I. MuMMSEN, Hist. rom., IIÏ, p
Ayant conquis l'indépendance religieuse et la jouissance de la fortune, sinon encore le droit à sa possession, les femmes ne pouvaient manquer d'émanciper ensuite leurs personnes. Après avoir été les victimes des caprices des hommes et avoir subi tous les inconvénients de l'adultère et du divorce, elles en recherchèrent lesprofits. « D'où vient que Césennia est « la meilleure des femmes » si l'on en croit son mari .^ C'est qu'elle lui a apporté un million en dot: il lui trouve un milHon de vertus, ne croyez pas qu'il maigrisse d'amour, que Vénus l'ail touché de ses flèches de feu. Non, ce qui l'enflamme c'est la dot: c'est de là qu'est parti le trait qui l'a percé. Sa femme est libre, elle a payé pour cela. Elle peut en sa présence faire des signes aux galants, répondre à leurs billets, il ne verra rien. Etre mariée à un homme intéressé, quand on est riche, c'est être veuve*. » Sénèque disait, au sujet des adultères qui se conmettaient de son temps: « A-t-on aujourd'hui la moindre honte de l'adultère, depuis qu'on en est venu au point qu'une femme ne prend un mari que pour stimuler les amants.^ La chasteté n'est plus qu'une preuve de laideur. Où trouverez-vous une femme assez misérable, assez chétive pour se contenter d'un couple damants .^ Ne faut-il pas qu'elle parlage les heures de sa journée entre plusieurs.^ Encore, un jour ne suffit pas à tous. Ne faut-il j)as qu'on la porte chez l'un, cl qu'elle passe quelque temps chez l'autre.^ il n'y a qu'une malapprise et une arriérée qui ne sache pas que l'adultère avec un seul est appelé mariage'. » Sénèque nous a conservé Me souvenir de Clodius poursuivi pour adultère commis avec l'épouse de César, au cours d'une cérémonie religieuse où les femmes seules pouvaient figurer et où l'on voilait jusqu'aux images des animaux mâles. Le procès faisait tant de bruit que Ion dût protéger les juges contre les partisans de Clodius, en cas de condamnation ; mais le coupable sut éviter cette dernière en faisant, dit Sénèque, « commettre des adultères à