, dit Achille à Ulysse, infortuné ! Comment ton esprit a-t-il pu te résoudre à surpasser tous tes travaux .^ Comment as-tu osé descendre chez Aïdès, où demeurent les morts insensibles, simulacres des hommes qui ne sont plus .^ » Et comme Llysse lui décrit les honneurs rendus sur la terre à sa mémoire, le félicitant d'avoir subi un trépas glorieux, Achille lui répond avec une