‹ La morale économiqueChapitre 158 sur 242 · LIVRE VI. — LA CRISE ACTUELLE · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LA CRISE ACTUELLE

bénéfices de tous genres l'armée militaire ou civile, révolutionnaire ou électorale qui les a aidés à le conquérir, et comme leurs compétiteurs ne peuvent les supplanter qu'en levant à leur tour une armée plus puissante, et par conséquent en mettant à sa disposition, après la victoire, un plus grand nombre d'emplois et de bénéfices, le volume et le poids de l'Etat subissent une progression continue et irrésistible.

Deux sociétés se trouvent ainsi en présence au sein de chaque nation civilisée. L'une en possession du mécanisme de l'État et investie du pouvoir de contraindre la généralité des « sujets » à lui livrer une portion de leur revenu, se case dans les commodes alvéoles des fonctions publiques, où elle trouve, en échange d'un travail léger, une subsistance assurée, ou bien encore elle élève artificiellement le taux de ses profits en se servant de la servitude politique pour multiplier et aggraver les servitudes économiques. L'autre société, composée de la poussière désagrégée des « sujets », paye les frais d'entretien de la première, avec adjonction des charges supplémentaires, résultant des entraves et des gènes que la fiscalité et la protection lui imposent. Telle a été la conséquence du maintien de la servitude politique, depuis qu'elle a cessé d'avoir sa raison d'être.

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