Stkabon, Géogr., livre
3. Sénèque dit de Mécène : « Voilà celui qui s'est marié mille Fois. » (Lettres à LuciliuSj t;xiv) et encore : « Trouvez-vous donc plus heureux Mécène en proie aux tourments de l'amour et déplorant les répudiations quotiennes d'une épouse morose. » (De la Providence, II I.)
4. « Pourquoi Sertorius a-t-il pour Bibula sa Femme une si vive tendresse? A vrai dire, ce n'est pas sa Femme qu'il aime, c'est la fiçure de sa Femme. Que trois rides se glissent sur les joues de Bibula, que sa peau devienne sèche et flasque, que ses dents perdent leur émail, que l'âge rapetisse ses yeux : « Fais ton paquet, lui dira l'affranchi et va-t'en; tu nous ennuies, tu te mouches trop. Allons, décampe, et lestement. Une autre va venir qui a le nez moins humide. » (Juvi^:>AL, Satyres, vi.)
126 LA MORALE RKLIOIELSE DES PEUPLES ARYENS
épouser a des femmes impudiques, pourvu qu'elles eussent du bien, afin de les répudier ensuite sous prétexte de leurs dérMomontsS). Dans cette sociélé corrompue, devenue dédaigneuse de la more de famille qui, autrefois, tenait une place si grande auprès du foyer domestique, dont le mari ne se séparait (pie par exception et pour des causes très graves, a les femmes légères et les mignons se multiplièrent comme une véritable peste, et dans les circonstances où l'on se trouvait, il n'était pas possible de prendre la moindre mesure légale efficace contre ce fléau. La taxe élevée que Caton, lorsqu'il fut censeur, en 670 (iSi), établit sur cette ignoble espèce d'esclaves de luxe, ne produisit aucun eflet, et en outre, elle tomba en dessuétude une ou deux années plus tard, en même temps que la taxe sur les
propriétés ^ »
Il est impossible de ne pas constater la coïncidence qui existe entre la dissolution de l'antique famille romaine et l'introduction dans la société de Rome des religions sémitiques, aux yeux desquelles la femme n'est qu'une esclave n'avant même pas sa place dans le culte de son mari et de ses fils. Ce qui augmente notablement la valeur de cette coïncidence, c'est la révolte qui se produisit parmi les femmes romaines à la suite des mœurs et de l'attitude nouvelles de leurs maris. Habituées à une certaine considération, elles ne se soumirent pas, comme les femmes sémites de rOrient, à l'abandon et aux dédains dont elles devenaient l'objet. Appliquant à leur conduite les principes de liberté et d'égalité relative adoptés dans les anciennes familles, elles prétendirent s'émanciper des liommes dont le
mépris les accablait.
L'une des premières et des principales manifestations de l'esprit de rébellion qui les envabit fut l'adbésion qu'elles donnèrent aux cultes sémitiques de l'Orient. Tandis que leurs maris, leurs pères, leurs frères délaissaient les Pénates du foyer domestique pour les sanctuaires de Baccbus, et
1. Voyez Troplong, De l'infl. du Christ, sur le droit civil, romain, j^dilion
Bayle, p- i^O-