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ne pôt faire sa route, parce qu'il état très-mauvais, demanda à l’Indien, quien avaitun jeune et vigoureux, de faire un échange; celui-ci refusa, comme de raison. L’Espagnol lui cherche une mauvaise querelle; ils en viennentaux mains ; mais l'Espagnol bien armé se saisit facilement du cheval qu’il désirait, et continue sa route. L’Indien le suit j isque dans la ville prochaine, et va porter ses plaintes au jugs. L’Espagnolest obligé de comparaître et d'amener le cheval ; il traite l’Indien de fourbe, assurant que le cheval lui appartient, et qu’il l’a élevé tont jeune.
Il n’y avait point Jde preuves du contraire, et le juge indécis allait renvoyer les plaideurs hors de cour et de procès, lorsque l’Indien ‘s’écria : « Le cheval est.à moi, et je le prouve.» Il ôte aussitôt son manteau, en couvre subitement la tête de l'animal, et s'adressant au juge : « Puis-
“que cet homme, dit-il, assure avoir élevé ce cheval,commandez-luidedire duqueldes deux yeux ilest borgne.vL’Espagnol ne veut point paraître hésiter,et répond à l'instant : de l’œil droit. Alors l’Indien découvrant la tête du cheval : «Il n’est borgne, dit-il, ni de l'œil droit, ni de l’œil gauche.«Lejuge, convaincu par une preuve si ingénieuse et si forte, lui adjugea le cheval, et l’affaire fut terminée.
Amour de Saint- Léonide pour PEcriture Sainte.
Léoxipe, père d'Origène , ne se contenta pas de former son fils dans les premières sciences des enfans; maisil pritencoreun grand soin delui n 4 prendre l’Ecriture; et il l’appliqua à cette étude
sainte Grecs tous côté»
s’occ dissai -rassel Léon et de du se ce qu sait p cette € etilré
rès-mauun jeune ci refusa, rche'une mains s cilement sa route, pchaine, agnol est teval ; il echeval une.
aire, et urs hors s'écria :
:» T1 te ent la « Puisce che.
nxyeux araître t. Alors Il n’est 1] ENE si . géet l’af-
ture
Ita pas ces des
Iniap- | Pr
EN ACTION. 369 sainte préférablement à toutes les sciences des Grecs, voulant qu’il en apprît et qu’il en récitât tous les jours quelques endroits. Agène, deson côté, quoique dans un âge encore fort tendre, s’occupait avec joie de ce travail, et approfondissait les Ecritures jusqu'à étonner ét embar-
rasser son père , parles questionsqu’il lui faisait.
Léonide se croyaitobligé de modérer cette ardeur et de lui dire qu’il devait pour lors se contenter du sens que la lettre présentait, sans demander ce qui était audessus-de son âge; mais il ne laissait pas de se réjouir beaucoup en lui-même de cette élévation d'esprit qu’il voyait dans sonfils, etilremerciait Dieu , comme d’une très-grande grâce, de Ini avoir donné un tel enfant : sou- ” vent même, lorsque son fils dormait, àl lu découvrait la poitrine, et la baisaitavec respect, comme la demeure sacrée du Saint-Esprit.
Ce fut sans doute dans la lecture de l'Ecriture Sainte qu'Origène puisa cet amour pour la pauvrété, que jamais personne n’a porté plus loin que lui, et ce zèle admirable qu’il fit paraître, lorsque son père fut mis en prison , où il eutle bonheur de mourir pour la défense de lu Foj, sans laisser d’autre héritage à sa femine et à:ses enfans que l’exemple de sa vertu. Origène n’avait pas encore dix-sept ans accomplis:, et néanmoins ilne tint pas lui qu’il ne suivît son père au martyre. Sa mère, dont les remôntrances n'avaient pu ralentir son ardeur , le retint malgré lui en cachant ses habits. Contraint, par cette pieuse violence, de demeurer dans la maison ,ilécrivitune lettre à son père, où 1l l’exhortait puissamment au martyre, « Prenez garde
à vous, mon père, lui dit-il, et que l’état où vous allez laisser ma mère etmoi ne vous ébranle pas, et ne vous fasse pas changer cette généreuse constance que vous avez fait r1raître jusqu'ici.»
Réflexions sur PÉcriture Sainte.
Ox trouve dans l’Ecriture Sainte unstyle simple sans bassesse, riche sans superfluité, élevé sans enflure. Jamais Homère, Virgile, Horace, n’ont approché de la sublimité qui règne dans les Cantiques de Moïse, dans les Psaumes de David, et dans les ouvrages des autres prophètes. Jamais ils n’ont égalé la haute idée qu’Isaïe nous donne de la majesté et de la grandeur de Dieu, devant qui toutes les nations ne sont que comme une goutte d’eau, la terre quecomme un grain de poussière, et l’univers que comme un poids léger qu'il tient dans le creux de sa main.
Qu’y a-t-il dans Hérodote, dans Thucidide, et dans Tite-Live, de si bien écrit que les histoires de la Création du Monde et le récit de la Vie des Patriarches ? qu'y t-il de si noblement exprimé, que le combs : David, la gloire de Salomon, et ce tissu ae prodiges que Dieu a opérés en faveur de son peunle ê
Maissi la lecture del’Ancien Testament est si capable d'élever l'esprit et d’animer un cœur chrétien, quel effet ne doit pas produire la lecture de l’Evangilé, qui contient d’une manière plus marquée toutce que notre religion a de plus noble, de plus excellent et de plus parfait ? Jésus- Christ ÿ parle comme la sagesse éternelle doit parler, On voit que la grandeur est son partage, mais qu’il tempère l'éclat et la sublimité de sa
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EN ACTION. 391 e l’état où doctrine pour la proportionner à toutes sortes s ébranle d’esprits. b. 11] "1 généreuse : Toi se présente un nouvel ordre de choses. Les squ’ici.» prophéties s’acçomplissent: Les mystères qui avaient étécomme enveloppésdansles anciennes écritures; sont dévoilés dans l'Evangile. Ledogstyle sim- me de Pimmortalité de l'âme, qui jusqu'alors 1té, élevé | m'avait été, pour ainsidire , qu'entrevu, et qui > Horace, n’était plus uuiversellement reçu dans la synagne dans pogus est.posé pour:fondement de la nouvelle aumes de o1. On connäît les récompenses qui sont préparophètes. rées à la vertu après cette vie, et les châtimens qu'Isaïe qui sont destinés à punir le vice. La 16 ndeur de On comprendque pour être parfait , on n’a
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sont que qu’à étudier la doctrine de notre divin Législamme un teur ; qui est lui-même notre modèle, notre guimme un deet notreappui : doctrine céleste ; qui pourvoit sa main. À à tous les besoins de l’Âme, qui assure le repos ucidide, de la société ; qui corrige les erreurs et les préju- 8 histoi- és du monde ; quiintroduit parmi les hommes le la Vie une fidélité et.une:droiture à l’eprenve des, pasblement sions ; qui ennoblit et perfectionne lesinmières loire de | de l'esprit, qui retire lecœur des vils attachemens Dieu a de la terre, pour le tourner à.la recherche des biens éme + doctrine, enfin ; qui a soumis à entest si sonempireles empereurs, les rois, les peuples, les in cœur phalosophes; lesorateurs , les plus grandsgénies. dr Rien de si ingénieux que la charité. Réconciliare {EE fr is PL AEETTET idi 56 ; tj: iS 6) de pl tion des Angevins rebelles ‘avec Ta Cour, Ca- PUS D] - ‘racière di prélat qui Les réconcilie Chr 0 racière du prélat qui les réconcilie. | le doit - 1Ex,1662; dans la guerre qu’on appelle des artage, : Princes', la, reine-mère , irritée de la révolte de
té de sa 1 la ville d'Angers, s’étaitavancée jusqu’à Saumur
pour presser le siége de la ville, et lui faire porter la peine de sa rébellion. M. Arnaud/, qui
-en était évêque, prévoyant les malheurs d al.
laient fondre sur sn diocèse, presseles rebelles, les exhorte les sollicite, leur propose ‘des conditions de paix; maïs tout cela ne servit qu'à le rendre suspect. Il ft obligé de sortir de la ville par la faction: d’une troupe ‘de -séditieux :qui trouvaient: leur avantage dans Les désordres de la guerre. Ge bon pasteur, joubliant l’injure faite à sa dignité, ne songea qu'à aller trouver la reine, pour tâcher de la-fléchir par ses prières et par seslarmes ; maïs la voyantinflexible, il eut recours à un moyen qui moritre bien qu’il n°y a rien desiingémeux que la charité. Qetteprin-
cesse fréquentait souvent les Sacremens. : Elle
vint donc un:jour dans rne église où il officiait pontificalement;, pour participeraux saints M ys-
tères. Le prélat, as du aèle que lui commu-
niquait l’auguste hastie qu'il:venait de:recevoir, et qu'il tenait encore: entre ses mains, s'approche de la reine avec un visage où était peinte
‘une modestie pleine de majestà, ‘et Lui prében-
tant la sainte hostie, il lui dit d’un ton assuré : «Recevez, madame , votre Dieu , qui :& pardonné'à ses ennemisien mourant sur La croix.» Unpardonainsidemandé est me grâce obtenue.
La princesse désarmée ne pensa plus à la punition des coupables, et fitéprouver, peu detemps après, aux rebelles les effets de sa bonté et de sa clémence. RES enire Henri Arnaud était le second fils du: célèbre M. Arnaud, cet avocat sillustre par lui-même, encore plus par ses -enfans ef.es petits-enfans.
Né à P:
une édu mères ét l'évêché tout ren tout ent quarante rom pue charité. s fois, à 1 vita à v daris 50 ébranlé ne résist nüarrtes 1l rentra ‘Il an pasteur vait été ( fisait d' quelle'p trouvait daiïent's les gard:
Torché teux , 1l ‘rendait:
cette : dé grande al: donr
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nièret à fins | ’acqué
faire poraud/, qui rs al.
s rebelles, e ‘des conrit qu'à le de la ville leux qui sordres de linjure br trouver ses prières ble, il ent qu’il n'y ette prinens. : Elle Lofficiait ints M ys- LConmmu- ‘recevoir, ang, s'apit peinte 1 ‘prében- Lâssuré :
L à par L Croix. »
obtenue.
la punidetemps : et de sa
jÉ célèbre “mêrné, -énfans.
BN: ACTION. 373 Né à Paris en 21597, il reçut dans $a famille une éducation telle qu’mne des plus vertueuses mères était capable de ‘la donner. Nornmé à l'évêché d'Angers en 1649, ilparut un homme tout rempli de l’esprit apostolique, Il: se livra tout entier à son église, et la gouverna pendant quarante-quatre ans d’ime résidence non interrompüe , ‘avec un zêle, urie prudence’ et' nne chatité sans bornes. I ne la quitta qu’une seule fois, à la 'pritredu prince de Tarente ; qui l’invita à venir conférer avec lui sur:la religion, dans son château de Thouars. Ce- séigneur, ébranlé par la lecture de la perpétuité de la Foi, ne résista pas à 14 douceur, aux manières insinüantes et surtout à l’éloquence du prélat, et
fl
il rentra dans le sein de l'Eglise, : :: :
‘Il ‘aurait rhanqrié'quelqué chose à! céi digne pasteur, vraimént père de son peuple ; &’il n’avait été spécialement lé père des pauvres! Il suf: fisait d'aborder sa maison; pour : apercevoir quelle place ils tenaient dans son cœur. On en trouvait souvent un grand nombré: qui bordaïent'ses escaliers; on auraibidit que ‘c'étaient les gardés du seigneur qui habitaientlà mrison. Touchéparticnlièrementdu sortdespanvreshon.
teux , 1l leur faisait des aumônes que le secret
rendait doublement agréables pour subvenir à
cette dépense, ils'était réduit‘ lri-même à une grande pauvreté. Onÿa‘sûquetdhñs uñ seul jour 1: donna une sbfime! dé! douge mille frâncs,
. provenant de-lots' et!verite d'uné térre ; la ma
mièret dont il fit’ cette largéssé” était digne du! ‘ grand hoñtime’ qui la faisart! ‘b'avait'accordé à ‘acquérenr üne diminution ;! mais il avait mis,
pour condition que l'argent lui serait remis eu mains propres, et qu'il ne serait ps délivré à son écondme;; qui 8e serait opposé à une libéralité si exorbitanté. | sl
. À cetteédifiante aumône on en doit joindre une seconde, où la prodigue charité duprélat se surpasse elle-même. Il était, survenu: à Angers une grande disette deiblé, Pendant que les riches pouvaientà peine pourvoir à leurs propres besoins, les pauvres restaient dans la plusigtande misère ; réduits à ne trouver d’autre nonrriture que celle «les bêtes de la campagne; ils ne présentaient aux yeux des spectateurs. que des squelettes hideux, tout décharnés. Le charitable pou ‘ne s'épargna pas dans cette, occasion:
l'employa, une séule fois,. jusqu’à, dix mille francs pour ramener l’abondance dans la ville; mais son humilté.ordinaire sut cacher si bien les prodiges de sa charité, que toute la gloire en fut attribuée au gouverneur de la province, et..le hasard, seul.a fait découvrir, un peu avant sa mort, qu'il en était l’auteur. C’est ainsi,;.que.ce, vigilant pasteur, tout occupé du soin. spirituel de seg! ouailles et de leur salut, ‘étendait son ;zèle:sur leurs misères temporelles. Il avait appris de Saint-Grégoire . que la semence de la, parole ne germe jamais plus sûrement dans les cœurs, que lorsqu'elle est arrosée par.la main,du prédicateun.e,
Ge n'était pasasses pourla charité de M. d’Anger&s d'être prodigue -envers les pauvres: ingémieuse pour: le , service de ses concitoyens ; elle était.encore, générense envers ses ennernis. Ce qui caractérise la générosité de cet amour chré-
aitez je ne «S dit m peut ving!
les l'ami
it joindre duprélat nu: à An-
rs propres usigtande
occasion.
lix. mille la ville; er si bien la gloire rovince , un peu ur. C’est coupé du ur salut, porelles.
ie la selus sûret arrosée
M. d'An- 8: Ingé- 118 , elle mis. Ce ur chré-
tien pour tous ceux qui lui faisaient quelque peine , c’est que non content de leur pardonner de bon cœur tout le mal qu’il recevait d’eux, il cherchait avec une sorte d’empressement les occasions de leur rendre service ; en sorte qu’il était passé en proverbe, que le meilleur titre pour obtenir des grâces de M. d'Angers, était de l’avoir offensé. On dit même qu’il tenait une liste de ceux qui lui avaient rendu de mauvais offices, afin de se souvenir dans l’occasion de leuren rendre de bons. Si ceci paraît héroïque, comme il l’est en cffet, 1l faut convenir que c’est une espèce toute neuve d’héroïsme.
Tous les ans, M. d'Angers faisait, presque toujours à pied, la yisite de son diocèse, portant partout la lumière .et la paix, Un.carrosse suivait, mais il ne seryait qu’à ceux de sa suite qui ne pouvaientmarcher : c’estce quilelui faisaitappeler fort agréablement son inf£rmerie. À un travail continuel, qu’il n’interrompit que pour se livrer à la prière, 11) oignitune sobriétéétonnante et des austérités que m1 la vieillesse, ni ses infirmités ne purent le porter;:à suspend: :. Comme on lui représentait qu’il devait prendre un jour de la semaine pour se délasser : « Eh bien ! répe » je ferai de bon cœur ce que vous sou-
aitez, pourvu que vous me donniez un jour où je ne sois pas évêque. :» . perf ti :
«Sa sainteté, : jointe à Sa vigilance pastorale, dit madame de Sévigné, est une those qui ne se peut comprendre 5 c'éêt un homme de quatre.
vingt-sept ans, et qui n’est plus soutenu dans les fatigues :continuelles qu'il prend que -par l'amour de Dieu et du prochain. J'ai causé
396 MORALE une heure en particulier avec lui : j’ai tronvé dans sa conversation toute la vivacité de l’esprit de ses frères. C’est ua prodige que je suis ravie d'avoir vu de més yeux : tant de vertus le rendent les délices de ses diocésains, et leur font craindre de le perdre.»
Il mourutle 8 juin 1690, Agé de quatre-vingtuinze ans, Jamais évêque n’a été plus regretté. Comieil était rempli de bonté pourles pauvres et les petits , et d'Hounêteté pour les grands , il fut pleuré généralement de tous. Le concours étaitsi grand pour lui baiserles mains, qu’on'ftit es» e le laisser plus long-temps exposé pour satisfaire à la dévotion des diocésains. Ils ne se lassaïient pôint de regarder pour la dernière fois celui dont les visites épiscopales les avaient s1 souvent remplis de consolation pendant sa vie. L’académicien qui prononça son éloge funèbre dans une assemblée de l'académie d'Angers, dont le défunt'était membre , dit que les témoiguagés qué le peuple donnait de sa douleur auprès du défunt allaient au-delà du respecs et de
a vénérätion: Que peut:il y avoir au-delà de ces
deux chosés; si ce n’est l’invotation ?
Humilité de. Saint-Norbert.
. Lonsqus Saint-Norbert, apôtre de la France et de l'Allemagne, vint:prendre possession de l’archevêché de: Magdebourg qu’on lui avait donné malgré lni;il était vêtu si pauvrément, que:le portier lui refusa l’entrée et la repoussa brusquement, en lni disant: Que ne te rangestu parmi les pauvres ? il te convient bien d'incommoder ces. seigneurs?i Tout 'le:monde cria au
‘ai trouvé s de l’es- 1e je suis vertus le | leur font
re-vingtregretté.
s pauvres rands , il concours qu'on'fit posé pour Ils ne se nière fois vaient si rt Sa vie.
> furièbre Angers,
es témoileur au-
ect et de
là de ces
France sion de ui avait rément, 'epoussa.
} rañngesl'incomcria au
Palais.
BN ACTION. 397 portier quo c'était l'archevêque; et 16 portier, confus, voulut se cacher;. mais Norbert Le retint, et lui dit en souriant: Vous me connais= sez mieux que ceux qui me forcent d occuper un
Amour de Ja. sincérité et de la simplicité chrétiennes.
Ox ne peut lire, sans entrer dans des sentimens d'estime et d'admiration , l’histoire d’un saint évêque de Thagate, en Afrique, nommé Firmns, Desennemis vinrent un jour, par ordre de l’empereur, Ini demander in homme qu’il cachait chez lui avec tout le éoin possible N'ayant pas voulu le découvrir, on lui fit souffrir tons les tourment imaginables, Rien ne: fut capable d’ébranler sa constance. Un mensonge eût pue tiret d'affaire, mais jamais on n’enteudit de lui d’autres paroles que celles-ci :«Je sais mourir, je ne sais point parler. » a are apprenant cette fermieté', en fut si touché qu'il accorda même la grâce à l’homme qu’on cherchait. Quel amour pour la vérité! s’écrie Saint- Augustin. Tont souffrir plutôt que de mentir! Quelle charité d'exposer sa vie plutôt que celle de son prochaïn ! En vain la bienveillance humaine suggérera des mensonges officieux ; la sincérité chrétienne les condamnera toujours. On lâcherait la bride à tous les vices, s’il était permis de faire les moindres maux pour en em-
cher de plus grands, La candeur, la simplicité,
a boune hi, la sincérité, aux dépens même de nos intérêts les plus chers, voilà notre règle.
Exemples bien fiappans de l'hmour de la paix et de Pesprit de charité, Conduite de! Saint-Irénée àu sujet de la Päque. Us |
Dès le premier siècle de l'Eglise, il y a eu un grand démêlé au sujet de la Pâque. Les uns croyaient qu’il fallait la célébrer 18 14 de la lune après l'équinoxe , en quelque jour de la semaine qu'il arrivât, etc'était.la pratique de l’Asiemineure : d’autres soutenaient que l’on ne devait solenniser la résurrection. de Jésus-Christ que le dimanche. La, différente pratique que l’on suivait sur cela, dura long-temps sans troubler la paix de l'Eglise, | 4] |
Ouatre Papes condamnèrent l'usage des Asiatiques par des décrets.solennels: savoir, les Papes Sixte , Pie, Hygin, Télesphore; mais aucun de ces saints pontifes ne voulutrompre aveceux. Saint-Polycarpe ayant êté même député par les églises d’Asig vers Saint-Anicet, qui occupait is pa le Saint-Siége, pour conférer avec lui sur cette question , et chacun étant.demeuré ferme dans son sentiment , St: Anicet envoya l’Eucharistie au vénérable Polycarpe, et il le fit même officier pontificalement à s4 place.
Mais le Pape Victor voulut réduire toute l'Eglise à l’uniformité sur. ce point. On assem- .bla des conciles dans différentes provinces ;: et Saint-Irénée en tint aussi un dans les Gaules. Partout il fut arrêté que l’on devait célébrer la Pèque le dimanche d’après le quatorze de la June , selon l’usage de l'Eglise de Rome, etnon le quatorzième même, selon l’usage des Asiatiques. Néanmoins les évêques d’Asie ne furent
tor1sa autre plusi avale danc.
plusi our PS fut la laissè enfin mun
‘Nicé
occupait clui sur ré ferme ’Eucla-
it même
re. toute assemnces » et Gaules.
ébrer la e de la , étnon S Asiae furent
EN ACTION. 379 pointd’avisde changer la tradition deleur Eglise, ui leur venait des Apôtres Saint-Jean et Sainthilippe. Le Pape Victor, qui avait déjà menacé les Asiatiques de l’excommunication , s’échauffa tellement sur leur résistance, qu’il ne fit point difficulté de les retrancher de sa Communion.
Cette conduite déplut à beaucoup de saints évêques d’entre ceux mêmes qui combattaient le sentiment des Asiatiques. Saint-Irénée surtout, qui cherchait tous les moyens de conserver la paix dans l'Eglise, et de faire régner la charité parmi tous les fidèles, s’opposa forte. ment à cette entreprise. 11 écrivit au Pape Victor, au nom de tous les Chrétiens des Gaules À pour lui représenter qu’il avait agi en cette oc. casion avec trop de chaleur et de précipitation ; il lui fit voir qu’encore qu’il eût raison de vouloir qu’on célébrât la Résurrection le dimanche, la pratique différente de quelques églises ne l’autorisait pas à les séparer de la Communion des autres : 1l appuyait ses yaisons de l’antorité de plusieurs Papes, prédécesseurs de Victor , qui avaient usé en ce point de la sage condescendance qu’il tâchait de lui inspirer. Il écrivit plusieurs lettres à Victor et à d’autres évêques, pour assoupir cette dispute, et remettre la paix dans l'Eglise. Il y réussit heureusement, et il fut la cause que le Pape Victor et ses successeurs laissèrent en repos les Asiatiques, qui furent enfin obligés de se conformer à l'usage commun ; par l'antorité du concile œcuménuique de
Nicée. $-
380 MORALE Conduite des évêques d'Afrique dans l'affaire des Donatistes.
Us secte s'était élevée contre l'Eglise, dès le
commencement du quatrième dicle, sous le nom de Donatistes, lesquels furent premièrement schismatiques, ensuite hérétiques. Leur schisme vint dece qu’un certain Donat, évêque de Cases-Noires, en Afrique, eut la témérité d’ordonner Majorin évèque de Carthage, au préjudice de Céailien, évêque légitime, qui avait canoniquement succédé à Mensurius.
Après la mort de Majorin, les schismatiques élurent un autre évêque nommé Donat , et c’est celui-ci qui donna le nom au schisme des Donatistes,
Les Donatistes étaient inexcusables à ceux titres : d’abord par le fond de leur doctrine sur la rebaptisation ; qui, depuis St-Cyprien , avait été condamnée dans un concile général, et par le schisme ouvert qu'ils avaient la témérité de faire”avec l'Eglise universelle, [ls l’étaient encore par les violences et les cruautés inouies qu'ils exerçaient contre les catholiques. Cependant la charité de St-Augustin ct des autres évêques d'Afrique s’abaissa, pour ainsi dire, jusqu’aux pieds de ces hommes criminels.
L'Eglise s’épuisa en avances de paix à leur égard, et fit une grande plaie à sa discipline, -pour leur faciliter Le retour à l’unité,
Comme les Donatistes avaient consacré, un graud nombre .d'évêques ipour les sièges même occupés 1 les catholiques, ils pouvaient craindre
e perdre leur rang eu revenant à l'E. *
glise. + ce cond d'écrir( au Par cher er San auteur faisait nité de pline arbre la cha
chans Silet leur é férenc tienr ques nous nous c’est.
uson pour À dit ] avec près
sous le
es, Leur » évêque témérité age, au ie, qui
8 à deux rine sur Hi, avait s et Par érité de ent er inouies Cepenautres si dire, minels, à leur ipline,
cré, tn même
ivaient
tà l'E. *
glise, Aurèle , et Les saints évôques qui formaient ce concile, furent d'avis de le leur conserver et d'écrire aux autres prélats, et principalement au Pape Anastase, pour les engager à s relûcher en ce point de À sévérité des canons,
Saint-Augustin, qui fut un des principaux autours de cette résolution, dit qu’en cela il faisait, pour faire entrer les Donatistes dans l’u-
“nité de l'Eglise, une petite ouverture à la discipline ecclésiastique, ainsi que quand on ente un arbre , on fait une fente à son écorce ; mais que la charité a des lois plus fortes que les canons, qu'elle couvre la faute qui en cela pent être commise contre la sévérité des règles, elle qui couvre la multitude des péchés, En conséquence, les Douatistes furent toujours bien traités dans les conférences.
Les évêques catholiques firent plus encore, et l’on a peine à comprendre que pour d'aussi méchans Émis on ait pu faire une si bellechose, Si Le peuple, disent ces vénérables évêques dans leur épître à Marc “lin, qui présidait à ces conférences au nom de i'empereur ; ile peuple chré: tien ne peut souffrir d’avoir ensemble deux évéques contre l'ordinaire , nous nous engageons à uousdémettre de l’épiscopat, Il nous suffit, pour nous-mêmes, d’êtrechrétiensfidèlesetobéissans; c’est pour le peuple qu’on nous ordonne évêque: usons donc de l’épiscopat, selon qu'il est utile pour la paix du peuple.
Avantquede faire cette offre dans l’assemblée, dit M. Godeau, quelques évêques examinèrent, avec Saint-Augustin, ceux qu’on jugeait à peu près y consentir ou s’y opposer, et peu leur sem-
384 MOnALÉ
blaient capables de faire un si grand sacrifice. Mais quand on en vint à l'exécution, de près “de trois cents évêques catholiques qui assistaient à la conférence, il n°y en ent qu’un, déjà fort âgé, qui s’y opposa formellement, et un autre qui, px sa contenance, témoigne aussi qu’il n’en était pas d’avis. Toutefois, quandils virent que tous les autres se portaiont avec tant de zèle, non pas à perdre l'épiscopat pour le bien de la jee mais à le mieux assurer entre les mains e Dieu, ils eurent honte de contrarier des sentimens héroïques, et ils consentirent à l'offre comme les autres.
Qu'il y a de grandeurdans cecharitable abaissement à l'égard des plus méchans hommes qu'il yeût peut-être alors ! On se sent pénétré d’un tendreamour , et saisi d’une respectuèuse ad miration pour ces inimitables évêques. Quelle générosité ! que d’entrailles ! Ce sont là les zélés que l'Eglise avoue : des hommes pleins de feu our se réunir à leurs frères, quelque méchans qu'ilssoient ; des hommes capablesdetout abaissement pour les adoucir , de tout sacrifice pour gagner leur cœur et pour les guérir!
lusieurs chefs des Donatistes revinrent à l’unité, et un grand nombre de fidèles y revint avec eux. Des démarches si chrétiennes ont
toujours des succès heureux. C’est qu'il n’y a que l'esprit de Dieu qui puisse inspirer de si saintes vues et une si puissante charité. Il bénit toujours les desseins de paix qui sont conçus
par des motifs aussi pars, et dans lesquels on ne suit d'autre loi que celle d’ün amour tendre pour ses frères, : Sn
à L'offre
leabaisnes qu’il tré d’un se admi- 1elle géles zélés 8 de feu 1échans itabaisce pour
nt à l’u- " revint 1e8 ont l n’y a r de si 1 bénit conçus els on
tendre
| 2N ACTION. 363 La paix est si chère, et los lois du la charité si essontiellos et si étendues, qu'on no doit ja mais croire d'avoir fait trop d’avances pour gagnor les csprits, ét pour vivre dans neo concorde parfaite, Ce n’est pus asses do chercher la paix, il faut, dit l’Apôtre aprèsle Prophète, coutir avec ardeut après ollez il fantla pour: suivre par toutes sortes do routes jusqu’À co qu'on y parvienne,
La Lugion fulminante,
Daxs le tomps que l’empereur Marc-Aurèle faisait la guerre contre les Sarmatos, los > ar les Marcomans et autres ponples de la Germanie, son armée s'engagen dans un pays enformé do bois et de montagnes ( c’est aujourd'hui la Bohôme. ) Les Romains y étaiont extrême ment incommodés de la faim et do la soif, sans pouvoir se retiror, parce que les Barbares, qui étaient en bien plus grand nombre, otcupaient tous les postes des environs, et les tenaient comme assiégés : l’armée était sur lo peu de périr dans l'extrémité où elle était ré-
uite, ‘+ Il y avait dans l’armée un grand nombre de soldats chrétiens ; ils se mirent tous À genoux, et faisaient à Dieu de forventes prières, Les onnemis s’en étonnaient, mais ils furent bien que surpris: de ce qui arriva. Il s’amassa tout coup de grands nuages, puis il tomba une
pluie extraordinaire. D'abord les Romains le-
vaient la tête, et la recevaient dans la bouche, tant la soif les pressait; puis ils en remplirent
leurs casques, burent abondamment et abreuvèrent leurs chevaux. Comme les Barbares les attaquaient en même temps, ils buvaient en combattant ; et 11 y en eut des blessés qui burent leur sang avec l’eau. Re “Cependant il tombait sur les ennemis une gré épouvantable. mêlée de foudre :, l’eau. et e feu semblaient tomber du.ciel dans le:même endroit; mais le feu ne touchait point aux Romains, ou s'éteignait aussitôt : au contraire, la pluie ne servait de rien aux Barbares, elle les
. brâlaitcomme l'huile; en sorte que tout mouillés
ils cherchaient de l’edu,:et se ‘blessaient l’un l’autre pour éteindre le feu avec le sang. Plusieurs passaient du côté des Romains, voyant que l’ean n’était. salutaire que pour eux ;iet Marc-Aurèle en eut pitié, : | A cette occasion, ares de Jui donna le rom d’empereur pour la septième fois; 1l le reçut comme venant du ciel; cartout le monde reconnaissait cet événement-comme miraculeux. Les troupes des Chrétiens, qui avaient attiré ce m1racle, furentnommées /a Légion fulminante. On voit encore à Rome un monumént de ce prodige, dans les bas-reliefs de la colonne Antonine, faite en ce même temps. Les Romains y sont représentés les armes à la main contre les Barbares, que l’on voitétendus par terre avec leurs chevaux, et sur eux tombe une pluie mêlée d’éclairset de foudres. On,dit qu’à cette occasion Marc-Aurèle écrivit des lettres où1l témoignait que son armée, prête à périr, avait été sauvée par les prières des Chrétiens.
Apprenons à recourir à Dieu dans nos pres-
George
illustre bien he
La G plus h coura de Cor nain ; telots, tenait rons de vemen
et mo
tr person pendai pour s en sûr.
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emis, ure .l'éau. et lemême taux Roontraire, 8, elle les : mouillés uient l’un ng. Plu- ) voyant eux j11et
a le rom le reçut de reconleux. Les é ce m1ante.: On > prodige, ntonine, s y sont les Bar vec leurs êlée d’éoccasion aoignait 8 sauvée
108 pres=
EN ACTION. 385 sans besoins : les ferventes prières attirent les grandes grâces.
Triomphe de la charité et de la modestie.
De GraïxcourT, dans l'Histoire des Hommes illustres de la Marine française, RUDOre un fait
‘bien honorable pour M. de Cornic
La Garonne était débordée ; les matelots les plus hardis n’osaient s’exposer à la violence du courant, qui semblait devoir tont entraîner, M. de Cornick fut réduit à forcer, le pistolet à la main , quatre des plus vigoureux d’entre ces matelots, À monter avec lui dans un canot qu'il tenait près de la maison qu'il habitait aux envi. rons de Bordeaux. Avec ce canot il alla snccessivement duns toutes les maisons de l’île de Saint-
. Georges, d'où ilretira les habitans à demi-noyés
et mourant de frayeur.
Il transporta en terre-ferme plus de six cents personnes de tout sexe et de tout âge, et ne cessa pendant trois jours de passer st repasser la rivière pour sauver les effets de ceux qu’il avait mis en sûreté, et leur porter des subsistances. Quoique M. de Cornick ne flit pas riche, qu’il fit par cet accident une perte considérable, il nourrit à ses frais, pendant plusieurs jours, les malheureux qu'il avait sauvés. Le danger passé, M. de Cornick se retira chez Ini, et s'y tint constamment renfermé, se refusant aux applandissemens et aux remercimens de la ville de Bordeaux.
La Légion thébéenne.
Exnree les légions qui compasaient les armées romaines, du temps des empereurs Maximieu
; ps MMS mn RER ER
386 MORALE et Dioclétien , il y en avait nne nommée /4 Thd. béenne,toute composée de chrétiens, quoiqu’elle fût, comme les autres, de six mille six :cents hommes. Mais ce qui est le plus étonnant, c'est que non-seulement tous les officierset les soldats de cette légion avaient l'avantage d’être chiré= tiens, mais qu'ils étaient des chrétiens remplis de foi et de religion, et que la piété régnait an milieu d'eux avec plus d'éclat qu'on ne la voit réguer dans plusieurs communautés des plus réglées. Ils rendaient tous au prince l’obéissance et le respect quilnittaient dus. Ils combattaient et s’acquittaient des autres devoirs de leur état avec exactitude: au milieu de la dissipation inséparable des fonctions militaires, 1ls nenaient une vie recueillie, modeste, humble, pénitente, L'empire n'avait pas de meilleures troupes, parce que ceux qu’une piété solide conduit, sont toujours les plus exacts à leurs devoirs, et les plans ardens à les pratiquer. Les empereurs les eussent toujours vus soumis à leurs orûres, s'ils ne leur en cussent jamais donné de contraires à la loide Jésus-Christ. Cette légion avait pour capitainenn saint officiernommé Maurice, qui avait vieilli sous le poids des armes, et dont Pamour et la foi pour Jésus-Christ égalaient le courage et l'expérience dans la guerre. Il avait sous lui plusieurs officiers aussi recommanda- ‘bles par leur vertu que par leur valeur, dont les. principaux étaient Exnpère et Candide : les soldats imitaient la piété de leurs chefs. Tous, en nn mot, savaient allier henrensemeut les exercicesdes arnves avec les pratiques des maximes
de:l'Evangile,
Gau ilfit: ail vo qui La le
ge | jain
tance crain exéct ciers,
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la Thé.
iqu’elle 1x cents ut, c'est s soldats re clé remplis gnait al ie la voit des plus héssA Ce hattaient leur état ation 1nmenaient énitente.
troupes»
conduit, evoirs), Ct mpereurs
Tous,en t les exermaxlimes
Lorsque l'empereur Maximien passa dans les Gaules pour combattre la faction des Bagaudes, il fit venir d'Orient la légion thébéenne. Ccinme il voulut s’en servir pour détruire les chrétiens qui étaient dans les Gaules, elle refusa d’obéir. La légion était à Agaune, au pied de la monta: ge que l’on nomme aujourd’hui le Grand-
jaint-Bernard. L'empereur, irrité de sa résistance, ordonna qu’elle fût décimée, afin quela crainte l’obligeât à se sonmettre, L'ordre fit exécuté, sans qu'ancun des soldats, ni des off.ciers, qui avaient tous Îles armes à la main, fit la moindre résistance pour défendre ses coimpagnons. Ceux que le sort épargnait, loin de 60 plaindre dutraitement qu’on faisait aux autres, enviaient leur gloire et leur bonheur. Quand l'exécution fut achevée, tous ceux qui restaient protestèrent qu’ilsne prendraient jamaisancune part aux impiétès qu’on voulait leur faire commettre ; qu'ils étaient chrétiens, et qu’ils soufs friraient tout plutôt que d'agir contre leur foi. On rapporta leur protestation à Maximnien,
mi, entrant en fureur, commanda qu’on:les dconat une seconde fois. On fit donc encoré mourir le dixième selon le sort, et les autres s’exhortaient à persévérer.
Ils étaient principalement encouragés par Maurice, Exupère et Canérdé. Ces hommies généreux, qui étaient persnadés qne c'était vaincre que de mourir pour ne pas offenser Diew, couraient de rang en rang, animaient leurs soldats à demeurer fermes dans la evnfession dw nom de Jésus-Christ, à l'exemple de ceux qni venaient de les précéder, Cependant ils convie
388 MORÂLB
rent tous d'envoyer une requête à l’empereur, pour lui faire voir l'équité 4 saient de lui obéir. È
Voici ce quecetteremontrance portait: «Nous sommes vossoldats, seigneur, mais noussommes en même tempsserviteursde Dieu ; nous nousen faisonsgloire , et nous le confessons volontiers, Nous vous devons le service de guerre ; mais nous devons à Dicu l'innocence. N ous recevons de vous la paye; il nous a donné la vie. Nous ne pouvons vous obéir en renonçant à Dien, noire créateur , notre maître ei le vôtre. Si on ne nous demande rien qui l’offonse, nous vous obéirons cammenousavons fait jusqu’à présent; autrement, nous lui obéirons plutôt qu’à vous. Nous offrons nos mains contre quelque ennemi que ce soit; mais nous ne croyons pas qu’il soit permis de les tremper dans le sang innocent.
» Nousavons fait serment à Dieu avant que de vous le faire, et vous devriez vous défier de nous et de notre fidélité, si nous violions la promesse que nous ayons frite d’être soumis à Dien. Vous nous commandez de chercher des chrétiens pour les punir! pourqnoi jeter les yeux sur des étrangers? nous voici: nous confessons Dieu le père, auteur detout, etson filsJésus-Christ. Nousavons vu égorger nos compagnons sans les plaindre ; nous nous sommes réjouis de l’honneur qu'ils ont eu de souffrir pour leur Dieu et le nôtre. L’injustice avec laquelle on les a traités, ne nous a point excités à nous révolter ; nous avons encore les armes à la main ; mais nous nerésisterons pas, parce que nous aimons inieux mouriz innocens, que de vivre coupables. »
u refus qu'ils fai-.
Cet Maxi vérité, qu'il et qui sespér mouri envirc Lomn la ma:
fendre étalen à l’ap; me le:
de leu bourre et se sans o
Le celui q tous s mille
comm
Marty
t: «Nous ssommcs s nonseri lonticrs.
re ; mais recevons ie. Nous à Dicu, re. Si on ous vous présent; u’à vous.
e ennemi qu’il soit nocent,
nt que de r de nous promesse eu. Vous iens pour les étranu le père, ousavons plaindre ; cur qu'ils le nôtre.
raités, ne er; nous nais nous ns inieux bles. »
Cette généreuse remontrance ne fit qu'irriter Maximien. Il eut honte de céder à la force de la vérité, parce qu'elle sortait de la bouche de ceux qu’il croyait okl'aëés à une obéissance entière, et qui ne devait souffrir aucune exception. Désespérantde les abattre, il ordonna qu'on les fit mourir tous. IT fit marcher des troupes pour les environner et les tailler en pièces. Mais ces lommes pleins de foi, dont la piété avait arrêté la main Vorsqu/ils pouvaient olnsns se défendre contre ceux qui les avaient décimés, étaient bien éloignés de faire aucune résistance à l'approche d’une mort qu’ilsregardaient comme Le terme de leurs maux, etle commencement de leur félicité éternelle. Dès qu'ils virent leurs bourreaux arrivés, ils mirent leurs armes bas, et se laissèrent égorger comme des agneaux, sans ouvrir la bouche pour se plaindre.
Le soldat qui sert le mieux son pays, c’est celui qui sert le mieux son Dieu. Nous sommes tous soldats de Jésus-Christ 3 s’il fallait donner mille vies pour le service de notre divin Maître, nous devrions nous estimer heureux de les lui offrir. |
La couronne qu'il nous prépare après nos combats, n’est pas une couronne périssable comme celles de la terre, mas immortelle et durable : tâchons de la mériter. |
Martyre de Monseigneur Léon Dufresse, évéque de Tabraca, et Missionnaire.
Le vice-roi ou gouverneur de la province de
Su-Tcheun, ennemi irréconciliable etdu christianisme et des Européens, voulut porter un coup
fatal aux progrès de la religion chrétienne en Chine, et il ordonna l'arrestalion de ce saint évéque, dans l'intention de le faire mourir; mais il se voulut pas que le tribunal des mandarins suivilles formes juridiques à son égard, parce qu'il oraignait que les réponses sincères et véridiques du rélat ne le compromissent à la cour. Les manarins procédèrent donc à son examen par forme de conversation privée et particulière. Deux ministres du tribunal, qui étaient cachés, mettaient par écrit les interrogations et les réponses. Le saint prélat prit quelquefois occasion de ces questions Pons faire connaître aux assistans l vanité de- :urs cérémonies, l'innocence des chrétiens, la vérité et la sainteté de la doctrine qu'ils professent. Il est probable que ce prochéverlal fut rédigé de manière à servir la haine du vice-roi contre la religion et ses minis{res, par la es de toutes les réponsesqui pouvaient faire éclater l’inno= cence de l'accusé. Quoi qu'il en soit, il fit amener le prélut devant lui, et, en présence de toute sa eour, il ordonna qu'on fit lecture de l’acte d’accusation. La lecture finie, le prélat dit que les choses étaieut ainsi. Alors deux soldats déchirèrent avec violence ses habits vers le cou, lui attachèrent les mains devant la poitrine. On le mit ensuite dans une chaise à porteur découverte, avec un écrit parderrière conçu en ces termes : 4 Suckine-Mou (*), séducteur et prédicateur de la religion perverse des Européens, est condainné à être décapité. » i On se mit en devoir de conduire le saint prélat au lieu du supplice, éloigné du palais d'une déemi-
lieue; mais auparavant le vice-roi avait donné.
RQ, OR
(#) Nom que les Chinois donnaient à monscigneur Léos Pufresse.
l'ordre qui. 1 avait dans sur la orta . Le portio ge cro haine lieu d mens tion ( Foi, :
dats
. frir 1
teur, tion.
court exel au bo uncs tion t d'un pour acqu vaill au 54 sus-( nag - D.
de le crait Les ; au. À prise
Étienne èn
arins sui parce qu'il idiques du
Deux mimettaient s. Le saint questions vanité de ens, la véprofessent.
rédigé de contre la ression de:
iter l’innofit amener le toute sa.
le d’accue les choéchirèrent 1 attachèe mit enerte, avec:
+ 46 Suckile la relinné à être
int prélat ne démiait donné. .
SR
neur Léox
ÉN ACTION: 3ot l'ordre qu'on tirât de prison trente-trois chrétiens qui. mulgré la violence des tourmeds qu'on leur avait fait subir, étaient demeurés inébranlables dans la Foi; et il ordonna qu'ils fussent conduits sur la place publique, accompagnés des hourreaux portant des curdes et autres, instrumens:de supplice. Le saint pasteur était donc suivi de cette petite portion de ses ouailles, l'élite de son troupeau, qni se croyait destinée à être immolée avec lui à ba haine et à la fureur du, cruel tyran. Arrivés au lieu du supplice, où était accouru un peuple immense, les mandarins qui présidaient à cette exécution ordonnèrent aux chrétiens de renoncer à la Foi, sous peine d’être étranglés. Ces généreux soldats de Jésus-Christse montrerent disposés à souf-
. frir la mort, et, se prosternant aux pieds du pas-
teur, lui demandèrent l’absolution et sa bénédie+ tion. Il la leur donna après leur avoir fait une courte exhortation bel animer à suivre son exemple. Le saint prélat présenta ensuite sa tête au bourreau avec un calme, une sérénité, et même une sorte de joie sainte, qui remplirent d'admiration tous les ussistans. Sa tête fut détachée du trone d'un seul coup, et sa belle âme s'envola au ciel pour y recevoir la couronne immortelle qu'il « acquise par le zèle infatigable avec lequel il a travaillé pendant trente-neuf ans à la gloire de Dieu, au salut des âmes, et à étendre le royaume de Jésus-Christ, auquel il « rendu un glorieux témoignage par l'effusion de son sang.
Parmi les chrétiens qui assistaient au supplice de leur’ vénérable pasteur, un seul, frappé de ke crainte du, supyplice, eut la faiblesse d’apostasier. Les autres demeurèrent fermes dans la Foi; mais, ay, heu d’être suppliciés, ils furent reconduits en prison, pour de lù être envoyés en exil.
MORALE Martyre de M, Clet, missionnaire en Chine.
M. Francois CLer, ecclésiastique, né à Grenoble, après avoir enseigné la théologie pendant plusieurs années dans un séminaire de province,
ut choisi pour être directeur du séminaire de Saint-Lazare. Ce fut là qu’il sollicita et obtint de se consacrer aux missions de la Chine. I] partit en 1791, avec MM. Lamiot et Pené, qui n'étaient encore que diacres, et qui furent ordonnés prêtres à Macao.
Depuis nombre d'années, M. Clet exerçait avec autant de zèle que de succès les pénibles fonctions de missionnaire, lorsque, sur la dénonciation d'un
paien qui voulait se venger d’un chrétien, commençÇa la funeste Pete qui mit en deuil La chrétienté de la Chine.
Le zèle de cet ecclésiastique avait été signalé aux ennemis du nom chrétien : on le rechercha avec soin; on mit des soldats en campagne; oi promit huit mille francs à celui qui le livrerait, 11 etra quelque temps d'asile en asile, et passa, entre autres, onze jours dans une caverne profonde; enfin on le découvrit dans la province de Ho-Nan. A cette occasion, on pilla les maisons des chrétiens, et eux-mêmes furent dépouillés de tout. M. Clet fut conduit dans la capitale les fers aux pieds et les menottes aux mains, et on le confront: avec un autre missionnaire ( M. oui: tamioi), inierprète du gouvernement, avec lequel on l’accusait d'avoir eu des relations : on le pressa de ques tions, on le frappa plusieurs fois; enfin il fut, ainsi qu'un prêtre chinois, déclaré répréhensible, et digne d’être puni. On le fit mettre à genoux sur des chaînes, et on le frappa si cruellement, que son liabit fut teint de sang. On le remit ensuite en prison, où on lui fit souffrir plusieurs sortes de
Chine.
né à Greie pendant Province, lnaire de
obtint de I partit 1 n'étaient ICS prêtres
rçait avec fonctions ation d'un en, com-
n deuil’ la
té signalé echercha agne ; Oir Jrerait, I} ssa , entre onde ; en- Ho-Nan.
les chrétout. M.
Lux pieds 'Ata avec oi), ina l’accue quez à ht ; ensible, OUX sur nt, que ensuite ortes de
ÈN ACTION. 393
tourmens, qu’il supporta avec une sainte résignation. On avait envoyé la sentence à l’empereur afin qu'il la ratifiât ; et M. Clet attendait son sor avec toute la sérénité et le calme que peut inspirer à la fois une conscience puré, lorsque la sentence arrriva avec l'ordre & mettre le missioanaire à mort. En conséquence, le 18 février 1820, M. Clet fut étranglé dans sa prison. Ainsi périt l'un des missionnaires les plus zélés et l’un des plus fermes appuis de la mission en Chine
Exemple sublime de constance dans la Foi.
M. Lorseav, vicaire de la paroisse de Sairt- Puterne, diocèse du Mans, se rendait au Hâvre our N embarquer, et obéir ainsi à la barbare oi de la déportation. Il était accompagné de trois autres ecclésiastiques qui allaient au Hävre pour le même motif : l’un dait M. Lelièvre, prêtre du dincèse de Séez, et les deux autres MM. Martin, frères. En passant par le bourg de Gacé, dans le département de l'Orne, ils sont arrétés par une troupe de furieux réunis dans cet endroit. On leur demande leurs passe-ports : on y lit qu'ils sont prêtres, et même du nombre de ceux qu'on appelle réfractaires , parce qu'ils ont repoussé le ser. ment schismatique de 1791. Celui qui paraissait le chef de la troupe impie ordonne à ces ecclésiasges de prêter le serment, en échange duquel il leur promet la liberté. Tous le refusent sans hésiter. Alors la populace qui les eñtoure, excitée par le chef et par ses satellites , s'empare des vicümés en poussant des cris de rage. Le prêtre Lelièvre et MM. Martin sont assommés avec une barbarie sans exemple. Le vicairé Loiseau est trainé au bord de la petite rivière de Touque. Là , on le some encore avec d'horribles menaces de prêter le serment, Il refuse en disant que sa cons-
cience le lui défend. Alors les forcenes le saisissent et le jettent dans la riviere. Le contre-coup le fait revenir sur l’eau. On lui crie: Jure, et nous te retirerons. Non , je ne jurerai pas, je ne le puis, répond Île saint prêtre. frrités de cette constance adinirable, les brigands saisissent des piques et des fourches, les appliquent sur le corps du confesseur , l’enfoncent dans la riviere, et l’ÿ tiennent plongé jusqu’à ce qu’il ait perdu la vie.
Le.bon Curé,
M. Duvrrvay, curé de la petite ville de Néronde en Forez, avait renoncé à de grands biens pour embrasser l’état ecclésiastique ; il s’était réserve une forte pension , mais c'était moins pour lui que pour les nécessiteux auxquels il la distribuait presqu’en entier. Dans les mauvaises années, il remplissait ses greniers de chanvre et de blé pour les revendre aussitôt à bas prix; il donnait du travail aux pauvres, et faisait apprendre des métiers aux enfans; à se refusait tout pour tout donner. Le premier dimanche de chaque mois, il invitait à sa table douze habitans de sa paroisse, pour leur parler de Jeurs affaires, pacifier les contestations et prévenir les proces. Sou presbytère tombait en ruines, il le fit reconstruire à ses frais; 1l:yisitait les malades, prenait soin des vieillards , des infirmes et des orphelins. Ce digne curé, modèle des bons pasteurs,
mourut en 1777 , pleuré de tou$ses paroissiens, dont il était le père et l’ami. |
Conduite admirable de monseigneur l'év'que d’{dran, missionnaire à la Cochinchine.
EN 1774, il y avait à la coar du roi de Cochinehine un missionnaire français, évêque d’Adran. Ses vertus lui ayaieut mérité l’estime et l’amitié
de la formé qui se qu'uné trône mains fils, per Pé temps
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de la famille royale ; et sous sa protection , il avait formé dans ce pays une petite colonie de chrétiens, qui se trouvait dans l’état le plus florissant , lorsqu’une insurrection vint subitement renverser le trône du monarque. Ce prince tomba entre les mains des usurpateurs, qui le firent mourir. Son fils, nommé Caung-Shung, parvint à leur échapper par le secours du missionnaire. Il erra longtemps d’asile en asile, et finit par se retirer avec quelques sujets fideles dans une île déserte,
La situation désespérée du jeune prince ne fit qu’animer le zele du généreux missionnaire, Il sa vait combien Caung-Shung était digne du trône, et il n’ignorait pas que ses peuples le regrettaient, en détestant l’usurpateur. Il conçut donc l'idée d’implorer la générosité de Louis XVI en faveur de ce prince infortuné. Accompagné du fils de Caung-Shung, enfant de six ans, auquel il avait promis de servir de père, et muni des pleins pouvoirs du prince, il s’embarqgve pour la France. Arrivé à Paris en 1787, il conclut avec la cour de Versailles un traité par lequel Louis XVI s’en. gageait à concourir au rétablissement de Cauny- Shung sur le trône de ses pères ; traité aussi avantageux à ce prince qu’à la France , et à la propagation de la Foi.
Le prélat se remit bientôt en route pour l’Inde,
comblé des marqües. d’estime et de faveur d’un
monarque qui sayait apprécier le vrai mérite, et comptant sur le secours que la France promettait à son nouvel allié, secours qui consistait en plusieurs navires pourvus d'armes, de munitionset de soldats. Ils devaient se réunir dans le port de Pondichéry. Mais son espoir fut déçu par la malveillance du général qui devait commander ces forces; et l’évêque d’Adran, de retour dans la Cochinchine, ne put offrir à Caung-Shung que le petit naviré
u'il montait et les services de quelques volontaires. rançais, Mais, durant le voyage de l’évêque, Caung--
mia
+ mure
Shung avait profité de la désunion qui régnait entre les usurpateurs de son trône. Il était rentré dans la Cochinchine ; et, secondé par quelques sujets fidèles, il avait déjà obtenu plusieurs avantages, lorsque le retour du missionnaire vint redoubler son courage; et bientôt apres il put rentrer triomphant dans sa capitale. |
Nous avons représenté l’évêque d’Adran dé ployant le zèle le plus actif et le plus désintéressé en faveur d’un prince opprimé : voyons-le dirigeant par ses conseils ce même prince dans la science d’un grand monarque et dans la route de toutes les vertus.
Caung-Shung avait pour ce missionnaire autant d’amnitié que de vénération, et ses conseils étaient pour lui des oracles. Sous les auspices de ce grand prélat , il donna tous ses soins à l'amélioration de son pays et au bonheur de ses sujets; il établit des manufactures, ouvrit de toutes parts de grandes routes plantées d'arbres, jeta des ponts sur les ri= vières, encouragea la culture des plantes utiles, favorisa l’exploitation des mines , ét donna au commerce des réglemens avantageux. Ses forces mili= taires reçurent une forme régulière qui les rendit moins à charge au peuple; et plus de trois cents grandes barques ou uavires furent construites en moins de deux ans. Les abus qui régnaient dans l’adininistration de la justice furent réformés, la torture abolie , et les supplices adoucis et proportionnés aux délits. De toutes parts s’élevèrent des écoles publiques. Des missionnaires furent envoyés chez les Laos etles Miaotzées, peuples barbares qui habitaient des contrées situées à l’est de la Cochinchine , afin d’adoucir leurs mœurs et de les convertir au chrisiianisme. Enfin l’évêque d’Adran , rem-
li de zèle et d’ardeur pour la propagation de laFoi, instruisait lui-même les Cochinchinois de nos vérités saintes, formait des catéchistes, et ordonnait des prêtres du pays. Par suite de ces efforts, la
ait entre é dans la ts fidèles, orsque le Courage .
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e autant s étaient 2 grand ation de ablit des grandes r les ri utiles, au com es mili= s rendit is cents uites en nt dans nés, la JTOpor—+ nt des nvoyés res qui ochin- Onvyer- » rem= laFoi” S Vérionnait ts, la
religion chrétienne se fût sans doute établie dans tout le royaume, si la mort n’eût frappé en 1800 ce digne prélat, Caung-Shung, qui perdait en lui son guide, le pleura comme on pleure un père et uu ami.
Dévodment admirable de M. de Belzunce, | dvéque de Marseille,
Ex 1720, un vaisseau yenu de Seyde apporta à Marseille le terrible fléau de la peste, qui, durant cinq mois, fit les plus effroyables ravages dans cette ville et lui enleva pres de soixante mille habitans. Tous ceux qui pouvaient espérer un asile hors de la ville disparurent; les pestiférés, séquestrés dans en grenier ou dans l’appartement le plus reculé de la maison, sans meubles, couverts de vieux haillons, avaient à côté d'eux qu’une cruche d’eau qu’on avait mise en fuyant , et dont il fallait qu’ilss’abreuvassent eux-mêmes malgré leur faiblesse ; souvent on leur versait dans une écuelle placée à la porte de leur chambre le bouillon qu'ils allaient prendre en se traînant. On trouvait des mères, restées seules avec leurs enfans à la mamelle, réduites à les laisser mourir de faim ou à leur donner la mort avee le lait... Le nombre de morts devenait si grand, qu'il fut impossible de les enlever tous dans un jour. Alors le même homme que l’on avait craiut d’appos durant sa maladie, il fallait le transporter ors de sa chambre, de peur qu’en se putréfiant il n’infectât toute la maison. Le père était obligé de rendre à son fils ce triste et dernier devoir, le frere k son frère, et les enfans à ceux dont ils avaient réçu le jour. ques on portait le cadavre dans la rue; mais le plus souvent , affaiblis eux-mêmes par la maladie , les survivans se contentaient de les jeter par les fenêtres. | Quelque affreux que fût le spectacle qu'offrait
De me
l'intérieur des maisons, celui des rues et des places publiquesinspiraitencore plus d'horreur: ellesétaient couvertes de morts et de imourans. Ce n’étaient pas seulementdes hommesd’une condition obscure qu on voyail parmi ces misérables victimes de lacontagion, la plupart appartenaient à des familles noble: ; c’étaient des dti ayant survécu à leurs parens et aux personnes qui les servaient, se traînaient hors de leurs maisons ur aller à l’hôpital, et n’avaient pas la force d’y arriver. Quelquefois c’étail un enfant, un domesfique qu'une famille barbare avait chassés pour se pes de la contagion. Car pendant ce temps horreur les liens du sang même semblèrent relàchés. C'était dans la rue Dauphine surtout que ce spectacle était elfrayant. Les malades et les morts, confondus ensemble, y étaient si pressés, qu’on ne pouvait faire un pas sans marcher dessus. Cette affluence venait de ce que la rue aboutit à l’hôpital. Les restiférés qui étaient seuls dans-leurs maisons, les pauvres qui n'avaient aucun secours, faisaient leurs deraiers efforts pour se traîner jusqu’à cet asile; mais souvent Îles forces leur mauquaient avant d’y arriver, ou bien, n’y trouvant point de place , ils tombaient en défaillance lorsqu'ils vou- Psion revenir sur leurs pas.
À ce tableau d'un effroyable désastre , opposons eelui qu’offrit la charité héroïque du vertueux Belzunce et de son clergé.
La maladie se fut à peine déclarée, qu ce pré
lat assembla les Curés et les supérieurs de communautés. Il fitpasser dans leur cœur, par ses discours, le zèle dont le sien était pénétré, et 1l leur prescrivit la manière dont ils devaient se conduire dans ces tesaps de calamité. Il se fit surtout un devoir de les animer par son exemple. 11 n’y avait point de maison, point de réduit , quelque infecté qu'il fût, où il ne Ft porter ou ne porlât lui-même, quand il le fallait, les Sacremens ; des paroles de coûso-
ataires, des enfans, des vieillards qui,
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1e Ce pré commu discours, prescrivit dans ces devoir de point de qu'il fût, €; quand de coûso-
‘primer
‘lation et des seconrs de toute espîce. On le voyait dans les rues et dans les places publiques, marchant entre les vivans et les morts, laissant partout ües marques d’une charité compatissante. Son palais était environné de cadavres; il ne pouvait presque plus sortir sans les fouler. « J’ai eu bien de la peine, écrivait M. de Eelzunce à M, de Mailly, archevêque d'Arles, à faire enterrer cent cinquante cadavres à demi-pourris et à demi-rongés par les chiens, qui étaient autour de la maison et qui mettaient dejà l'infection chez moi. » Presque tous les ecclésiastiques qui secoudaient le zêle de l’évêque périrent en remplissant leurs charitables fonctions.
Lorsque la contægion commença à se ralentir, M. de Belzunce fit dresser , le jour de la Toussaint , uu autel an milieu du Cours; et le matin, étant sorti du palais épiscopal nu-picds, un flambeau à
Ja main, il alla dans cette posture de suppliant
jusqu’à l'endroit où il voulait implorer la miséricorde de Diey sur cette ville désolée. Le peuple, rosterné sur le Cours et dans toutes les rues , d’où il pouvait voir l’autel, fondait en larmes ,- tandis ue le pontife vénérable offrait sa propre vie pour ne la colère céleste. Le 15 rovembre il donna la bénédiction à toute la ville du haut d’un clocher, au bruit des cloches et du canon, qui avertissaient les habitans de se meitre en prière. Ce spectacle imposant répandit parmi le peuple une religieuse frayeur qui-empêcha beaucoup de crimes. Enfin, la diminution des malades devenant plus sensible, ranima lellement la confiance des habitans de Marseille, que le jour de Pâques , ne pouvant plus réie mouvemens de leur zéle religieux , ils enfoncèrent les portes des églises pour y faire célébrer le culte. L’évêque ne put prévenir les dangers de cette affluence qu’en faisant dresser au milieu du Cours un autel où l’on dit la messe les deux der-
‘niéres fêtes. Les dimanches suivans il la dit tantôt
dans une place, tantôt dans l’autre ; et les atten-
tions de sa charité , de son zèle et de sa prudence ; ne cessèrent que lorsqu'il ne resta plus dans la ville le moindre vestige de contagion. | « Qui peut, dit M. Papon, à qui nous avons earprunte les principales circonstances de ce récit, qui peut, à la vue d’un tel spectacle et au récit de tels prodiges de vertu, ne pas se sentir attendri et pénétré d'admiration ? Que peut offrir de comparable l'antiquité païenne à ce sublime dévoñment? Qu’y a-t-il dans les fastes de la philosophie qu’on puisse rapprocher d’un pareil héroïsme? Elle a pu quelquefois produire des martyrs de la vanité, de l'ambition , de la gloire; le seul christianisme a fait des martyrs de la charité; lui seul a dit à ses disciples que se sacrifier, c’est se sauver : lui seul a dit à ses ministres que le bon pasteur donne sa vie ur ses brebis; doctrine vraiment céleste , et que ‘homme n’a pu trouver, puisqu'elle est au-dessus de l’homme. »
Notice sur les missions de la Chine.
Nos missions à la Chine sont établies dans les provinces de Su-Tchuen, de l’Yun-Nan et de Kouei- Tcheoù. En 1784, on comptait dans cette vaste mission quinze mille chrétiens ; en 1814, leur nombre allait à plus de soixante mille. Mais, depuis la
persécution qui s’est élevée dans ces provinces en :
1814 , et qui s’est étendue depuis quatre ans à tout l'empire de la Chine, il est à craindre que le nombre des fidèles n’y soit diminué.
Depuis le martyre du bienheureux Léon Dufresse, évêque de Tabracça, supplicié en 1815 , et depuis la mort de son coaëjuteur, monseigneur Florente, évêque de Zcla, il ne restait au Su-Tchuen que deux missionnaires européens : l’un d’eux, monseigneur Fontana, vient d'être élu archevêque de Sinyte et vicaire du saint-siége apostolique à la Chine. Monseigneur Perrocheau , sacré évêque de Maxala, à Paris en 1818, fut envoyé par le collége romain
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% pour consacrer ce prélat. Il était encore à Fai-Fe au mois d'août 1819, et on espère qu’il est parvenu à s’introduire au Su-Tchuen.
Nos missions à la Chine étaient assistées par un grand nombre de prêtres indigènes au commenceent de 1814. Il ea mourut de la peste cette année, d’autres furent étranglés ; il en mourut en prison ; quelques-uns ont été déportés au-delà de la grande muraille; plusieurs enfin ont été condamnés à porter la cangue toute leur vie; enfin deux jeunes missionnaires envoyés de Paris en 1817 ont été frappés de la contagion en arrivant à Kehuëé , en sorte que l'établissement des églises chrétiennes en Chine est aujourd’hui dans l’état le plus affligeant. {Extrait de l’Arni de la Religion et du Roi.)
Résignation de Saint-Vincent de Paul.
, Un juge avec qui il demeurait, étant sorti sans ? avoir pris le: précautions nécessaires, trouva à son À retour qu’on lui avait volé quatre cents écus. Il ac- : jousa Vincent du vol, et se mit à le décrier parmi
| toutes ses connaissances et ses amis. Le Saint se con= | tenta de nier le fait. et de dire tranquillement : Diere sait la vérité. Pendant les six années que dura la lomnie, il ne dit rien autre chose pour sa défense, et il ne laissa jamais échapper la moindre plainte. | Enfin, le voleur fut arrêté pour quelque nouveau E crime. Déchiré parles remords de sa conscience, il Henvoya chercher le juge qui avait été volé, lui dé clara ow’il était le voleur de son argent, et que je serviteur de Dieu était innocent du crime dont on Pavaitaccusé. Vincent se servant, par humilité, d’ua | nom étranger, raconta depuis cette histoire à ses Pré- ‘tres, pour leur apprendre que la patience. la résignationet un humble silence, sont en général la meil- Jeure apologie des personnes que poursuit la ca= lomaie.