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LIVRE Ier. — RAPPORTS AVEC L'ÉCONOMIE POLITIQUE

sous l'impulsion de laquelle non seulement l'homme, mais toutes les autres créatures vivantes s'appliquent, d'une manière consciente ou inconsciente, à obtenir en échange d'un moindre effort, d'un minimum de dépense vitale, partant de souffrances, une force utile plus grande, un maximum de recette vitale, partant de jouissances.

C'est sous l'impulsion de cette loi que l'homme, après s'être emparé des forces ou des puissances de son être et les avoir dressées à la production, s'applique à y joindre celles qui se trouvent investies dans le milieu où il vit, qu'il asservit les animaux, invente des outils et des machines, imagine les procédés de production les plus économiques, à commencer par le procédé de la division du travail et de la spécialisation des industries, impliquant celui de l'échange. Alors la production va se perfectionnant et se développant sans cesse. Elle nous apparaît aujourd'hui divisée en une série de branches désignées suivant leur nature, sous les dénominations d'agriculture, d'industrie, de commerce, d'arts libéraux, de beaux-arts, etc. Chacune de ces branches de la production est partagée, à son tour, en un nombre plus ou moins considérable d'entreprises. Toute production, quelle qu'elle soit, s'opère au moyen d'entreprises. Ces entreprises se présentent sous des types variés d'organisation et dans des dimensions inégales : les unes sont simplement individuelles, les autres sont des associations plus ou m'oins nombreuses, mais toutes sont constituées avec les mêmes éléments, savoir, avec des forces utiles ou des valeurs investies les unes dans le personnel, les autres dans le matériel mobilier ou immobilier nécessaire au fonctionnement de l'entreprise. L'opération de la production se résout dans l'échange des forces utiles ou, en langage économique, des valeurs investies dans le personnel et le matériel contre la valeur que cette opération investit dans le produit. Si celle-ci dépasse celles-là, il y a augmentation de la somme des forces utiles ou des valeurs et vice

versa. Or la valeur es^Jajmolécule de la richesse. Toutes les richesses, quelle que soit leur nature, se composent de valeurs, le^ unes investies dans l'homme, ce sont les valeurs ou les richesses personnelles; les autres investies dans les produits du règne minéral, végétal et animal, ce sont les valeurs ou les richesses immobilières et mobilières.

Que devient la force utile, la valeur ou la richesse continuellement créée dans les entreprises de production? Que le produit soit échangé ou non , elle se distribue entre les coparticipants aux entreprises, soit qu'ils y contribuent par l'apport et la mise en œuvre de leurs valeurs personnelles ou de. leurs valeurs mobilières et immobilières. Cette distribution se fait sous des formes et dans des conditions diverses : le travail et le capital de direction et d'entreprise reçoivent leur part dans la valeur produite sous forme de profit, de bénéfice ou de dividende, le travail et le capital auxiliaires sous forme de salaire, d'intérêt ou de loyer. Ces parts constituent les « revenus » à l'aide desquels les coparticipants de a production et les individus qui dépendent d'eux pour leurs moyens de subsistance pourvoient à leur consommation.

C'est en vue de consommer que l'on produit. En quoi consiste la consommation? Elle consiste dans l'emploi des forces / utiles ou des valeurs acquises par la production et distribuées sous forme de revenus. Chacun des coparticipants et attenants de la production applique les forces ou les valeurs qui constituent son revenu à l'entretien et, s'il se peut, à l'augmentation de ses forces et de celles des êtres dont il a la charge. De même que l'opération de la production, celle de la consommation peut se traduire par une augmentation ou une diminution de forces utiles, valeurs ou richesses. Si l'individu emploie son revenu d'une manière improductive, il diminue la somme des valeurs personnelles, immobilières ou mobilières qui composent sa richesse, laquelle est une partie intégrante de la richesse de la société. S'il l'emploie, au contraire,

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