Fustel db Goulangbs, La Cité antique, livre IV, ehap. ii
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LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
droits politiques, ils se font une place dans la religion ; les uns se constituent un foyer sacré, les autres adressent leur culte à des divinités sous la protection desquelles toute la classe plébéienne se place, a Tantôt, dit Fustel de Coulanges', une famille plébéienne se fit un foyer, soit qu'elle eût osé l'allumer elle-même, soit qu'elle se fut procuré ailleurs le feu sacré ; alors elle eut son culte, son sanctuaire, sa divinité protectrice, son sacerdoce a l'image de la famille patricienne. Tantôt le plébéien, sans avoir de culte domestique, eut accès au temple de la cité. A Uome, ceux qui n'avaient pas de foyer, par conséquent pas de fête domestique, offraient leur sacrifice annuel au dieu Quirinus. Quand la classe supérieure persistait à écarter de ses temples la classe inférieure, celle-ci se faisait des temples pour elle ; à Home elle en avait un sur l'Aventin, qui était consacré à Diane ; elle avait le temple de la Pudeur plébéienne. Souvent, enfin, on vit la plèbe se faire des objets sacrés analogues aux dieux des Curies et des tribus patriciennes. Ainsi le roi Servius éleva un autel dans chaque quartier, pour que la multitude eut l'occasion de faire des sacrifices ; de même que les Pisistratides dressèrent des hennés dans les rues et sur les plans d'Athènes. Ce furent là les dieux de la démocratie. La plèbe, autrefois foule sans culte, eul dorénavant ses cérémonies religieuses et ses fêtes; elle put prier. C'était beaucoup dans une société où la religion faisait la dignité de riiomme. » Il serait peut-être plus juste de dire que c'était beaucoup dans une société où l'homme faisait consacrer son esprit de domination ou son émancipation politique par la religion. En raison de la situation où ils se trouvaient par rapport à la religion, les plébéiens devaient être très disposés à se porter vers les cultes orientaux qui s'ouvraient à toutes les classes sociales. N'ayant qu'une place très secondaire dans la religion nationale, écartés du foyer de la cité, ils étaient heureux de se créer une situation prépondérante dans les religions exotiques. C'est une des raisons pour lesquelles le christianisme, à ses débuts, recruta parmi eux tant