‹ La morale économiqueChapitre 118 sur 242 · LIVRE V. — LA GENÈSE DE LA MORALE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LA GENÈSE DE LA MORALE

tutelle qui place, dans une partie ou même dans la totalité des manifestations de leur activité, les individus incapables d'ob&erver la loi, sous le gouvernement individuel ou collectif de ceux qui en sont réputés capables; les servitudes qui imposent à chacun les gènes et les charges nécessitées par l'établissement et le fonctionnement efficace des appareils de gouvernement et de tutelle; la littérature, la presse, les beaux-arts, l'éducation qui ont ou doivent avoir pour objectif d'augmenter la capacité de chacun à observer la loi, en contribuant à développer les facultés qui constituent cette capacité ou à réprimer et corriger les vices et les défauts qui excitent à enfreindre la loi.

Celte loi et l'appareil qui sert à en procurer l'observation se sont établis dans toutes les sociétés. Il n'y a jamais eu de société sans loi et sans gouvernement. Chacune s'est fait sa loi et son gouvernement à moins d'avoir été assujettie à ceux d'une autre société. Loi et gouvernement sont plus ou moins parfaits dans chacune suivant que ses membres possèdent une capacité intellectuelle et morale plus ou moins développée, et qu'elle est soumise à une pression plus ou moins forte de la concurrence. C'est en raison de celte capacité et de cette pression que s'est accompli de tous temps et dans toutes les sociétés le progrès de la loi et du gouvernement aussi bien que celui de la production, le progrès moral aussi bien que le progrès économique.

! Comment la concurrence a agi sous ses Irois formes successives : animale, politique et industrielle ou économique pour provoquer les progrès de la loi et de l'appareil nécessaire à son établissement et à son fonctionnement, voilà ce que nous avons à examiner.

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