MoMMSEîï, Hist. rom.y 111, p
formaient des confréries où l'on banquetait en l'bonneur des nouvelles divinités, les femmes se faisaient initier aux mystères de Cybèle ou disis, s'entouraient des devins et astrologues de l'Asie, se livraient, en des sociétés purement féminines, à des actes rituels qui, après avoir été purement symboliques et mystiques, se transformèrent petit à petit, en scènes orgiaques. Les poètes satyriques forcent toujours la note, et l'on pourrait accuser Juvénal d'avoir poussé la satyre au delà de toutes les bornes de la vérité, si des écrivains aussi graves que Sénèque ne se montraient également sévères pour les nouvelles mœurs des dames romaines. « Imitant les liommes dans leurs excès, elles doivent dit Sénèque ', participer à leurs infirmités. Comme eux. elles veillent; comme eux, elles font orgie, et les défient à la lutte et à l'ivrognerie ; comme eux, elles rendent par la bouclie les aliments empilés dans un estomac qui les repoussaient, et rejettent, jusqu'à la dernière goutte, tout le vin qu'elles ont bu; comme les liommes, elles macbent de la neige pour soulager leurs entrailles brûlantes ; quand à la luxure, elles ne le cèdent nullement aux hommes ; destinées par la nature à un rôle passif, dans leurs emportements contre nature elles en sont venues (que le ciel les extermine î) à faire l'homme avec les hommes (viros ineunt))y. Après cela on peut écouter Juvénal parlant des pratiques religieuses, des femmes de son temps ^ «Voyez chez cette dévote accourir la confrérie de la violente Bellone, du culte de la Mère des dieux. En tête se présente un giave personnage, fort vénéré de celte canaille : ce n'est pas tout à fait un homme, le couteau de pierre l'a depuis longtemps débarrassé de sa virilité. Le reste des braillards et des tambours se range pour lui faire place. Le voilà avec sa mitre phrygienne qui lui couvre les joues. Ce qu'il vient déclarer est grave : « septembre arrive, et avec lui le vent du midi ; mais pour n'en avoir rien à craindre, il suffit de se purifier avec une offrande de cent œufs, et de lui don-