DE CHaïEAUBRIANT, capitaine de gendar
merie, étant mort, François Ier, dit à M. de Vieilleville, depuis maréchal de France: « Vous avez si bien employé, commandé et conduit la compagnie dé feu sieur de Châteaubriant, qu’à un autre qu'à vous elle ne peut mieux apparteuir; ce qui est cause que de lieutenant je vous en fais capitaine en chef,» M, de Vicilleville refuse opiniätrément cette élévation, alors considérable, assurant qu’il m’a rien fait pour là mériter. Le roi étonné, et presqu’indigné, lui réplique : « Vous m'avez bien trompé, de Vieilleville, car j’eusse pensé que si vous aviez été à deux cents lieues de moi, vous eussiez couru jour et nuit pour la demander ; et maintenant que je vous l'offre de mon proprèé.mouvement, je ne sais sur-quelle meilleure occasion vous
, que je xine OÙ 1r notre ique reer Sa VIC, é de son ne d’un Jammès mué à la abreuvé ienation ec la plus moinetnit
+ d’une
> gendar-
à M. de e:« Vous onduit la ant» qu'à x apparmt je vous ieilleville alors conit pour la lignée; lui k de Vieilaviez été à siez couru aintenant
uvement, sion vous
vouiez que je vous en donne une. — Le jour d’une bataille, répond de Vieilleville ; que vo-
dre majesté aura vu de mon mérite. Mais à
cette heure, si je la prenais, tous mes compaguons tourneraient cet honneur eu risée, et diraient que vous m'en auriez pourvu en la seule considération que j'étais parent de feu M. de Châteaubriant, et j'aimerais mieux mourir que d’être poussé à quelque grade que ce fût par autre faveur que par mon service. »
Humanité de Charles-Quint.
Cuarres-Quinr , mécontent de Barberousse, entreprit, en 1541, le siège d'Alger, dont ce corsaire était maître. Il fut contraint de le lever après avoir perdu son armée, sa flotte et sa réputation, Si l’entreprise eût été moins déraisonnable, Charles aurait fait oublier son opiniâtreté par la fermeté et par l'humanité qu’il montra. Son maître-d'hôtel ayant fait des efforts pour servir un jour la table de son maître avec une sorte de profnsion et de délicatesse : « Misérable quetu es, Ini dit ce prince, comment veux-tu que je » .edivertisse, que jemange et que je boive, pendant que mes compagnons meurent de misère?» A l’instant il fait porter tous ces vivres devant lui, et les va distribuer aux blessés et aux malades.
Attentat d’un officier, puni et réparé, Dass le tempsquedon Juan d'Autriche commandait, dans les Pays-Bas, l’armée espagnole contre les confédérés, en 1578, un de ses officiers voulut faire violence à la fille d’un avocat de Lille, chez lequel il était logé. Cette jeune
personne, en se défendant, saisit le poignard de son ravisseur, le lui plonge dans le sein et s'éloigne. Le capitaine sentant que sa blessure est mortelle, se confesse ; et, pénétré du repentir le plus vif, supplie qu’on lui amène la vertueuse fille.
« Je souhaite, lui dit-il, qne vons me par.
donniez l'outrage que vous avez reçu de moi : ct, pour réparer autant que je le puis mon attentat d’une manière convenable, je déclare que je suis votre mari. Puisque mon crime et votre vertu m'ont mis hors d'état de pouvoir vous of-
frir ma personne, recevez du moins, avec le
nom et les droits de mon épouse que je vous donne , le présent que je vous fais de tous mes biens. Que ceux qui sauront l’affront que vous avez été sur le point de recevoir, apprennent cn même temps qu'un mariage honorable a été le prix des efforts que j'ai faits pour vous déshonorer, et du courage avec lequel vous avez su vous défendre. »
Après avoir parlé de la sorte, le noble Espa gnol, du consentement « 1 père, et en présence du prêtre qui était venu pour le confesser, épousa la filles etilexpire aussitôt après, laissant à juger ee qui était le plus admirable, ou la générosité de l'officier pour réparer sa faute, ou le courage avec lequel la jeune personne a conservé son honneur.
L'honnéteté d'un jeune homme produit un grand événement.
Pendant que les Æspagnols faisaient, en
1585, le siégo très-long, très-opiniâtre, très-
dan
poignard
sein et blessure u repene la ver-
me parde roi :
mon atlare que et votre vous of-
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je vous ous mes que vous orennent ble a été 15 désho- AVEZ SU
le Espa présence r,épousa it à juger énérosité courage rve son
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EN ACTION. 317 meurtrier d'Anvers, 1l arriva une petite chose qui produisit un grand événement.
Une femme de condition de la ville est malade , et a besoin, pour sa guérison, de prendre du lait d’ânesse, Comme il n’est pas possible d'en trouver dans la place, un jeune homme offre d’en aller chercher une dans le faubourg, quoiqu'il soit occupé par les assiégeans; et, eu effet, il l’amenait lorsqu’il est pris et conduit au duc de Parme.
Ce général traite ce jeune homme avec bonté, loue l'honnêteté de son entreprise, fait charger l’ânesse de perdrix, de chapons, de tout ce qui peut être utile à un malade, ordonnant que tout soit mené à la dame, et qu’on dise au conseil et au peuple d'Anvers qu'il leur souhaite toutes sortes de prospérités.
Cette générosité du duc de Parme, à laquelle on ne s'attend pas, fait ne révolution sénérale en sa faveur. IL est décidé qu’il faut lui envoyer, au nom du public, des confitures et le meilleur vin qui soit dans la ville. Les esprits s’adoncissent insensiblement par ces attentions mutuelles : on s’iccoutume à penser que les Espagnols ne sont pas aussi féroces qu’on l’a cru. Cette opinion fait qu'on ne pousse ras la résistance aussi loin qu’on l’aurait fait sans cela, et qu'il y a beaucoup de maux d’évités pour les assiégeans et pour les assiégés.
Tatrépidité de Henri IV; son amour pour les braves gens.
L'iNvTRéÉPIDITÉ de Henri se faisait remarquer dans toutes les occasions, Un officier flamand
nommé Michau, au service d'Espagne, offrit ses services à ce prince, sous prétexte d’être mécontent de la courde Madrid, mais, en effet, pour trouver l’occasion de Ini ôter la vie, Henri, instruit dece projet, va à la chasse, accompagné senlementdu traître, qui était bien monté, etavait deux pistolets aie et amorcés. « Capitaine Michau , lui dit le prince, mets pied à terre; je veux voir si ton cheval est aussi bon que tu le dis. » Le ton de Henri en impose à l'assassin, qui obéit sans difficulté, Le roi saute à l'instant sur le cheval: « Venx-tu, ajonta-t-1l, tuer quelqu'un? On m'a dit que tu on voulais à mes jours; je suis le maître des tiens. » En disant ces paroles, il làche Les deux pistolets en Pair, et lui ordonne de le suivre. Le capitaine désavouc le projet qu’on lui suppose, prend congé deux jours après , et ne paraît plus.
Hanrr aimait si fort les bravesgens, qu'il fit entrer dans ses gardes-du-corps un soldat qui lui avait porté de rudes coups dans une occasion importante. Jamais cet homme intiépide ne lui sortit de la tête ; ile montra un jour au maréchal d’Estrées , qui était dans son carrosse, et lui dit avec complaisance : « Voilà le soldat qui me blessa à la journée d’Aumale. »
A la bataille d'Ivry , qu'il gagna contre Mayenne, ilattaqua , à la tête de dix-sept cuirasiers, quatre-vingts chevaux qu’il défit. On le crut un instant mort ou pris, et déjà les ennemis criaient victoire. Alors Henri court à ses gens ébranlés : «'l'ournez visage, leur crie-t-il, afin que, si vous ne voulez combattre, vous me
verc vict
A tabl
offrit ses méconet pour hri, insgné sen- , Ctavait apitaine terres je que tu le ssassin, l'instant aer quels à mes n disant n l'air, ne désad congé
qu'il fit dat qui 1e oCcCantiépide | jour au al rOSSC, le soldat )
| contre sept cuiéfit. On À les enurt à ses crie-t-1l,
vous me
EN ACTION. 319 voyiezdumoinsmonrir:» Parlantainsi,ilse precipite dansle plus épais des escadrons ennemis qu'il met en fuite, tue de sa main l’écuyer du comte d’Egmont ; ettonjours encourageant les siens? }1 fant ici, leur dit-il, jouer du pistolet : plus d'ennemis, plus de gloire, » Une déronte conplètea bientôt lien dansl'arméede Mayenne. Alors, au milieu du carnage, on entendit Henri s'écritr : « Sauvez les Français; main-basse sur l'étranger, » Ce fut dans cette même bataille qu’il dit ? « Mes compagnons, si vous courez aujourd'hui ma fortune, je cours aussi la vôtre; le veux vaincre où mourir avec vous, Gardez Le vos rangs, je vous prie: si la chaleur du combat vous les'fait quitter, prenez aussitôt votre ralliement, c’est le gain de la bataille. Vous le férez entre :çes trois arbres que vous voyez là-haut à ma droite; el si vous perdez vos enseignes, cornettes ou guidons , ne perdez point de vue mon panache blanc : vous le trouverez toujgurs au chemin de l'honneur et de lu victoirb. » ui. UT
A a one à té , . La ville use s'étant soulevée, Heuri 1V y cutra lui quinzième : les échevius et les notables étaient venus en chaperon lui présenter les clefs; mais les habitans le voyant séparé du réste de sdtroupe, criaient: Coupez da corde, te roë y est, Ceprinesse tronva alors en présence de deuxcentssoldatsei d’une bourgeoisie armée qui criaierit, désighant Henri: Tirez, tirez à la jupe vérté etau panäché blanc! Au mômeinstant uiw dévharge futfaite, et le prince reçut à bont portant un coup qui lui enfonca deux côtes. Loin
de se laisser vaincre par la douleur, il dit à ses quatorze compagnous : « Mes amis, c’est ici qu'il faut moutrer du courage et de la résolution ; car C’est de là que dépend notre salut. Que chacun me suive et fasse comme moi, sans ürer le coup de pistolet qu’il ne porte. » Parlant ainsi, il gagne une tour, s’en empare, s’ÿ renferme avec ses compagnons jusqu’à l'instant où ses troupes, ayant brisé la herse, vinrent les délivrer.
Au siége de Cahors, le roi arracha deux pertisanes. Ses armes furent faussées ; ses mains et ses pieds étaient en sang. Le quatrième jour arrivé, et la garnison disputant le terrain de chaque rue, les amis du roi le suppliaient de renoncer à son entreprise : « Non, leur répondit-il ; 1l est dit H-haut tont ce qui doit être fait de moi dans cette occasion. Souvenez-vous que ma retraite hors de cette ville , sans l'avoir assurée au parti, sera, la retraite de ma vie hors de mon corps. Il y va trop de mon hornerr d’en user autrement ; ainsi, qu’on ne me parle plus que de combattre, de vaincre ou de mourir.»
Ranimées par un conrage aussi sublime, les troupes du roi redoublèrent d'efforts, et la ville fut prise. oo
À une rencontre qui eut lieu près du pont d’Aumale , entre le ducde Parme et Henri IV, ce dernier reçut un coup de feu dans les reins: = Nonobstant, dit Sully dans son vieux langage , nouobsiant il ne laissa pas de faire bravement sa retraite sans s'étonner, ni autre dé sordre ou perte que cinquante on soixante des
dit à ses c'est ici 1 résolure salut.
01, sans Parlant .s’y renstant où rent les
cux pers mains mé jour rrain de uent de r réponêtre fait ous que voir asvie hors eùr d’en le plus lOUriL, 2 me, les : Ja ville
du pont.
nr IV, ; reins ?
1x lanire braaitre dé inte des
EN ACTIONS as siens; puis, ayant passé le pont, il fit de rechef ferme. »
Au combat de Fontaine-Française, le roi fut assailli par huit cents chevaux, n’en ayant que trois cents. Aussitôt il sépare sa petite troupe en deux corps; et, sans se donner le temps de prendre son casque, il crie : « À moi, messieurs! suivez mon exemple ;»et , se jetant au milieu des ennemis, il les met en fuite malgré la supériorité de leur nombre.
Traits admirables de courage, de prudence et de fermeté,
L'os ne per , lire sans être touché ce que M. de Tillemont rapporte d’Eusèbe de Samosate.. Ce saint évêque eut le malheur, pendant quelque temps, d’être dans la Communion des Âriens; mais on ne craint point d’assurer que c'était par défaut de lumière, et non par faiblesse ou par un défaut de zèle pour la foi, puisque toute la suite de sa vie lui a fait mériter le
lorieux titre de défenseur de la vérité. En effé, dès le temps même qu'il était lié de Communion avec les Ariens, il donna une preuve de courage qui fut admirée par ceux mêmes qua ne pouvaient l’aimer.
Les Ariens et les Orthodoxes, qui étaient dans leur Communion, étant convenusde choisir St-Mélèce pour évêque d’Antioche, déposèrent le décret de cette électio." entre les mains d'Eusèbe. Mais, comme St-Mélèce se déclara aussitôt pour la foi catholique, les Ariens et l'empereur Constance résolurent de le déposer,
322 MORALÉ !
Eusèbe, voyant qu'on violait l'accord qu’on avait fait, et dont on lui avait confié l'acte, se retira dans son diocèse. Les Ariens, qui redontaient le témoignage quef cet acte fouruissait contre eux, engagèrent l'empereur à l'envoyer redemander à Eusèbe ; mais Eusèbe répondit qu'ayant reçu ce dépôt de plusièurs personnes, il ne pouvait le rendre qu’en présence de tous ceux qui le luiavaient confié. On le menaca, de la part dé l'empereur, de lai couper la main droite. Eusèbe, sans s'effrayer, présenta les deux maius à l’envoyé, en disant qu'il pouvait bien les luiconper, maisqu’il ne pourraitjamais hui faire rendre un acte qui prouvait la mauvaise foi des'Ariens. | RE
Cette droiture de cœnr mérita d’être éclairée ; ets’étant trouvé, en 353, au concile d’'Antioche, 11 souscrivit au Symbole de Nicée, ce qui l’unit pentes aux Catholiques. Vers l’an 364, il reçut un ordre de l’empereur qui l’exilait dans la Thrace, et il le reçut d’une manière qui fit également paraître sa prudence, son courage et sa charité. Celui qi en était chargé arriva le soir. Saint-Eusèbe l’avertit de n’en point parler : «Car, lui dit-il, si le peuple en avait connaissance , il vous jetterait dans la rivière, tant il a un zèle ardent pour la religion;.et on ne manquerait pas de me rendre responsable de votre mort, »
Après avo'r parlé de la sorte, il célébra à l'ordinaire l'office du soir. Tout le monde commençait à prendre le repos de la nuit, lorsqu'il fit part de l’ordre venu de la cour à un domestique affidé; puis il sortit à pied. Quand il fut
au bo de la condi
Dè:
tous S évèqu lui,q Qua avec li de ne loups 1l le ordot En ef a poi dans serai
qu'on
de tous aca, de main nta Îles pouvait jamais a Inmau-
lairée ; tioche, 1 L’oumit n 364, Pexilait ère qui ourage arriva int parit cone, tant on ne
ble ‘de
lébra à e comrsqu'il lomes-
] il fut
au bord de l’Euphrate, qui artose les murailles de la ville, il monta sur une barque, et se fit conduire à Zeuyma.
Dès qu’on sut à Samosate ce qui se passait, tous se mirent à pleurer de la perte de leur évêque, et ils allèrent en si grand nombre après lui, que tout l’Euphrate étaitcouvertde bateaux. Quand ils l’eurent atteint, ils le conjurèrent avec larmes, et par les motifs les plus pressans, de ne pointexposer son troupeau à la fureur des loups; mais ils ne purent l’engager à revenir : il leur représenta le précepte de l’Apôtre, qui ordonne d’obéir aux princes et aux magistrats, En effet, il n’y 2 point de vraie piété où il n’y a point d’obéissance au prince. Ce n’est que dans les choses où la religion et notre conscience seraient blessées, qu’il ne nous est pas permis d'obéir, | |
Gratien étant devenu maître de l’empire en 378 , rendit entièrement la paix à l'Eglise, et les évêques bannis retournèrent à lenrs sièges. Eusèbe acheva glorieusement sa course en rendant sèrvice à l'Eglise. L’an 380, il ordonna Maris évêque pour la petite ville de Dolique, en Syrie, qui était alors infectée de l’arianisme : il ne s'agissait plus que de le mettre en possession de cette église, afin qu'il fût capable de travailler à la conservation de ce diocèse. Eusèbe alla donc à Dolique pour mettre Maris en possession. Commeil entrait dans la ville, une femme arienne lui cassa la tête avec nne tuile qu’elle lui jeta de dessus le toit de sa maison.
/ Eusèbe, près d’expirer, obligea ceux qui étaient
présens de lui promettre avec serment de ne
324 MORALL
point poursuivre en justice Ja femme qui l'a-
vait blessé. Les officiers de la justice ne lais-
sèrent pas d'informer contre cette femme et ses
complices ; mais les catholiques obtinrent leur râce.
Les dépôts et les secrets ont toujours été regardés, parles païens mêmes, comme deschoses sacrées. C’est violer le droit naturel que de ne pas garder un secret, qui est une chose dont nous ne sommes pas les maîtres, et dont par conséquent nous ne pouvons pas disposer.
Beau trait d’un officier au sujet d’une vocation re= | ligieuse.
Das une ville de France se trouvait une famille degensde condition, mais, par lemalheur des événemens et des temps, peu favurisée des biens de la fortune. Le pèreet la mère n’a. vaient qu’une fille à qui ils avaient donné tout ce qu’ils pouvaient lui douner dans leur si, tuation, une excellente éducation. La jeune demoiselle était d’ailleurs une personne en qui la nature et les grâces avaient réuni tous leurs dons : l'esprit, le cœur, le caractère, les agrémens, les talens, et, ce qui était encore préférable, une piété tendre et solide au-dessus de son âge.
Dans ce temps vint un régiment en quartier d'hiver dans cette ville. Un officier d’un âge mûr, homme d'honneur et de probité, fut logé dans cette famille. Charmé des qualités excellentes de la jeune personne, il pritinclination pour elle, et, après un certain temps, il la demanda en mariage à ses parens, Cette demande
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donné leur si, a jeune > en qui is leurs es agrée » préféssus de
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EN ACTION. 325 fut regardée comme une fortune pour leur fille et pour eux. Ils répondirent à l'officier qu'il leur faisait beaucoup d'honneur de penser à leur fille, mais qu'aux bons sentimens près, ils n'avaient que bien peu à lui donner. « Je demande votre fille, dit l'officier, j'ai du bien pour elle et pour moi. »
On l’annonça à la jeune personne, en lui faisant entrevoir la grâce que Dieu lui accordait , à elle et à eux. Elle ne répondit rien, et ne parut y consentir que par son silence. La situation de ses parens ne lui permettait pas de refuser ouvertement : on donne donc les paroles de purt et d'autre. Le jour où l’on devait épouser étant venu, la demoiselle parut toute triste et toute aïfflinée. L’officier lui en ayant deman-
dé la raison, elle ne répondit que par ses sou-
irs etses larmes. « Mais enfin, mademoiselle, hi dit l'officier, il faut vous expliquer, je l'exige absolument.—Eh bien! monsieur, lui dit-elle en soupirant, puisque vous me le permettez, je vous dirai que si je m'établis, ce n'est qne malgré moi; mon désir et ma volonté ont toujours été de me rendre religieuse, et de me consacrer à Dieu.—Maïs pourquoi ne l’avez-vons pas dit ? répliqua l'officier. — C’est parce que me parens ne sont pas en état de me faire une dot, répondit-elle. — Cela étant ainsi, ajouta l'officier, je nesuis pas pour êtrele rival de Dieus je vous ferai moi-même votre dot; suivez les sentimens que Dien vous inspire. » La chose fut ainsi exécutée ; lademoiselle se fit religiense dans nne maison où régnait la plus grande régularité. On tient cette histoire de la personne
même qui prêcha le sermon de la vêture. L’officier y assista ; et après la cérémonie, il donna un grand repas aux parens: le prédicateur y fut invité, et il a assuré que les àgapes des premiers chrétiens n'avaient rien de ls édifiant que le fut ce festin et tous les discours qui firent la matitre de la conversation. La religieuse vécut dans cette communauté, dont elle fut le modèle et l'exemple ; aprèsquatreans, elle mourut de la mort des saints, comme elle avait vécu de la vie desélns.
Heureuses les âmes à qui le Seigneur inspire d'aussi grands, d’aussi nobles sentimens! Le salut paraît attaché quelquefois à certains actes héroïques de vertu.
Point de probité sans religion.
La religion seule peut nous contenir dans le devoir. C'était la pensée de Constance, père du rand Constantin, lorsqu'il voulut éprouver la fidélitéde ceux qui étaientauprès de sa personne, 11 avait dans sa cour beaucoup d'officiers chrétiens ; 1l Les fit tous venir devant Ini, et promit de grandes récompenses à ceux qui He re offrir de l’encens à ses dieux. Quelques-uns le firent : il les cassa sur-le-champ, et leurdit qu’étant capables de manquer de fidélité à leur Dieu, ils en manqueraient aisément à leur prince.
Trait ingénieux d’un conquérant.
Un célèbre conquérant, auquel le sénat romain avait préparé un triomphe ,.fit élever sa statue, non d’or, d'argent ou de bronze, comme avaientfait les autres vainqueursa vant lui ; mais il la fit construire en cire, L’ayant fait dresser
dans de pl leur ] quer brille Sort q avait T'OL-p} Superc U On est de du ber et les les ro souter
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dans le , père du ouver la ersonrie, ers chrét promit ee es-uns le dit qu’éur Dieu, nce,
sénat roélever sa , comme Lui; mais it dresser
EN ACTION. 317 dans une place pablique, il la fit environner de plusieurs flambeaux allumés, dont la chaleur la faisait fondre peu à peu. Il voulut marquer par-là que ies grandeurs da monde brillent un peu d’abord, mais yne cet éclat ne sert qu'à se détruire soi-même, Ce grand homme avait pent-tre entendu parler de cet oracle du roi-prophète : Sicut cera quæ fluit auferentur; supercecidit ignis , ct non viderunt solem,
Un maître excellent, trésor inappréciable,
Ox ne saurait croire de quelle importance il est de s'emparer, si l’on peut s'exprimer ainsi, du berceaudesenfans, afin d’en écarter les erreurs et les vices, de diriger leurs premiers pas vers les routes de la vertu et de la vérité, de les y soutenir par des motifs toujours proportionnés à leur âge. Il n’est pas douteux que dans l’enfance l’homme ne soit susceptible de toutes Les impressions. S'il tombe en demauvaises mains, on voit en lui ce germe du mérite s’altérer peu à pen, se dessécher et uisparaître; l’ardeur naturelle qu’il avait pour le bien, se convertir en ardeur pour faire le mal, Si, au contraire, il est confié à des maîtresquisachent préparer son esprit à la vérité, former son cœur à la vertu, alors les dons qu’ila reçus de la nature se développent etse perfectionnent ; il devient capable des plus grandes choses, en supposant même qu'il fût naturellement plus incliné au mal qu’au bien. Si'son caractère ne se détruit pas, du moins les effets n’en sont pas aussi funestes.
L'empereur Théodose était si persuadé des avantages d’une bonne éducation, qu’il n’ou-
blid rien pour la procurer à son fils. Il trouva un excellent maître dans St-Arsène , d’une famille distingnée dans Rome, et qui était trèsinstruit dans les lettres grecques et latines. En lui mettant le jeune Arcadeentre les mains :
« Je veux, lui dit-il, que désormais vous soyez plus son père que moi-même. » Les progrès répondirent au mérite de l’instituteur.
Arcade commit un jour nne faute considérable ; Arsène crut qu'il devait le punir sévèrement, afin que le châtiment fit nne impression plus sensible sur son esprit. Le jeune prince reçut mal la correction, quoique juste; et, pour s’en venger, il chargea un officier de ses gardes dese défaire d’Arsène , à quelque prix qre ce fût. L’officier, qui respectait ce grand homme, lui découvrit la mauvaise volonté du prince.
Arsène, ne sachant s'il devait se retirer, ou prendre une autre voie pour se garantir de l’indignation du jenne prince, se miten prières, et dit à Dieu : « Seigneur, apprenez-moi ceque je dois faire. » Alors il entendit une voix qui fui dit: «Arsène , fuis les hommes, et tu te sauveras. » Ce conseil fut exécnté ; 11 s’'emharqua, passa à Alexandrie, et de là au désert de Scéré, où il embrassa la vie solitaire.
L'empereur Théodose, affligé de sa retraite, le fit chercher dans tontes les îles et toutes les solitudes, mais inutilement, Après la mort de Théodose, Arcade ayant appris Le lieu de sa retraite, lui écrivit une lettre dans laquelle il lui avonait le mauvais dessein qu’il avait eu
. contre lui, lui demandait pardon, et se recom-
mandait à ses prières, Il lui disait, dans la
mèm tribu nastè ment tout «
crul } dire :
chés à sez la distri : Un bonn« pour | semer se dé:
plus a préser la je n'y v dagop sage q avait 1 mime bleme maxi la co conqu or f:
Je vai vicieu Ou a qu’on on se
[1 trouva d’une fatait très ines. En mains!
Jus SOyeZ j progrès
considé-
1r sévères 1pression 1e prince ustes et, 1er de ses prix que homme, u prince.
tirer; OU ir de l’inn prières; moi ceque
voix qui tute sau-
barqua, de Scéré,
retraite, toutes les a mort de 1 de sa reaquelle il l'avait en se recom- , daus la
même lettre, qu’il pouvait disposer de tous les tributs d'Egypte, pour les distribuer aux monastères et aux pauvres, et il le priait instamment de lui répondre. Arsène, qui craignait tout ce qui pouvait le rappeler au siècle, ne crut pas devoir écrire au prince, mais 1l lui fit dire : « Dieu veuille nous pardonner nos péchés à tous. Pour l'argent dont vons me laissez la disposition, je ne suis pas capable de le distribuer, puisque je suis déjà mort. »
Unjeune homme, malgrélesavantages d’une bonne éducation , fait-il des fautes ? on n’a pas pour cela perdu son temps auprès de Ini. Les semences de vertu qu'on a jetées dans son âme, se développeront et fructifieront dans un âge plus avancé. Alors l’image de son instituteurse présentera avec des traits que l’impétuosité de la jeunesse l'avait empêché d’y apercevoir. 11 n’y verra plus, comme autrefois, un trist” pédagogue aussi importun que difficile ; 14ais un sage qui travaillait à son bonheur, et qui lui en avait frayé la route.
e dis plus : les remords se feront sentir même avant ce temps-là ; ils naîtront infailliblement du contraste de sa conduite avec les maximes dont il aura été imbu; or, tant qne la conscience parle, rien n’est désespéré. Quiconque a le courage de se dire à soi-même : Jai mal fait, n’en manque guère pour ajouter :
Je vais mieux faire. Quand l'éducation a été vicieuse, l'édifice manque par le fondement.
On a reçu de mauvais principes; mais parce qu’on les croit bons, pluson s’y conforme, plus on se trouve irréprochable.
330 MORALE Armée puissante dissipée par des moucherans.
Les instrumens les plus faibles sont redoutables entre les mains de Dieu; il s’en sert pour abattre la puissance des hommes, humilier leur orgueil, et renverser leurs plus vastes projets.
Sapor, roi de Perse, vint, l’an 350, assiéger Nisibe eu Mésopotamie , le plus puissant rempart de l’empire romain sur cette frontière. Il avait une armée formidable et une cavalerie soutenue d’un grand nombre d’éléphans. Le siége dura quatre mois, On fit la circonvallation , on éleva des tours, on employa toutes les machines de guerre dont on se servait alors, mais inutilement. Enfin, après soixante-dix Joursde travaux , Sapor fitarrêterleflenve Magdone, qui traversait la ville. Quand l’eau fut à
une certaine hauteur, on rompit la digue qui
l'avait arrêtée ; la rivière venant avec impétuosité frapper Je muraille de la ville , en renversa un pan considérable et y fit unelarge ouverture.
Les Persestémoignèrentleur joie par degrands cris ; mais ils différérent l’assaut au lendemain, parceque l’inondation rendait la brêcheinaccessible.Quandilsapprochèrent, ils furent bien surpris de trouver une autre muraiïlle, que la parnison et les habitans avaient élevée pendant la nuit, lorsque leur évêque priait Dieu dans son église, qu'ildaignât conduire lui-même et bénir leurs travaux.
Sapor s’étant avancé pour voir nn ouvrage si pen attendu, parut étonné; mais il le fut bien davantage quaud il crut voir sur cette muraille
tous l
un h pour] Nede verna Ceux n’étai vérita prit c Dieu fenda Au qui ce hors d pour faire c Ilye autre diacre
gneut en e OPpos mouc sur le que l’ trèrer
Lerons.
t redousert pour humilier s vastes
O y ASSIÉpuissant frontière.
cavalerie hans. Le onvallatoutes les uit alors, ante-dix ive Mag ’eau fut à digue qui 1m pétuo — | ren versa uverlure.
de grands ndemain, einaccesthien surue la parendant la | dans son ae etbénir
ouvrage si e fut bien > muraille
un homme revêtu des habits royaux, dont la pourpre et le diadême jetaient un grand éciat. Ne doutant pasque ce ne fût Constance qui gouvernait l'empire romain, il menaça de mort ceux qui luj avaient annoncé que cet empereur n’était point alors à Nisibe. Quand il sut que véritablement Constanceétaità Antioche,ilcomprit ce que siguifiait sa vision, et jngea que le Dieu qu’on adorait dans l'empire romain défendait la ville de Nisibe.
Au lieu de reconnaître la puissance de Dieu qui combattait pour les Romains, Sapor, tout horsdelui-même, jeta un javelotenl’air,comine pour attrauer le ciel même, et ne pensa qu'à faire de: eaux efforts pour emporter la place. Il y empioya encore plus de six semaines, sans autre sncoès que de fatiguer les assiégés. Le saint diacre Ephem, ennuyéde ces longneurs comme
tous les autres, pria l’évêque Jacques de mau-
dire cette armée. Le saint homme necrnt pas qu’il füt permis de demander ou de souhaiter la perte detant d'hommes; il s’adressa seulement à Dieu pour le prier de faire finir les incommodités et les maux inséparables d’un si long siége.
Après sa prière, il monta sur une tour, et ,en considérant la multitude incroyable d’ennemis qui environnaient la ville, il dit à Dien : « Seigneur, qui pouvez abattre l’orgueil dessuperbes, en envoyant contre enx les plus vils insectes, opposez à cette formidable armée une armée de moucherons, » On en vit aussitôt venir fondre sur les ennemis, comme des nuées si épaisses, que l’air en était obscurci. Les moucheroïfs en. trèrent dns les trompes des éléphaus , daus les
33a MORALE
naseaux et les oreilles des chevaux, qui, se mettant eu fureur, rompaient leurs brides et leurs Farnois, secouaient leurs hommes, rompaie: es rangs, et fuy&ient partant où ils pouvais ©. Les soldats se tronvant attaqués en mêrne temps par ces animaux incommodes, tout le camp fut bientôt en désordre. Sapor , forcé de reconnaître la puissance du Dieu des Romains, leva le siége et se retira honteuse= ment.
Ce fait a été rapporté par Saint-Théodoret, évêque de Cir, l’un des plus graves et des plus judicieux écrivains de l'antiquité ecclésiastique. Cet événement a aussi été attesté par l'historien Philosterge , arien outré, ennemi passionné de tous les prélats catholiques, et par conséquent peu favorable à Saint-Jacques de Nisibe.
Funestes effets des faux rapports.
Ox ne saurait être trop en garde contre les ra pportsPils sont souventinjustes etcalomnieux. Dieu punit quelquefois, dès ce monde même, d’une manière terrible les injustices et les calomnies.
Sous le règne de Théodoric , roi des Goths, les deux plus illustres sénateurs , Symmaque,
et Boëce, son gendre , furent aocusés de crime d'Etat. Le roi eut l’imprudence d'ajouter trop légèrement foi à ces rapports faux et calommieux , et les fit mettre en prison. Boëce était chrétien et très-zél£ pour la religion catholique, qu’il défendit par plusieurs écrits, en particuher contre EButichèset Nestorius. Le plus beau et le plus excellent de ses ouvrages, c'est /&
Consol, dans si son be l’'anné Le Un jo un gr tête de regar vanté aulit, fait des ca rinci Ar huit a Le sion C les au voulu lesloi.
tôt le verra calon Grég mau:
besoi Sail devie leur
paix
> qui, se brides et es > romils pouqués en modes, Sapor ; Dieu des Driteuse=
éodoret, des plus Lastique.
istorierl ionné de ’ séquent be.
ntre les mnieux,
même, t les ca-
s Goths, maque, le crime ter trop calomèce etait olique, particuus beau c'est /a
| EN ACTION. 333 Consolation de la Philosophie | qu'il composa dans sa prison. Il fut mis à mort l’an £24, et son beau-père Symmaque eut le riême sort l’année smvante.
Le roi Théodoric ne survécut paslong-temps.
Un jour ses officiers ayant servi sur sa table un gros poisson , il crut voir dans le plat la tête de Symmaque fraîchement coupée, qui le regardait d’un œil furieux; il en fut si épouvanté qu'il lui prit un grand frisson : il se mis au lit terank et pleurant son crime, d’avoir fait mourir ces deux illustres sénateurs , sur des calomnies. Se voyant mourir, il appela les principaux de la nation des Goths, et fit reconnaître rour roi Athalaric ,son petit-fils, âgé de huit ans.
Les auteurs ecciésiastiques ont remarqué que sion condamnait ceux qui accusent faussement les autres, aux mêmes supplices qu’ils leur ont voulu faire souffrir , comme l’ordonnent même leslois civiles et canoniques, on purgerait bientôt le monde du venin de Pimposture ,etlonne verrait plus si souvent l'innocence punie et la calomnie récompensée. Mais , comine Suint- Grégoire dit excellemment, Dieu permet ces maux pour en tirer de grands biens ; Abel a besoin de Caïn , Jacob d’Esaü , et David de Saïül, afin que les persécutions qu’ils souffrent deviennent l'exercice et le couronnement de leur vertu.
Ee support du prochain.
IL ya des personnes qui ne peuvent vivre eu paix avec qui que ce soit. C’est assurément nu
EE
grand défaut d’exercer la vertu des autres par sa mauvaise humeur. Supporter les défants du prochain patiemment, et dans uu esprit de charité. ‘est un grand don.
Lec' reCassien, dontnousavonsplusieurs ouvrages, entr’autres les Conférences des Pères du Désert, rapporte d’une dame d’Alexandrie, qu’elle avait tant d'amour pour les souffrances, que , non contente de supporter de bon cœur celles qu’il plairait à Dien de lui envoyer, elle recherchait encore avec ardeur tout ce qui pouvait lui donner occasion de souffrir et d'exercer sa patience. -
L'Eglise d'Alexandrie nourrissant dans ce temps-Tà plusieurs veuves, elle alla prier Saint- Athanase de lui en donner une pour la nourrir chez elle, et pour soulager l'Eglise. -Le saint, ayant loué extrêmement son dessein , commanda qu’on Îni en choisit une d’ur esprit doux et d’une grande piété : elle l’amena chez elle, et l'y garda quelque temps, la servant et la traitant avec toute sorte d’attentions et de soins. Mais, parce que cette pauvre femme ne cessait de la louer et de la remercier à tons momens de ses bontés, elle alla trouver le saint évêque, et se plaignit à lui de ce que, lui ayant demandé une femme qui lui donnât lieu de s’exvrcer et de mériter en la servant, il n’en avait rien fait.
Saint-Athanase ne comprit pas d’abord ce
qu'elle voulait dire, et s’imagina qu’on avait manqué à ses ordres; mais s’étant bien informé,.et sachant qu’on avait choisi une femme pleine de piété, il comprit ce que la dame vou.
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EN ACTION. 335 lait dire par ses plaintes, et lui répondit qu’il y mettrait ordre. Il commanda donc qu’on en choisit une d’un esprit aigre, d’une humeur diflicile et incompatible (et celle-là, &it Cassien, fut plus aiséé à trouver que l’autre). En effet, on choisit une femme sèche, chagrine, colère, acariâtre , querelleuse. Il la fit mettre entre les mains de cette pieuse dame, qui la conduisit aussitôt chez elle, et s’attacha à la servir avec encore plus d’'humilité et de soin que l’autre.
Elle n’en reçut que de l’ingratitude , des plaintes et des mauvais traitemens ; cette méchante veuve la contrariait continuellement en tout, et portait quelquefois même sa colère jusqu’à mettre les mains sur elle. La sainte femme trouvadonc comme au-delà de ce qu’elle avait demandé : elle alla remercier Saint-Athanase de lui avoir donné uue femme qui li avait si bien appris la patience, et qui lui fonrnissait tous les jours tant d’occasious de mériter,
Dans bien des momens , elle sentait tout le poids du fardeau. Cependant elle continua toujours ses bons offices. Après”'avoir vécu quelque temps dans cet exercice de charité et de mortification , elle mourut saintement dans le Seigneur.
Nous nous procurons beaucoup plus de bien à nous-mêmes, par le support du prochain, par la prat'que de la charité, que nous n’en procurons aux autres par les assistances que nous leur rendons : nous ne pouvons que conserver ou guérir leurs corps; mais nous ressuscitons, on nons conservons ndtre propre âme, en les
aimant, en les assistant, La charité est donc un commerce où l’on reçoit beaucoup plus que l’on ne donne.
La Providence justifide,
Rrex de si ineflable que les ressources ie Ta Providencedivine enversceux qui mettentenclle toute leur confiance. Tant de traits qui sont arrivés en ce genre, doivent bien animer en nous cette confiance intime: en voici un bien capable de la renouveler, si les sentimens en étaient al. térés dans nous; il est arrivé presque de nos jours.
Unhomme avait passé près de vingt ansdans une pauvreté extrême, et dans la patience la plus résignée à la volonté do Dieu , esptrant toujours qu'il viendrait à son secours et à celui de sa famille; car 1l n'avait pour tout bien que six enfans ÿ manquant souvent de pain pour fournir à leur subsistance.
Dans ce temps-là, un prédicatenr cé'èbre prêchait le Carême; sa grande réputation d’éloquence et de sainteté amenait toute la ville à ses discours, et lui attirait la confiance de tous ses habitans. Un jour nne persoune inconnue s’adressa à lui, etlui dit : « Mon père, j'ai nne bonne œivre à faire , et je vous la confie; voilà mille écus, distribuez-les aux pauvres que vous connaîtrez dans un besoin réel. — Permettezmoi , lun répond ce prédicateur, de ne pas me charger de cette commission; vous connaissez les pauvres mieux que moi, distribuez vousmême cette somme : d’ailleurs, si on savait que je fais aiusi des aumônes, tous les jours je
serais aux f La ment croya sonne détail cette elle ,
le jug ads même Le Provi du R« aban quer Cet avait vint v « Ah!
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EN ACTION. 337 serais assaillide pauvres, et jene pourrais vaquer aux fonctions de mon mimistère, »
La personne persista, et le anpplia instame “eut del accorder cette grâce. Le prédicateur, croyant ne pouvoir #'y refuser, pria la personue de lni dire du moins $es intentions en détail, et de quelle manière elle voulait que cette somme la employée. « Eh Bien! ditelle , pour couper court, donnez-la , si vous le ing à propos, au premier pauvre qui s’adressera à vous; ce sera la Providence elle même qui en disposera, »
Le prédicateur prêcha le lendemain sur la
Providence , et insista beaucoup sur ce prise |
du Roi-Prophète : « Jamais je n'ai vn le juste abandonné de Dieu, ni ses déscendans manquer de pain, » |
Cet homme pauvre dont nons avons parité, avait assisté au sermon; quand il fut fai, il vint voir le père qui prenait quelque repos.
« Ah! mon père, lui dit-ilen entrant, vous avez aunoncé de grandes vérités dans tous os sermons, et jy ai assisté avec consolation ; mais pour aujourd'hui, permettez-moi de vous le dire, je suis une preuve vivante du contraire de ce que vous avez dit. Îl y a vingt ans que je tâche de servir Le Seigneur, et de vivre en chrétien ; je suis pauvre et réduit à la nécessité ; tontes mes richesses sont six enfans que je ne nourris presque que du pain de mes larines : j’ai toujours mis ma confiance en la Providence, et espéré qu’elle viendrait à mon aïde ,-mais. inutilement; je ne sais plusque devenir, etcette Providence disparait à mes yeux.— Eh bieu ! non
ne Sec ee ee PUS
enfant, luiditalorsle prédicateur , bien loin que voussoyez une preuve du contraire de ce que j'ai prêché, vous deviendrez vous-même nn monument sensible de cette Providencedivine:tenez, voilà mille écus, ils sont à vous; c'est elle qui vous lesenvoie. » Ce pauvre homme , ‘ont transe porté, reçoit cette somme comme venant du cel, admire la bonté de Dieu, va annoncer à sa famille désolée le bonheur inespéré qu’il vient d'éprouver. Tous ses enfans, fondant en larmes de joie, se prosternèrent pour rendre grâce au Seigneur de ses ineffables bontés, et pour prier pour la personne pieuse qui leur avait procuré ce secours abondant, dans le moment même où ils étaient sur [e point de tomber dans le désesoir. Le besoin du nécessaire est ce qui jette lea ne dans l'inquiétude pour l'avenir; et c’est cela même qui devrait les mettre en re-
pos, puisque c’est là proprement l'affaire d
1a Providence et Le soin d’un père,
L'avenir'est du ressort de Dien seul; c'est entreprendre sur ses devoirs, que de vouloir prévoir tout ce qui peut nous arriver, et nous mettre à couvert de tout par nos soins, comme pour ne pas dépendre de sa Providence...
Faisons dans le temps ce que Dieu demande de nous, etabandonnons-nous à lui pourles suites,
La vengeance faisant d’un martyr un apostar,
Ux des traits les plus marqués de l’anirmosité et de la haine, c’est celui qui est rapporté au sujet de Saprice et de Nicéphore. Le premier était prêtre, le second laïque. Ils vivaient ensemble dans une si parfaite union, qu’on les
in que que j'ai monu- :ten10Z 9 lle qui ttrans ant du cer à sa il vient larmes râce an ur pricr procuré me où le désesjette les.
enirs; €t e en re“
ffaire de
ul; c’est vouloir et nous , comme
EN ACTION. 339 eùt pris ponr deux frères. IL arriva, par jo ne sais quel malheur, que leur amitié se changea en une haine si envenimée, qu'ils évitaient même de se voir. Enfin, Nictphore rentra em lui-même; et faisant réflexion que la haine est un vice diabolique , il pria des amis communs d'aller trouver Saprice, pour le conjurer de lui
ardonner et d’avoir égard à son repentir; mais Dascies ne voulut point entendre parler de réconciliation. Nicéphore va lui parler lui-même, se jette à ses genoux, le conjure de lui pardon ner, s’ila eu le malheur de lui déplaire; mais cet homme implacable et sourd à ses prières persiste dans son ressentiment.
Sur ces entrefaites s'élève la persécution de Valérien ; Saprice est arrêté comme chrétien ; il est présenté au tribunal du juge; on le met à une question violente, il la souffre avec,un courage héroïque. Condamné à avoir la tête tranchée, on le conduit au lieu du supplice.
Nicéphorc en étant averti, court avec enipressement ; il aborde Saprice sur son passage, àl se prosterne de nouvean à ses pieds, le conjure instamment de lui pardonner ; maïs Sapricene daigne pas lui répondre. Pénétré de lu ds vive A oclue. Nicéphore court par une autre rue, etse résente encore devant Saprice, fondant en larmes, le priant, au nom de Jésus-Christ, de lui pardonner, et de lui rendre son amitié; il le suit ainsi jusqu’au lieu du supplice, en sollicitant son pardon, sans pouveir fléchir ce cœur ulceré.
Enfin, Saprice monte sur l’écha and où il Cevait être immolé; le bourreau lui dit de se
mettre à genoux et de présenter sa tête polir repevoir le coup : mais, en ce moment, l'horreur de la mort saisit ce malheureux ; il demande grâce, promet de sacrifier et de se conformer aux ordres de l’empereur,
Alors, par uu effet admirable de la grâce de Dien, Nicéphore, témoin et affligé d’une telle apostasie, se déclare hautement chrétien : on Îe rapporte au juge, qui sur-le:champ, le condamne à avoir la tête tranchée. La sentence est exécutée à l'instant, et Nicéphore reçoit la conronne du martyre dont Saprice s'était rendu si mdigne, |
Quel terrible exemple de la haine du prochain! Point de miséricorde pour celui qui ne traite pas son frère avec miséricorde. Comment arrive-t-il donc qu'on soit tranquille, tandis qu’on sent que l'amour n’est pas dans le cœur?
Et de quelle paix peuvent jouir ceux qui se laissent posséder par la passion cruelle de la haine?
Danger des mauvaises compagnies.
Less jeunes gens ne sauraient se convaincre de trop bonne heure de quelle importance il ést de bien choisir leurs compagnons. L'histoire suivante est bien capable de leur apprendre ce qu'ils doivent craindre et ce qu'ils doivent éviter, s'ils ont leur salut à cœur.
Dans une de nos villes se trouvait un jeune homme qui était l’exemple et le modèle de iousles autres: piété, sagesse, crainte de Dieu, fréquentation des Sacremens , amour de la prière; en un mot, toutes les vertus de son âge ftaient réunies en lui. Un jour qu'il y avait
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de la les p se m men!
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rÂce de ie telle Mn : on le connce est la couendu 51
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EN ACTION: 341 une espèce de fête et de réjonissance publique dans on endroit voisin, il y voulut aller. Poux l'ordinaire, il y allait toujours avec un compagnon de son Âge, pieux et craignant Dien comme lui; il alla seul cette fois, contre sa coutume, Durant son chemin, àl fut joint par utt autre jeune homme qui était entièrement décrié par sa conduite et ses mœurs.
Il aurait fallu s’en défier, et sous quelque prétexte honnête se retirer de sa compagnies Notre jeune homme ne le fit pas, pour son malbeur, D'abord, l’entretienne roula que sur des choses indiflérentes; peu à peu se glissèrent el La discours peu mesurés ; bientôt après,
e la part du jeune libertin, suivirent des paroles peu décentes, des railleries sur la piété; 1l se mit ensuite à raconter des parties d’amnse ment et de plaisir qu'il avait faites avec d’autres; insensiblement les discours et les ma:
nières devinrent plus libres; enfin, il en vint jusqu’à engager ce jeune homme si sage à com« mettre un grand péché contrela pureté,
À peine ce péché fut-il commis, que T° jeune homme, sage jusqu'alors, tombe dans nu accident et menrt à l'instant sans avoir le moyert de se reconn:ître. L'autre est si frappé de cette mort, si alarmé de cet évésement, qu'il va dans le moment à nn monastère d’un ordre extrêmement sévère : 1l fait appeler le supérienr, se. jette à ses genoux, fondant en larmes. « Mon père, luidit-il, ayez pitié d’an misérablequivient de précipiter une âme dans les enfers, et daignez me recevoir pour faire pénirence toute na vie,» Le supérieur, homme sage et prudent,
342 MORÂLE
loua ses sentimens, l’exhorta à y persévérer, mais lui fit comprendre qu’il ne pourraitle recevoir qu'après avoir éprouvé sa vocation. «Eh bien , lui dit le jeune homme, je resterai tant que vous voudrez à la porte du monastère ; mais je ne me retire pas que je n’aie eu le bonheur d’être reçu pour pleurer tout? ma vie mon malheur, » On le fit entre’, on le garda un temps convenable; après quoi on le reçut , et on nent pas sujet de s’en repentir. Il devint un sujet parfait, et conserva toujours le souvenir de ses anciennes 1niquutés,
: La conduite d’un jeune homme qui connaît tous les dangers auxquels il est continuellement exposé, et qui sait combien il lni est difficile d'éviter les chutes, doit être marquée an coin de la vigilance et de la crainte. Le démon nous épie si attentivement, qu'il est presqu'impossible de n’en être point surpris.
Il emprunte bientôt lelansage des créatures, et celui de notre chair et denos passions ; ilnous fait entendre par-là tout ce qu’il désire ; il nous dit par les discours d’un vindicatif, qu’il est bon de se venger; par ceux d’un ambitieux, qu'il est bon de s'élever ; par ceux d’un avare, qu'il est bon de s'enrichir; par ceux d’un voluptueux, qu'il est bon de jouir du monde.
Plus on entend séuvent la voix du diable, plus on est obligé d'écouter au fond de son cœur la voix de Dieu, qui parle à ceux quis’y rendent attentifs. Plus le monde fait d'efforts pour ébranler l'âme et la renverser, plus on est obligé de recourir à Dieu , afin qu'il l’affermisse et la soutienne parses grâces et par son secours.
cinée qu’ot que ; pren est t1 vaill vain causs entré
sévérer , ait le renn, «Eh rai tant e; mais Jonheur on maltemps in n'eut n sujet r de ses
connaît [lement difficile LA coin )n nous 1mpos-
atures, ilnous 1l nous u’il est 1tieux , avare , un vo= nde.
diable, de son qui s’y l’efforts s on1 est >rmisse ecours.
Maniètre de combattre et de vaincre les passions.
IL est rapporté dans les Vies des Pères du Dé: sert qu’un ancien solitaire étant interrogé par ses disciples sur la manière de combattre ses passions, leur répondit par cette figure. Il était alors dans un lieu planté de cyprès; il com manda à l’un des disciples d’arracher un petit cyprès qu’il lui montra; le disciple l’arracha aussitôt, sans aucune peine, d’une seule main. Il lui en assigna ensuite un autre un peu plus
rand, qu’il arracha aussi , mais avec un per plus d'efforts, et en y mettant les deux mains, Pour en arracher un troisième , qui était plus fort ,1l fallnt qu’ur de ses compagnons luiaidât, et encore le firent-ils avec assez de difficultés. Enfin, l’ancien solitaire lenr en montra un qui était beaucoup plus gros. T'ous les jeunes sqlitaires se mirent de concert, et ne purent jamais venir à bout de l’arracher.
Alors le maître prenant de là occasion de les
instruire : « Voilà, mes chers enfans, leur dit-il,
comme il en est de nos passions. Au commencement, quand elles ne sont pas encore enracinées, il est facile de les arracher, pour peu qu’on soit attentif à les combattre. Mais lorsque, par unc longue habitude, on leur a laissé
rendre de profondes racines dans le cœur, il est très. difficile de s’en rendre le maître. T'ravaillez donc de bonne heure à combattre et à vaincre des ennemis qui, dans la suite, vous causeraient de violens combats, et peut-être eutraiueraient votre perte, »
On se flatte souvent'par des espérances de conversion; mais le temps qu’on destine au repentir, ne fait qu ’accumuler de nouveaux crimes. Un vain espoir de changer est plutôt un écucil qu'une ressource de calui.
T'raits mémorables de la charité d’un père de famille et de ses enfans,
Ux seigneur, affligé de la grande misère qui règne dans sa paroisse, contoit le dessein d’y apporter que ekque remède. Pour ne pas déplaire à ses enfaus, qu'il avait déjà établis fort honorablement , 51 les invite tons à diner chez lui. À la fin du repas, les entretenant des grâces qu'il avait reçues de Dieu, et de l’abondance oùilsetronvaitencore, il leur dit qu’il se croyait obligé de cher de sou { superfln pour ASSISter les panvres. Il ajouta que, sans s’incommo= der, il pouvait donner dix mille francs; mais qu l ne voulait rien faire sans leur participahon, dans la crainte de leur donner quelque chagrin; qu'il les priait d’agréer qu'il fit cette chanté aux pauvres , pour lui et pour eux, cspérant que Dicu leur en tiendrait compte,
Les quatre enfans furent attendris de ce discours. L’aîné > prenant la parole, dit : «Je suis persuadé, non père, que mes frères ne me désavoueront point, si je prends la liberté de vous dire que nous serions les plus malheureux de tous les hommes, 1, après l'honneur que vous nous faites, nous avions jamais la moindre envie de nous opposer à vos volontés. Elles sont toutes si justes, que nous devons faire consister motre bouheur à nous y conformer. Nous n'a-
vons de 52 enfai cessé [C4 chrét ay1o la v orte A:
tena enc était jam tion l'exe miel cre d L frère noît neu sein mêt sen de:
suis pre Cet fut me l’a:
l'et
sère qui Seirl d'y déplaire rt honohez lui.
S grâces ondance croyait LIT ASS1S- OMnI0 = $; mais ITTICIpAquelque fit cette > UX : CS te,
ce dis- «Je suis
me dé-
de vous reux de ne vous dre enles sont onsister us n’a-
&N ACTION. 345 vons jamais remarqué en vous que des exemples de sainteté; et Dieu nous fasse la grâce, et à nos enfans, de vousimiter!» Il n’eut pas plus tôt cessé de parler, qu’un autre ajouta :
« Nous trahirions, mor père, les sentimeris chrétiens que vous nous avez inspirés, si nous ayions dans cette occasion d’autre volonté que la vôtre. Notre plus grande gloire n’est pas de porter votre riom , mais d’avoir vosinclinations et de suivre vos exemples. »
Le troisième l’interrompit pour dire : « Qu'ils tenaient de lui, non-seulement la vie, mais encore tous les biens qu'ils avaient ; qu'il en était le maître aussi absolnment qu'il en eñt jamais été; que pour ln, 1 était dans la position de les Int reinettre, sille souhaîtait ; que l'exemple qu'il leur donnait valait beancoup mieux que toute la succession qu'il pouvait ese pérer, »
Le quatrième parla. à son tour, et dit : « Mes frères , si nous sommes les véritables enfans de notre père, nous devons imiter sesaclions. L’hone neur qu’il nous fait de nons proposer son dessein, est une puissante exhortation pour faire la même chose. Il n’a pas besoin de notre cone sentement; mais nous devons tâcher de profiter de ses exemples. Si vous le jagez à propos, je suis d'avis que nous allions chacun chez nous prendre quelque aumône pour umir à la sienne.»
Cet'e parole plut extrêmement à ce bon père, et fut approuvée de tous ses frères ; qui, dès le moment, allèrent dans leur maison prendre de l'argent, les uns p'us, les autres moins, selon l’état présent où 1ls se trouvaient. Ils le lui ap-
346 MORALE portèrent, et ils firent une somme beaucoup plus considérable qu'il ne s'était proposé.
Vanité des ;'arures et des ornemens.
Tuéonorer est r.n des anciens historiens qui intéresse davaniage par la fidélité de ses écrits, IL rapporte que sa mère, qui avait mal à un œil ,; ayant entendu parler d’une guérison miracunleuse opérée par Saint-Pierre l’anachorète qui demeurait près d’Antioche, résolnt de l’aller trouver pour être gnérie de son mal, Comme élle était fort jeune, elle prit plaisir À se parer ; elle se présenta devant le saint, richement vêtuc, ayant des pendansd'areilles, des bracelets, des couleurs exupruntées, en un mot, avec tout l'étaltoe de sesornemens. Lesaiut ayantremarque cette parure mondaine, voulut la guérir de cette varité, plus dangerense pour elle que la malade de ses venx, Il se servit pour cela de cette comparaison familière :
*« Ma fille, dites moi, je vous prie, si quelque peintre fort habile avait fait un portrait suivant toutes les règles de l’art, et que quelqu'un toutà-fait ignorant en peinture, voulût le réformer à sa fantaisie, y changer, y ajouter, croyezvous que ce peintre n’en serait pas offensé 7? — Oui, sans doute, répondit-elle, il aurait droit de s’en plaindre. — Or, ma fille, continua Île saint, ne doutez point que le créateur de toutes choses, cet admirable ouvrier qui nous a for-
més, ne s’offense avec raison de ce que vous :
semblez accuser d’ignorance son admirable sagesse, en voulant ou réforiner ; ou perfectionner dans yous son ouvrage ; ainsi, Croyez-mol ;
-cielle,
ne cha Dieu ; même accord âessei
même la con Ma était e cours renda suite et de saint arh 1 ni en fa elle elle, billa cin | que \ nier après Q
ce n gon mal
| Cell sim nai sou
pot
upplus
pe
eus qui écrits, Là un Dn miiorète, e l’al.
omme parer ; nt vêcelets, ec tout CMAL= érir de ue la ela de
1elque nivant 1 toutormer lOYEZe droit ana Île toutes a forvous .
le sationmoi ;
ne changez rien à ce portrait qui est l’image de Dieu ; ne cherchez pas à vous donner à vousmême ce qu'il n’a pas plu à sa sagesse de vous accorder , et ne vous efforcez point, contre son desseiu , d'acquérir une beanté fausse et artifi-
celle, qui peut rendre coupables les plus chastes
même, parce qu’elle tend des pièges à ceux qui la considèrent. » | Ma mère, ajoute Théodoret, dont le fonds était excellent, n’ent pas plus tôt ent-du cediscours , qu’elle se jeta aux pieds du saint, en lui rendant grâce de son instruction salutaire ; ensuite Le supplia humblement de prier pour elle, et de Jui obtenir la gnérison de sou œil. Le saintanachorète s'en étendit assez long-temps ar humilités enfin. vaincu par ses instances, al onit sa main sut l'ail imalade de nri mère, en faisant le signe de la croix , et à l'instant elle fut guérie. Ma msre tint retournée chez elle , quitta dès-lors tous ses oruemens, et s’habilla avec la simplicité que cet excellent médecin lui avait prescrite. Elle n'avait cependant que vingt-troïis ans accomplis, et je us le prenier enfant qu’elle mit au monde, sept ans après cette guérison.
Quoique la vanité soit nn vice fort commun, ce ne fut point celui d’Alphonse V, roi d’Arason, surnommé le Sage et le Magnanime. Jamais il ne se piqua de montrer de la magnift-
cence en ses habits; et son extérieur assez simple le distinguait peu d’un homme ôrdinaire. Comme on lui représentait qu’il fallait soutenir la majesté royale : « Ce n’est pas la pourpre, répondit -il, niléclat des diamans
qui doit distinguer un roi, mais la sagesse et ia vertu. »
Traits d'humanité de Louis XIV'et de Louis XF,
Louvors, premier ministre de Louis XIV, voulait engager le prince à détruire la ville de Trèves, dont Les enuemis pouvaient faire une place d'armes. Le roi avait repoussé cette proposition cruelle, lors sque Louvois Lim dit ur: jour : « J'ai bin senti, Sire, que le scriüpule est la seule raison qui vous a “empêché de con sentir ne & ue aussi nécessaire À votre seyvice que ‘out Brûlement de Trèves. J'ai donc crurendie un service essentiel à Vatre Majesté eu tue chargeant In ol- même e de tout l’odieux ; et, sans vous en parler» J'ai dépêché un courricr avet l ordre de brûler Lrèves À sonarrivée.» A ces mots, le roi, transporté du colère, se jette sur les pincettes, een aurait chargé Louvois, sans madame de Maintenon, qui se mit entre deux, et les lui arracha des mains. Cependant Louvois gagnait la porte. Dépéchez, lui cria le roi, dépichez tout à l'heure un autre courrier avec un contre-ordre, “S'il n’arrive pas à temps ; si l'on brûle une seule maison, votre tte m en. répondra, Louvois n'avait pas envoyé de courrier; mais il le tenait tout prêt, et il serait parti, si le roi n'avait paru que légèrement fâché, En sorte que la généreuseindignation du monarque préserva une grande ville d’une destruction totale.
Sous le règne de Louis XV, un chimiste dauphinois, nommé Dupré, avait inventé un feu si rapide et si dévoraut, qu’on ne pouvait ni l’éviter ni l’éteindre, L'eau augmentait sex
activit du roi, en fitc taires | qu'un trure ditàI que ce forte 1 dans le jour 1l le brav détrui de l’h
Au Louis coûter jours rol;, P mieux qu'un
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EN ACTION, 349 activité, Sur le canal de Versailles, en présence du roi, et dans lescours de l’Arsenal à Paris, on en fit des expériences qui firent frémir les militaires les plus intrépides. Quaad on fut bien sûe qu'un seul homme avec uu tel art pouvait détruire une flotte on brûler une ville, on défendit à Diüpré de communiquer son secret à qui que ce fût; et sa discrétion fut achetée par une forte récompense. Cependant Louis XV était dans les embarras d'une guerre funeste. Chaque jour 1l faisait des pertes nouvelles ; les Anglais le bravaient jusque dans ses ports; 1l pouvait les détruire; mais ilcraignit d'augmenter les maux de l'humanité; il aima mieux souffrir.
Au siége de Menin, en 1744, on disait à Louis XV , qu’en brusquant une attaque qui coûterait quelques hommes, on serait quatre jours plus tôt dans la ville. « Hé bien, dit le roi, prenez-la quatre jours plus tard; j'aime mieux perdre quatre jours devant une place, qu’un seul de mes snjets. »
Louis XV et le Dauphin sur le champ de bataille de Fontenoy.
Après la victoire remportée par les Français dans les plaines de Fontenoy, le roi voulant inspirer au dauphin l'horreur qu’il avait luimême pour les guerres les plus justes, lui fit parcourir le champ de bataille. Ce jeune prince vit en réalité ce qu’il n’avait jamais vu que dans l'histoire, une vaste plaine abreuvée de sang, des membres épars et séparés de leur tronc, des monceaux de cadavres, des milliers de mourans qui tentaient æminement de s'en
dégager. Quelqnes-uns soulevaient la tête, et rappelaiont un reste de vie pour crier : « Vive le roi et monseigneur le dauphin ! » Ils expiraient dans ce dernier effort. Cet affreux speclacle arracha des larmes au jeune prince. Le roi, qui s’en aperçnt, luidit: « Apprenez, mon fils, combien cette victoire m’est chère ct douloureuse ! » Le dauphin ne répondità son augnste père que par ses sanglots. Alors le roi dit à ceux qui l’entouraîent ces paroles sublimes : « Qu’on ait soin des Français blessés comme de mes en- ‘fans, et'des ennemis comme des Français. »
‘ Beaux sentimens de deux princes mourans.
L'empereur OthonIl, allant en Bavière, fnt saisi de la fièvre, et se fit transporter dens un oratoire de Saint Omar : là, il se confessa , puis reçut le saint Viatique’, et demeura étendu par terre. Les officiers de sa conr voulaient faire sortir tout le monde, excepté sa famille; mais il Jour dit: « Onvrez les portes, et laissez entrer ceux qui voudront. Nous-ne devons rougir à la mort que des mauvaises œuvres. Jésus-Christ, qui ne devait rien à la mort, n’a pas en honte de mourir sur la croix. Que chacun voie dans ma mort ce qu’il doit craindre et éviter dans la sienne. Dien veuille avoir piété de moi, misérable pécheur! » Ayant ainsi parlé, il ferma les yeux, et mourut cn paix. L'Eglise honore sa mémoire le dernier octobre, jour de sa mort.
Belle mort de Charles V, roi de France.
Ce prince, d'une complexion faible, et mou® rantdessuites d’unpoison lentqueluiavaitdonné
leroi les d écha} douc luiqu'or voie pour peupl O sur so l’aut le-Sa et la:
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EN ACTION. 351 leroide Navarre, souffrait depnis plusieurs jours les donleurs les plus cuisantes, et il ne lui échappa point un seul mot d’impatience; la plus douce sérénité brillait sur son visage. 11 console lui-même ses serviteurs éplorés ,. et il ordonne qu'on laisse les portes ouvertes, pour qu’on le voie humilié sous la main du Très-Hant, et pour jouir encore une fois de la vue de son peuple, :
Onluiapporte, par son ordre, deux couronnes sursonlit; l’une est la sainte couronne d’épines, l’autre est celle qui sert au sacre des rois. Charlesle-Sage fait mettre la première devant ses yeux, et la seconde à ses pieds. Il s'adresse à la sainte couronne; clle seule fait sa consolation et son espérance. Puis seretonrnant vers celle des rois : « O couronne de France, s'écria-t-il, que le ministère de justice que tu imposes te rend précieuse; mais quetu es nn fardean redontable!
et qui oserait te placer sur sa tête, si l’on considérait les tourmens, les travaux continnels auxquels tu soumels ceux qui doivent te porter! »
Bieniôt après on apporte les sacremens de l'Eglise, Charles les reçoit avec nne admirable piété. Il se recommande aux prières du clergé qui l'entoure; puis, se faisant tourner le visage vers la multitude, il prie qu’on lni hausse les bras, il joint les mains, et dit :
æ Mes çerviteurs, mes amis} mes sujets, je sais que je vous ai Souvent offensés dans le gouvernement de ce royaume, et que je n'ai point assez reconnn vos services; je vous en demande à tous pardon,» Enfin, après avoir
35a MORALE
bénises enfans, après avoirdonné sa bénédiction à tous les assistans, ce grand roi rend le der nier soupir au milieu des larmes et des sanglots de tous ceux qui l’entourent,
Un moment avant sa mort, Charles V venait de signer un édit de suppression d'impôt, s’occupant jusqu'à son dernier moment du bonheur de son peuple.
Magnanimité chrétienne de Louis XVI.
Cs prince parcourait nn jour plusieurs états où étaientinscrits les noms des familles qu’il secourait dans les divers quartiers de Paris. Parmi ces états il en vitunsur lequel, à côtédu nom de chaque pauvre et d’un court énoncé de ses besoins, étaient inscrits ces mots : Bien pensant! «Quoi donc! dit Le roi, est-ce que tous les pauvres penseraient bien sur cette paroisse?» On lui répondit qu. la personne qui avait dressé le tableau avait présumé qu’il n’était pas dans son intention d’y comprendre des misérables qui couspiraient contre lui : « Et pourquoi pas, reprend Louis XVI, puisque Dieufaitencore luire sur eux son soleil, et que l'Évangile nous crie toujours : Si votre ennemi a faim, donnez-lui à manger P Il faut, ajouta:t-il, que cette liste soit réformée, et que ceux qui nous veulent ou nous font du mal n’en soient pas exclus. »
Traits admirables de Saint-Vincent de Paul.
Tanpis que Vincent de Paul visitait, sans se faire connaître, les forçats qui étaient à Mar seille, il aperçut un de ces malheureux qui se livrait aux transports du plus affreux désespoir,
était ve ducats momer mande —Tul du », € Ce prit sait AS d'un hc testait
Az mençal firent enfans
bouche
liction le dernglots
venait y S'OCu bon-
rs états qu’il se- Parmi 1om de ses bensant!
>s pau-
te soit nous
ÈN ACTION: 353 Vivement ému de son triste sort, il mit tont en œuvre pour en adoucir la rigueur, Mais comme il s’aperçnt qne tousses efforts étaient inutiles, il porta l'héroïsme de la charité, jusqu’à de mander de prendre sa place, et on assure que l'ayant obtenu, :1l porta quelque temps leg chaînes de celui qu'il n'avait pu consoler.
Divers traits concernant Alphonse V, roi d’ Aragon.
Arvnowse fut le héros de son siècle, et ne sons gea qu'à faire des heureux. IL allait volontiers sans suite et à pied dans les rues de sa capitale. Lorsqu’on lui faisait des représentations sur le danger auquel il exposait sa personne: « Un père ,répondait-il, quise promène au milieu de ses enfans, n’a rien à craindre.» Il y a cetrait connu de sa libéralité : Un de ses trésoriers était venu lui apporter une somme de dix mille ducats ; un officier qui se trouvait là dans le moment dit tout bas à quelqu'un : « Je ne demanderais que cette somine pour être heureux, —Tu le seras, dit Alphonse qui l'avait entendu », et lui fit emporter les dix mille ducats. Ce prince ne ons souffrir la danse, et il disait assez plaisamment qu’un fou ne difière d'un homme qui danse, que parte que celui-ci testait moins long-temps dans sa folie.
Arruôwse assiégeait Gaëte. Cette placé Comtmençant à manquer de vivres; les habitans firent obligés d’en faire sortit les fermes, les enfans et es vieillards, qui étdient autant de bouches inutiles, Ces pauvres gens . tronvèremt
réduits à la plus affreuse extrémité : s'ils approchaient de la ville , les assiégés tiraient sur eux; s'ils s’avançaient vers le camp des ennemis, ils y rencontraient le même danger. Dans cette triste situation, ces malheureux implorèrent tantôt la cléinence du roi, tantôt la compassion de leurs compatriotes, pour qu’on ne les laissât pas mourir de faim. Alphonse, à ce spectacle, fut ému de pitié, et défendit à ses soldats de les maltraiter. [Il assembla ensuite son conseil, et demanda à ses principaux officiers leur avis sur la manière dont il fallait agir envers ces infortunés. Tous opinèrent qu'il ne fallait poin: les recevoir, et direut que s'ils périssaient par la faim ou par le feu, on ne pourraiten accuser que les habitans qui les avaient mis hors de la ville, Alphonse fut indigné de cette dureté ; ilprotesta qu’il renoncerait plutôt à prendre Gaëte, que de se résoudre à laisser mourir de faim tant de malheureux : il ajouta qu’une victoire achetée à ce prix-là serait moins digne d’un roi magnanime que d’un barbareet d’untyran.«Je ne suis pas venu, dit-il, pour faire la guerre à des enfans ni à des femmes, mais à des ennemis capables de se défendre. » Là-dessus, il crdonna qu’on reçût dans son camp tous ces misérables, et ent soin de leur faire distribuer des vivres et toutes les choses nécessaires à leur entretien.
Côme D8 Mépics, grand-duc de Toseane, n’était pas trop des amis d’Alphonse : le duc cependant lui faisait quelquefois certains présens. Comme 1l savait que ce prince aimait beaucoup
- l’histoire, il fit tirer de sa bibliothèque un très:
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2N ACTIONI 355
beau Tite-Live, etlelhi envoya. Aussitôt que les médecins de la cour d’Alphonse virent venir 0 livre, ils commencèrent tous dire qu’on se gardât bien de l'ouvrir, de peur qu'il ne fût empoisonné; ajoutant qu'il devait pa Cie teutr pour suspect ce qui vierit de la part d’un ennemi. Alphonse, bien loin de suivre leur avis, fi8 porter le Tite-Live sur sa table, et le feuilleta fort à son aise. S’adressant ensuite à ses médecius, qui avaient toujours leur poison dans l'idéc : a Rassurez-vous, leur dit:il, Dieu veille sur les jours des rois. »
Arenosse n'ignorait pas qu'il se trouvait par mises sujets de certaines personnes qui parlaient mal de ln, et s’efforçaient en secret de le noircir par leurs lâches calomnies, quoïqu'elles eussent reçu de Int plusieurs bienfaits, An het de les en punir, il se conttentait de dire :« C’est Je propre des rois de faire des ingrats; mais ils auront beau faire, ilsne m’empêcheront jamais d’être généreux et bienfaisant. »
La ville de Naples avait résolu de lui ériger rs arc de triomphé, afin de conserver à la postérité Ja mémoire d’un si grand roi, et le souvenir de sesactions héroïques. Déjà la place était marquée, et l’on se disposait à abattre, pour l’agrändir, la maison d’un vieux officier qui avait servi avec distinction pendant toute la guerre d'Italie. Alphonseenayantétéinfornré,défenditabsolument Fa touchât à cette maison. « J'aime mieux,
it-il, re passer d’une masse de pierre et d’urs vain monument, que de souffrir qu’on détrtrise l'asile d’un officier qui m’a toujours bien servi, #
gg 7
356 MORALE APRÈS avoir pris Marseille, on vint Pavertir que les femmes s'étaient presque toutes sauvées PE une église, et y avaient apporté leurs plus riches effets. Alphouse fit entourer l'église par ses pardes , afin d'empêcher qu'aucun soldat ny entrât. Ces femmes voyant autour d’elles tous ces gens armés , se crurent perdues, et s’imaginèr rent aussitôt qu’on allait les livrer à l’ennemi pour les exposer à toute sa fureur, Danscette crainte, elles députèrent au roi, pour lui dire que si on leur permettait de sortir de la ville, sans qu’on leur fît aucune insulte, elles allaient remettrecntre ses mains tout ce qui leur appartenait, et n emporter raient rien en s’en allant. Alphonse ne leur demandait rien ; ainsi il leur permit uou-seulement de se D uéce partout où elles voudraient, mais 1l leur laissa encore ernporter tout leur bagage, et ne se permit même pas de les voir.
Un particulier fort connn à la cour, étânt venu à se brouiller avec un seigneur, en disait pourjant du bien tontes les fois qu’il en parlait ; ce
qui étonnait d'autant plus les gens qui l’écon-
taient, qu ’on savait lesirème inimitié qu'il por tait à cette personne. Alphonse, dont la vue était plus perçante que celle des autres , regarda toutes ee louanges comme tres- -Suspectes. Een loin de s’y fier, il fit venir secrètement tous ceux
de sa cour qui les avaient entendues, pour leur
dire que cethomme-lä tramait à coup stirquelqne trahison contre son ennemi; ; que toute sa douceurapparenten’était qu’une he pour le perdre plus sûrement, [Il ne se trompait pas, etcequ'ik avait prédit ne tarda guère d’arriver.
Six!
iemps son € point eu ju cédé l’accu ‘Crime ensui repro trouv de lui le m
Ur pour son à ser d qu l desse:
il par arrête princ souff ser P du c mais voul moi
À qui | en t
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t l’avertir es sauvées leurs plus église par soldat n° ÿ elles tous ts’imapgià l’enne- Janscette * lui dire la ville, s allaient ur apparn allant.
si 1] leur rtout où
core em-
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ant venu sait pourrlait ; ce : l’éconlié qu’il it la vne regarda es, Bierr ous ceux
our leur
quelque sa doue perdre ce qu'ik
EN ACTION. 357 Six mois après, ce fourbe, croyant qu'il était temps d'exécuter son dessein , accusa leseignenr, son ennemi, d’un crime dont il ne se trouvait point coupable, et commença à le poursuivre eu justice. Alphonse, quis’était attendu à ce procédé injuste, dit alors qu’il vonlait qu’on mit l'accusé hors de cotir, et qu’il fût déchargé du crime qu’on lui avait faussement imputé. IL fit ensuite venir l’accusateur, et lui ayant fait les reproches qu’il méritait, lui ordonna d'aller trouver promptement le criminel prétendu, et de lui faire humblement des excuses devant tout le monde,
Uxagentqu’Alphonse avaità Romelni écrivit pour l'informerque Rilti, quicommandait dans son armée un corps d'infanterie, était prêt à passer dans le parti ennemi avec ses troupes ,après qu'il se serait assuré de quelque place ; que ce dessein n’étant point encore lont-à-fait exécuté, il paraissait nécessaire de le prévenir, en faisant arrêter ce général pour le mettre en prison. Le prince répondit à cette lettre : « J'aime mieux souffrir que mes gens me trahissent, que de passer pour un homme méfiant: que Rilti se tourne du côté des ennemis, s’il vent. Je ne penserai jamaisqu’un homme qui me doittoute sa fortune, voulût se rendre coupable d’une trahison, à moins que je n’en voie la preuve. »
Azrunonse voyageait un jour à cheval; un page qui marchait devant lu le blessa par étourderie, en tirant une branche d'arbre qui vint le frap-
er à l'œil, et dontil sortit du sang. Cetaccideut effraya d’abord tous les seigneurs de sa suite,
qui accoururent aussitôtet l’entourérertt,. Le roi, malgré la douleur qu’il sentait, les rassura , et leur dit ensuite d’un air tranquille : « Ce qui me fait le plus de peine, c’est la peur
et le ch: a or in de ce pauvre page; qui est cause de ma Msn: »
Lorsqu'1r passa devant Capone avec son armée,un certain homme ayant la mine d'un soldat, vint à [ui comme un furieux, arrèta d’aboril son cheval par la bride, et ensuite se mit à Jui dire des injures. Alplionse eut la patience de lPécouter, etattendit qu’il eût déchargé toute sa mauvaise humenr ; 1 continua ensuite son che-
min sans lui répondre un seul mot, msans vouloir méme le regarder.
Pexpanr qu'il faisait le siége de Pouzzol, il venait prendre tous Les soirs l’air sur Le bord de la mer. Un jour, en s’y promenant , il aperçut sur le rivage le cadavre d’un soldat ennemi, que les flots y avaïent jeté. Touché de ce spectacle, il descendit aussitôt de cheval, et fit signe aux gensde sa suite de descendre pareillement, pour venir donner la sépulture à cecorps. Fousse mtrent à creuser la terre pour faire une fosse; Alphonse donnait 1 ’exemple, etiravaillait comme les antres. On couvrit Le mort d’un drap, et on l’ensevelit. Cette cérémonie achevés, le roi posa sur sa fosse me petite croix, qu’il prit la peine de façonner de ses propres Hidins,
Cr prince rencontra un jour sur son chemür mm paysan qui était fort embarrassé, parce qne son àne, chargé de farine , venait de s’enfouçer
dans l va po l'âne , tête, a ment 4 d’Alpl vert font c voir q cetteo!
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força d il ape tie da qui s passi0 seco ui du da laisse tous L point mira!
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dans la boue. Il descend anssitôt de cheval, et va pour le secourir. Arrivé à l’endroit où était l'âne, il se met avec le paysan à le tirer par.la tête, afin de le faire sortir du bourbier. Un moment après qu'on l’eut retiré, les gens dela suite d’Alphonse arrivent et voyant Île roi tont cou vert de boue , ils s’empressent de l’essuyer, et lut font changer d’habits. Le paysan, fortétonrié de voir que c'était le roi qui l’avait si bien servi en cetteopération, commença à lui faire desexcuses et à lui demander pardon. Alphonse le rassura avec bonté, et lui dit que les hommes étaient faits pour s’eutr'aider.
Uxes violente tempête qu'il essnya sur mer le força d’entrerdansuneîle. S'y étant mis à l'abri, il aperçut une de ses galèrs près d’être engloutie dans les flots, avec l'équipage et les troupes qui s’y trouvaient. Ce spectacle excita sa compassion, etsur-le champ il ordonna qu’on allät secourir cesmalheureux. Alors ses gens, rayés du danger, lui représentèrentqu'il valait mieux laisser perdre un vaissean, que d’aller exposer tous les autres à un naufrage. Alphonse n’éconta point cet avis; sans déliberer, il moute sur l’a miral, et part aussitôt pour leur porter un prompt secours. Les autres, voyant que ie rot s’exposait avec tant de résolution, s’animent à cet exemple, et chacun s’empresse de le suivre L'entreprise enfin lui réussit; mais il courut risque de se perdre, tant elle était périllense, Alphonse dit après cette action : «J'aurais pré- 4.6 d’être enseveli dans la mer avec toute ma
flotte, plutôt que de voir périr sous mes yeux
3C0 MORALE des misétables, sans leur prêter là main pow# les secourir. »
Ux militaire, ancien dans le service y ayant obtenu dela cour un gouverne ement considérable, en fut privé quelque temps après par Alphonse, qui jugea à | propos de le donner à un autre. L'officier fut si piqué de cette disgrâce qu'il sortif du royanme, et alla parcourir l'Espagne, la France et ensuite, toute l'Allemagne, se plaignant partout de l'injustice du roi, sans mème épargner les calomnies les plus atroces, qn 1l semait adroïttement dans ces différentes cours pour le rendre plus odieux. Comme il s’aperçut à la fin qu'i. ne tiraït pas grand profit de toutes sesdéclamations, et queles ennemis d’Atphonse, après avoir pris plaisir à? écouter, ne lui don:naïent rien, 1l prit le parti de s’en retourner. Le roi, quelque temps après, sut qu’il s’était réfugié à Florence 3 1l lui fit dire qu’il pouvait rewenir à la cour eu toute sûreté, ajoutant ces paroles remarquables : :« On n’a pas encore oublié vos services passés, mais votre offense est déjà oubliée. » Alphonse ne s’en tint pas à ces sentumens , 1l voulut encore lui payer lesfrais du voyage, et lui fit même présent d’une somine
d'argent considérable
Us soir qn’Al Fe revenait d’urre expédition, marchant à quelque peu de distance de ses trowpes , accompagné d’un seul officier, ilenira dans un village, et descendit au premier gîte at rencontra, Deux soldats, assis au coin du feu, se trouvaient alors en cette maison.
Voyant eutrer le roi, 1ls commencèrent à l’ua-
sulter qu'ils cette
plie,
allaie loin d L'’offid d’une dessus recon geno soleno et vou mesti
Le nne b:
par À perso de cet ressale roi. O et lui tant P les co:
arti.
à ord, il les:
Le:
nitier Fran plière Touc renudr
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e ayané idérable, plionse; re. L'of- 11 sortit agne, la se plai- 1s mème es, qu'il tes cours ’aperçut le toutes tphonse, lu dontourner.
il s'était pouvait tant ces:
‘encore fense est as à ces frais du Sommaire
expédie de ses ilenira ler gite Hi COITÉ naison,
Cu l'a
À FLN
EN ACTION. 36t
sulter sans le reconnaître, et lui dirent même qu'ils ne souffriraient. point qu'il logeât dans cette auberge; qu’elle était déjà assez remplie, et que s'il ne se retirait promptement, ils allaient lui jeter des tisons à la tête, Alphonse, loin de sefâcher de ces injures, n’en fit que rire. L'officier qui était avec lui, allait leur répondre d’une autre façon , s’ilne l’en eût empêché. Làdessus ses gardes arrivèrent, et aussitôt il fut reconnu. Ces soldats effrayés se jetèrent à ses genoux , et lui demandèrent pardon de leur insolence. Alphonse les fit relever avec douceur, et voulut qu’on les retînt à souper avec les domestiques de sa suite.
Le général des ennemis ayant été pris dans nne bataille, et son armée entièrement défaite par Alphonse, qui commandait ses troupes en personne, on se saisit d’abordde tous les papiers de cet officier ; 1l s’y trouva des lettres qui intéressaient le royaume, et même la personne du roi. On vint aussitôt en donner avis à Alphonse, et lui dire qu’il était très-important qu'illes Iût, tant pour sa propre sûreté que ponr découvrir les complices que cet officier avait dans son parti. Le roi demanda alors à voir ces lettres, et ordonna qu’on lui apportât tous ces papiers; il Les prit et les mit au feu sans vouloir les lire.
Les Milanais se voyant opprimés par les Vénitiens, et en même temps par Les troupes de François Sforce , qui leur faisait la guerre, sup- Plièrent instamment Alphonse de Îles secourir. Touché de leur triste situation, le roi crnt qu’il rendrait aux Milanais nn meilleur office em
détournant le duc de Gonzague, leur ennemi, de tomber sur leurs terres, qu’en leur accordant le secours qu'ils demandaient. Pour cet effet , 1l s’engagea de faire compter au duc la somme de trente mille écus d’or. Là-dessus le ministre qu’il avait chargé de cetteaflaire, lui écrivit que Charles, frère du duc, venait de s’emparer de Crême et du Lodozan sur les Milanais, et s’était joint ensuite à Sforce ; que cette raison l’avait engagé à différer de pue à Gonzaguela somme convenue, puisqu'il y avait toute apparence . qu’il entrerait dans les vues de son frère, et se rangerait de son parti depuis cette expédition. 11 ajoutait enfin que dans le doute, il valait mieux ne pas risquer cette somme , que de s’ex- ‘poser à gratifierun ennemi. Alphonse luirépondit : « J'aime mieux tenir ma parole que mon argent; ainsi, comptez au duc la somme que
vous lui avez promise de ma part, et ne croyez pas légèrement qu’un homme d'honneur, tel qu’il est, soit capable d’une action si indigne et si lâche. »
Traits admirables de Blanche de Castille, mère de Saint-Louis.
Carre pieuse reine alla: ‘a son filsavecun soin et unetendresse qu’elle porta jusqu’à la jalousie, ne voulant pas que le petit prince fût nourri d’un autre lait que du sien. Elle fut attaquée de maladie, et dans l’accès de sa fièvre qui dura long-temps, une dame de la cour quiimitait sa conduite, et nourrissait son fils, donna sa mamelle à Louis qui la prit avidement. Blanche,
l'ame
inspi
ces be « J’a:
trône mort lesin prit d mais 1l éta voirs pieux fusse:
La l'édu des h bles :
que que t finir granc
emi, de dant le effet , 11 nme de ninistre vit que arer de t s'était l'avait somme parence e, et se édition.
1 valait de s’exiréponne mon me que > croyez ur, tel indigne
2, mère
un soin alousie,
t nourri
aquée de jui dura mitait sa A SA ma- Blanche,
à la sortie de son accèx, demanda le prince, présenta la sienne. Surprise « qu’il la refust, elle en soupçonnaila cause, et dernanda si l’on avait donné à téter à san fils. Celle qui lui avait rendu ce etitoffice, s'étantnommée, Blanche, au lieu dela remerçier , la regarda avec dédain, mit le doigt dans la bouche du petit prince, et lux fit rejeter le lait qu'il avait pris. Comme ci achon étonnait ceux qui la virent : « Eh quoi ! leur dit-elle pour 9 justifer, prétendez-vous que je souffre qu’on m'ôte le titre de mère, que je tiens de Dieu et de la nature ? »
Dès l'enfance, la reine Blanche s'attacha à inspirer au jeune prince le goût de la piété et
‘ l’amour de la vertu. Plusieurs fois elle lui : épétait
ces belles paroles si dignes d’une mère chrétienne: « J'aimerais mieux, mon fils. vousvoir privi du trône et de la vie, que sonillé -d’aucun péché mortel.» Le jeune Louis prenait plaisir à écouter lesinstructionsde sa mère et cefuta:usi qu'ilapprit d’elle à régnernon-seulemerit en grandroi, mais en chrétien. Dans un âge encore tendre, il était aussi sérieux et aussi appliqué à ses devoirs, que s’il n’eût point eu de passions ; aussi pieux etaussi vertueux que sila piété et Ja vertu fussent nées avec lui.
La reine Blanche ne pouvant suffire senle à
l'éducation du jeune prince, mit auprès de lui de hommes consommés en sagesse, et insensibles à l'ambition. Louis, formé par des mains que la sagesse conduisait, apprit debonne heure que tout est ge dans le christianisme, et 1nfiniment au-dessus de ce que le monde appelle grand.
Conduite glorieuse du maréchal de Brissac, et
| de son épouse: : 1»
M. pe Bnissac, après avoir fait dix ans la guerre én Italie , en revint pauvre et dénué de tout, ayant vendu jusqu’à sa vaisselle et ses
meubles pour payer ses dettes, I était accompa-,
gné d’une fonle de marchands de Turin, qui venaient solliciter à la cour le paiement de ce
qu'ils avaient fourni à l’armée. On ne se préssa pas de les satisfaire; et ces malheureux , loin
de recevoir ce qui leur était dû , se consumaient en frais à Paris. M. de Brissac, outré de la néghgence de la cour, et touché de l’état de ces pauvres gens, résolut de sacrifier ce qui lui restait de biens pour les dédommager èn partie.
Madame la maréchale de Brissac émit arrivée depuis quelques jours avec vingt mille écns qu’elle avait amassés pour la dot de sa fille, M. de Brissac fit venir les marchands, et les présenta à sa femme : « Madame , lui dit-il, voilà des gens qui ont sacrifié leur for'une sur mes promesses : la cour ne les veut point payer, remettons à un autre temps le mariage de mademoisell: de Brissac, et donnons à ces malheureux l'argent destiné pour sa dot.» La maréchale y consentit volontiers; et par le secours de quelque emprunt, M. de Brissac ramassa cent mille francs, ce qui faisait la moitié de la somme due aux marchands, à qui il donna des. sûretés pour le reste.
M. de Brissac ne borna point là sa générosité
et sa compassion pour les malheureux. Après “
une longue guerre, on avait réformé une grande partie des soldats. Ces misérables n’a yant point
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d'asile, se virent réduits à devenir brigands, ou à mourir de faim. La plupart vinrent au maréchal de Brissac, pour demander si au moins on ne leur indiquerait pas oùilsauraient du pain : « Chez moi, répondit M. de Brissac, tant qu'il y en aura. »
Délicatesse d’un seigneur espagnol.
‘Uxseigneur'espagnol fut prié par l’empereur Charles V de céder son palais, le plus beau de Madrid, au connétable de Bourbon. Chaïles, voyant qu’il résistait, Lui dit qu’il devait regarder comme un honneur de loger nn aussi grand capitaine. L'Éspagnolréponditqu’onne pouvait méconnaître ces qualités dans le prince ; mais qu’elles étaient aussi effacées par sa trahison envers la France, sa patrie : « Je le recevrai chez moi par obéissance, ajouta-t-il; mais j: supplie votre majesté de me permettre de brûler ma maison aussitôt que le duc en sera sorti, ne pouvant me résoudre à occuper dans la suite la demeure d’un traître. » :
Bon mot de Fontenelle,
L’assé Réowrer, secrétaire de l’Académie française, y faisait un jour, dans son chapeau, la collecte d’une pistole que chaque membre devait fournir pour une dépense commune.
Cet abbé ne s'étant pas aperçu que le président Rose, homime fort avare, eût mis dans le cha-
veau, ‘il 18 lui préserita une seconde fois. Ce- Eie assura qu’il avait donné. « Je le crois, dit abbé Réprrier, mâis je he l'ai pas vu. — Et moi, ajouta Fontenelle, qui était à côté, je lai vu, mais je ne le crois pas. »
Belles paroles de François Lex, — ‘'ruits de générosité, d’affabilité.
Lr palais d'un roi, disait ce prince, doitêtre ouvert à tous ses sujets : ils sont sesenfans. Etant les images de la Divinité , nous sommes obligés d'écouter, en tout temps et en tout lieu, hi prières qu’on nous fait, et d’y avoir égard si elles sont justes.
François sut qu’un de ses ofliciers se plaignaitque sa majesté, qui accablait de biens tant de gens fort riches, et qui eussent pu se passer de sa libéralité, le laissait à l'écart, lui qui avait besoin de tont. Il le fit venir devant lui : « Je sais, lui dit-il, que vous. vous plaignez de moi. Tenez, voici deux bourses égales ; l’une est pleine d'or, il n’y a que du plomb dans l’autre; choisissez : nous verrons si ce n’est pas plutôt à la fortune qu’à moi que vous devez vous en prendre. » L’officier choisit, et prit malheureusement la bourse remplie de plomb. «Eh bien ! lui dit le roi, à qui tient que vons ne vous enrichissiez ?» IL joignit à cette réflexion, qui pu en produire bien d’autres, le don des deux
ourses.
François Ier. s'étant égaré à la chasse, entra, vers les neuf heures du sœur, dans la cabane d’un charbonnier. Le maître en étant absent, il ne trouva que la femme accroupie auprès du feu.
C'était en hiver, etil avait plu. Il demanda une retraite pour la auifeh à souper, L'une et l’autre Ini furent accordés ; mais à l'égard du souper, il fallut attendre le retour du mari; En attendant,
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EN ACTION. 367 le roi se chauffa assis sur une mauvaise chaise, qui était l’unique de la maison. Vers les dix heures arrive le charbonnier, las deson travail, fort affamé et pénétré de pluie. Le compliment d'entrée ne fut pas long. L’épouse exposa la chose au mari, qui ratifia la promesse du lit et
du souper, À peine eut il salué son | *coué son chapeau tout mouillé, que pr: place la
pe commode et le siége que le :: occupait, il ui dit : « Monsieur , je prends cette place, parce Es c’est celle où je me mets toujours ; et cette chaise, parce qu’elle est à moi: or, et par droit et par raison, chacun est maitre dans sa maison. » François Ier. applaudit au proverbe rimé. Il se plaça ailleurs sur une sellette de bois. On soupa, on parla des affaires du temps, de la misère, des impôts. Le charbonnier eût voulu un royaume sans subsides. Le roi eut de la peine à lui faire entendre raison, « À la bonne De donc, dit le charbonnier ; mais cette grande sévérité pour la chasse, l’approuvez-vous aussi ? Je vous crois honnête homme, et je pense que vous ne me perdrez pas. J’ai là un morceau de sanglier qui en vaut bien un autre ; mangeonsle ; mais surtout bouche close. » François promit, mangea avec appétit, se coucha sur des feuilles et dormit bien. Le lendemain il se fit connaître, paya son hôte, et luipermitla chasse.
Dispute entre un voyageur espagnol et un Indien.
Ur voyageurespagnol avait rencontré un Indien au milieu d’un désert. Ils étaient tous deux à cheval. L’Espagnol, qui craignait que le sien