‹ La morale économiqueChapitre 77 sur 242 · LIVRE IV. — L'APPLICATION DE LA MORALE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — L'APPLICATION DE LA MORALE

plus à redouter les agressions des races inférieures. D'une autre part, l'expérience atteste qu'exception faite d'un petit nombre de tribus sauvages destinées à disparaître soit parce qu'elles sont incapables de s'adapter à la civilisation, soit parce qu'on n'emploie point les moyens propres à les y adapter, les individus appartenant aux races les plus arriérées de l'espèce sont disposés à offrir volontairement leurs services aux races supérieures, en échange d'une rétribution équitable. Tous, à la vérité, ne sont pas capables du self goveinment ; mais ne se placeraient-ils pas d'eux-mêmes sous un régime de tutelle appropriée leur état mental (1)? On peut donc les faire contribuer à l'œuvre de la civilisation ou les empêcher d'y faire obstacle sans leur appliquer le principe de l'expropriation pour cause d'utilité publique. Si l'esclavage a été nécessaire, il a cessé de l'être, et de moral il est devenu immoral.

(1) On peut citer h titre d'exemple le succès des missions des jésuites au Paraguay et les résultats salutaires de l'apostolat des missionnaires dans le nord-ouest du Canada. C'est à ces hommes excellents et dévoués, et nou à des politiciens de bas étage que les gouvernements des États- Unis et du Canada devraient confier l'administration des territoires réservés aux Indiens, s'ils voulaient sérieusement empêcher la destruction de cette variété arriérée mais non pas inférieure de l'espèce. Voir nos Lettres sur les États-Unis et le Canada, et Au Canada et aux Montagnes Rocheuses.

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