CHAPITRE IX
l'action de l'opinion.
L'opinion a une sphère d'aclion plus vaste encore que celle des religions, car elle s'étend à l'universalité des manifestations de l'activité humaine dans le temps et dans l'espace. Ce n'est pas à dire que l'opinion s'occupe indifféremment de toute sorte d'actes, sur quelque point du temps et de l'espace qu'ils s'accomplissent. Elle n'éprouve guère le hesoin de connaître et de juger que ceux qui peuvent exercer directement ou indirectement, à quelque degré, une inÛuence utile ou nuisible sur l'individu qui connaît et qui juge ou sur la société dont il est membre. Nous cherchons volontiers à nous faire une opinion sur les individus et les peuples qui ont joué un rôle important dans l'histoire de notre civilisation, parce que nous subissons, en bien ou en mal, les conséquences de leurs actes. Nous sommes particulièrement excités à connaître et à juger la conduite de ces individus et de ces peuples aux époques les plus rapprochées de la nôtre, en reculant toutefois davantage nos investigations dans le temps quand il s'agit de civilisations dont la nôtre est issue. Nous n'éprouvons, en revanche, que faiblement le besoin de connaître et de juger les actes d'individus et de peuples, tels que les Cbinois, dont le passé n'a presque rien de commun avec le nôtre. De même, nous nous montrons généralement indifférents à la conduite et aux destinées des peuples avec lesquels nous n'entretenons que des rapports éloignés. Il en est autremenl pour les populations avec lesquelles nos rapports sont