‹ La morale économiqueChapitre 125 sur 242 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

COMMENT LES PROGRÈS ÉCONOMIQUES ONT DÉTERMINÉ LA TRANSFORMATION DE LA PROPRIÉTÉ, DE LA FAMILLE ET DE L'ÉTAT DES TEMPS PRIMITIFS.

Parmi les membres des tribus primitives, ceux-là seulement pouvaient entreprendre une exploitation agricole qui avaient constitué un capital au moyen de l'épargne et l'avaient investi sous la forme de bêtes de somme, d'instruments aratoires, de semences et d'approvisionnements. Ce capital mobilier n'avait pu être épargné qu'à la condition d'être la propriété exclusive de celui qui s'imposait la privation qu'impliquait cette épargne, il avait été en conséquence le premier objet de la propriété individuelle. Il ne pouvait, de même, s'investir dans une exploitation agricole qu'à la condition que la propriété de la terre cultivable fût individualisée à son tour. Qui aurait voulu, en effet, après s'être donné individuellement la peine et imposé les privations nécessaires à la production d'un capital, investir ce capital dans une terre commune, en donnant ainsi à tous les membres de la communauté le droit de s'en attribuer les produits? Cependant la tribu étant propriétaire du sol, il fallait soit lui en acheter la portion où l'on établissait l'exploitation agricole, soit la prendre en location. Tantôt l'un de ces systèmes tantôt l'autre était adopté de préférence, mais ils ne produisaient pas les mêmes effets. Suivant le cours naturel des choses, les entrepreneurs agricoles en voie de prospérité eurent besoin d'un supplément déterre, tandis que ceux dont

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