CHAPITRE VII
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LA RELIGION DANS SES RAPPORTS AVEC L ÉVOLUTION SOCIALE ET MORALE CHEZ LES GRECS ET LES ROMAINS
D'après certains historiens, ce serait la religion cjui aurait présidé à la formation des sociétés grecques et romaines et qui aurait déterminé la constitution des classes sociales. C'est notamment l'opinion soutenue parFustel de Coulanges dans son beau livre sur la Cité antique. Il montre la religion familiale établissant une barrière entre les différentes familles, puis entre les familles aristocratiques qui avaient seules primitivement un foyer sacré, et les familles plébéiennes qui en étaient encore dépourvues. Avoir un foyer sacré ou n'en pas avoir, pratiquer une religion familiale ou n'en point pratiquer, telle serait, d'après lui, la cause déterminante de la distinction qui s'établit entre les familles aristocratiques et les familles plébéiennes. Envisager les choses de celte façon, c'est, à mon avis, mettre la charrue avant les bœufs.
Ce {|ui ressort de l'évolution historique de la société romaine et des sociétés grecques, c'est que les familles aristocratiques furent, au début, celles qui avaient su s'emparer les premières du sol, le faire valoir par l'agriculture et l'élevage des bestiaux, s'enrichir, en un mot. Pour faire produire à la terre ses fruits, ces familles employèrent d'abord des esclaves appartenant à d'autres peuples ou races et pris à la guerre. Plus tard, elles s'entendirent avec des immigrants libres, autorisés à se fixer au sol, mais auxquels on n'accordait pas le droit de possession, et que l'on obligeait de travailler pour les propriétaires véritables. Le besoin absolu que ces derniers avaient du concours des immigrants dut nécessairement entraîner la reconnaissance