‹ La morale économiqueChapitre 182 sur 242 · LIVRE VI. — LÀ CRISE ACTUELLE · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LÀ CRISE ACTUELLE

arriéré du gouvernement de la société, plus incapables encore de découvrir les remèdes qui conviennent à ces maux, elles en ont rendu responsables les classes supérieures et elles ont pris pour objectif de leurs aspirations au progrès la dépossession de ces classes ennemies. C'est à cet objectif que répondent les systèmes socialistes, communistes et anarchistes auxquels elles ont fourni depuis un demi-siècle une clientèle de plus en plus nombreuse.

Ce serait faire preuve d'un optimisme imprévoyant et dangereux de croire que toutes ces causes de démoralisation et de désordre ne porteront pas les fruits qui leur sont propres; que les animosités nationales réveillées et attisées à une époque où l'Europe est devenue un vaste camp n'engendreront pas de nouvelles guerres, plus coûteuses et destructives que les anciennes; que les haines de classes avivées par la propagande socialiste ou anarchiste ne provoqueront point des guerres civiles qui auront pour objet et probablement aussi pour résultats la dépossession des classes supérieures, et l'attribution de l'Etat à la multitude. Alors seulement la crise arrivera à son apogée, et l'excès des maux qu'elle causera déterminera dans l'opinion des courants nouveaux, en opposition avec ceux dont elle subit aujourd'hui l'impulsion irrésistible. La réforme de l'ancien régime entreprise d'une manière aveugle et violente il y a un siècle s'accomplira, suivant les données de la science et par des procédés qui lui conviennent, et la crise prendra fin.

Ce que sera l'ordre nouveau et comment il sortira de l'ordre ancien, nous allons essayer de le montrer, en nous fondant sur les vérités acquises de l'économie politique et de la morale.

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