‹ La morale économiqueChapitre 6 sur 242 · K> , -WVV · texte numérisé non relu

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Ils dérivent de la nature de l'homme et des conditions de son f, existence.

Donnons-en un aperçu sommaire. ^+^ini-, ('•

Qu'est-ce que l'homme, considéré au point de vue économique? L'homme est un mécanisme vivant, composé de * forces physiques, intellectuelles et morales, unies à la matière, soit qu'elles en proviennent ou s'y associent. Ces forces et f cette matière, l'homme est assujetti à la nécessité de les entretenir et de les renouveler incessamment par l'assimila- ' tion ou la consommation d'aliments qui leur conviennent. En d'autres termes, l'homme a des besoins, et ces besoins, physiques, intellectuels et moraux, exigent une satisfaction régulière et continue, sinon les forces et la matière auxquelles ils"j. correspondent diminuent et périssent. Or — et ceci est un f'lrw phénomène d'une importance capitale, — toute diminution

des forces et de la matière animée est accompagnée d'une souffrance, tandis que toute augmentation de ces forces et de .cette matière provoque une jouissance. Sous ce double aiguillon de la souffrance et de la jouissance, de la douleur et du plaisir, l'homme, comme toutes les autres créatures pourvues de vie, est continuellement excité à s'assimiler les matériaux nécessaires à la conservation et à l'augmentation de ses forces.

Mais la nature n'offre à l'homme que des éléments de consommation à l'état brut. Ces éléments, il doit les découvrir et les façonner, au moins pour la plupart, de manière à les adapter à ses besoins, ce qui s'exprime par le mot produire. Comment l'homme produit-il? En mettant en œuvre les forces et la matière qu'il est obligé, sous peine de souffrir et de périr, d'alimenter et de renouveler. Cette mise en œuvre constitue un travail et implique une dépense de forces et de matière. Ainsi donc , avant de consommer les matériaux réparateurs dont il a besoin, l'homme est tenu de dépenser une partie de ceux-là mêmes qu'il doit réparer. De quelle façon procède-t-il? Son premier travail consiste à découvrir les forces qu'il a en lui, à s'en emparer et à les appliquer à la production. La force utile qu'il obtient, en échange de ce travail et de cette dépense, constitue, dans le langage de l'économie politique, une « valeur », d'où cette observation essentielle que la source originaire de la valeur réside dans le travail et la dépense de la force dirigeante de l'être humain. La force utile ou la valeur ainsi obtenue, il la met en ' œuvre, il la dépense pour se procurer en échange un pouvoir \ de réparation ou de consommation plus considérable, autrement dit une valeur plus grande. S'il l'obtient, ses forces se réparent et s'accroissent, en lui procurant une jouissance; s'il ne l'obtient point, si la valeur acquise demeure au-dessous de la valeur dépensée, ses forces diminuent, dépérissent et il éprouve une souffrance. De là la loi de Yéconomie des forces

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