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I. Histoire romaine, III, p

142 LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS

Cybèle ou Junon, on était libre d) croire ou de n'y pas croire... La liberté de penser à l'égard de la religion de la cité était absolument inconnue. Il fallait se conformer à toutes les règles du culte, figurer dans toutes les processions, prendre part au repas sacré '. » A Rome, les individus qui ne figuraient pas au banquet annuel célébré en l'bonneur de la'cité perdaient leurs droits de citoyens jusqu'au banquet suivant. La religion de la cité était, en réaUté, le lien social par excellence. C'est ce qui explique la rigueur montrée à l'égard des chrétiens par les empereurs de la série des Antonins, monarques bienveillants et humains, mais qui attachaient une grande importance h la reUgion nationale, tandis que la plupart des empereurs syriens montrèrent une grande tolérance pour le christianisme.

Nul fait, d'ailleurs, ne prouve mieux que celui-là quel fut le rôle de la religion dans la société romaine. Celle-ci se forma par l'union de familles qui avaient un intérêt majeur à s'associer et qui, étant belliqueuses, conquérantes, éprouvèrent le besoin de donner à leur association une très grande force. Leur conception sociale découla de ce besoin: la cité sera la dominatrice de l'individu, son intérêt passera toujours avant ceux des citoyens envisagés isolément. « H n y avait rien dans l'homme,' dit fort justement riiistorien cité plus haut, qui fut indépendant, son corps appartenait à l'État et était voué à sa défense... ; sa fortune était toujours à la disposition de l'État : si la cité avait besoin d'argent, elle pouvait ordonner aux femmes de lui livrer leurs bijoux, aux créanciers de lui abandonner leurs créances, aux possesseurs d'oliviers de lui céder gratuitement l'huile (piils avaient fabriquée. La vie privée n'échappait pas à celte omnipotence de l'État. Beaucoup de cités grecques défendaient à l'homme de rester célibataire. Sparte punissait non seulement celui qui ne se mariait pas, mais même celui qui se mariait tard. L'État pouvait prescrire à Athènes le travail, à Sparte l'oisiveté... ; à Locres, la loi défendait aux hommes de boire du vin ; à Rome, à Milet, à Marseille, elle

I. FusTEL DE Goui.ANGES, La Cité antique, livre Uï, chap. xviii.

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