CHAPITRE IX
LES NUISANCES CAUSÉES PAR i/ APPRENTISSAGE DE L'OPINION. LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Lorsque des institutions, des lois ou des coutumes ont cessé de répondre aux besoins qui les ont fait naître, soit que les conditions d'existence de la société aient changé ou que l'état moral de l'individu se soit modifié, qu'il ait acquis, par exemple, à un plus haut degré la capacité de se gouverner lui-même, ces institutions, ces lois, ces coutumes cessent d'être utiles et produisent des effets de plus en plus nuisibles. Il devient alors nécessaire de les réformer et de les adapter à l'état nouveau de la société. C'est l'œuvre de l'opinion. Mais il ne suffit pas de sentir la nécessité de cette œuvre et d'avoir la volonté de l'accomplir, il faut encore en avoir la capacité. Il faut savoir en quoi pèchent les institutions existantes, avoir une idée nette de celles qu'il convient de mettre à leur place, et connaître enfin les moyens les plus utiles d'opérer la réforme. Cette triple connaissance manque habituellement aux réformateurs. Il en résulte que leur intervention n'accélère pas toujours des réformes devenues nécessaires et même, lorsqu'elle les accélère, qu'elle les fait acheter à un prix trop élevé ; c'est-à-dire en occasionnant des pertes de forces qui dépassent le gain causé par l'accélération de la réforme.
Tel a été le cas de la réforme de l'ancien régime entreprise, nous ne disons pas accomplie, par la révolution française. Cette réforme, la décadence de la concurrence poli-