‹ La morale économiqueChapitre 168 sur 242 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

l'action conservatrice et propulsive de la concurrence.

Une nation au sein de laquelle le gouvernement de la société et celui de l'individu sont relâchés au point que l'excès des charges publiques décourage le travail et que les revenus individuels, diminués par cet excès, le sont encore par l'aménagement vicieux de leur emploi, une telle nation est condamnée à la décadence et à la mort. Seule, la pression de la concurrence, en l'exposant à un péril prochain, peut provoquer chez elle une réaction assez énergique pour emporter les abus et corriger les vices qui l'affaiblissent et la conduisent à une destruction lente mais fatale. Si la réaction ne se fait point soit que la pression de la concurrence demeure insuffisante ou trop tardive, la concurrence abat cette branche pourrie de l'arbre de l'humanité, à l'avantage du corps tout entier. Comment opère-t-elle?

A l'époque où la guerre était le mode d'action prédominant de la concurrence, une nation affaiblie et corrompue par les abus et les vices des gouvernements de la société et de l'individu finissait invariablement par devenir la proie de la conquête. Or les qualités physiques et morales qui avaient procuré la victoire à l'Etat conquérant se retrouvaient dans le régime auquel il assujettissait le peuple conquis. Si dur que fût ce régime, souvent même à cause de sa dureté, il relevait et purifiait peu à peu le moral des populations et les sauvait d'une décadence qui, sans la conquête, eût été complète et irrémédiable. Parfois, à la vérité, la conquête était

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