PRÉLIMINAIRES
De toutes les connaissances, il n’en est point certaiK nement qui demande de nous plus d’attention et de soin, que celle qui regarde les moeurs; et il n’en est point dont souvent on s’instruise avec plus d’iudilFerence. Il semble que plus elles sont necessaires, moins on ait d'intérêt de les approfondir; la chose ne parai tiait pas meme vraisemblable, si une triste expérience ne la mettait tous lc5 jours sous les yeux. La nécessité d apprendre dans certains cas lesrègles les plus difficiles des sciences et des arts, ne produit point de tels exemples dans le monde; et c’est dans la religion seuJe qu’on !es trouve.
Les jours de l’homme, quelque longs qu’ils soient, dit un célèbre théologien, ne suffisent pas pour faire un excellent peintre, un bon architecte, un parfait [ hilosophe; mais ces mêmes jours , quelque courts qu ils soient, suffisent pour faire un vrai chrétien.
Nous ne sommes pas au monde pour amasser des richesses, pour mener une vie de plaisir; nous n’y sommes pas aussi pour remplir notre esprit de sciences cuiieuses, pour faire des vers, pour tracer des lignes, etc. Notre principale vocation est de travailler à nous rendre dignes de l’héritage céleste par une vie* vraiment chrétienne
REFLEXIONS PRELK.Il lNAIRES.
Quel usage plus utile pourrait-on faire de scs lumières et de ses talens, que de les employer à perfectionner la partie de l’éducation qui concerne les mœurs ? C’est à quoi tendent mes faibles efforts dans les circonstances présentes. 11 est nécessaire, dans toutes les conditions, de connaître à fond ce qui règle nos mœurs, et ce qui nous sert de boussole au milieu des révolutions et des écueils de la vie. La morale, dit un paj>e d1ieureuse mémoire, comme la base de la probité du cl.ristianisrae, est toujours d’usage; au lieu que les autres sciences ne peuvent servir que dans certains temps. Dieu a mis entre notre esprit, notre cœur, notre àme, nos passions, nos sens, une telle connexion , que toul ce qui est en nous doit concourir à nous mettre bien avec nous-mêmes et avec le proclialn.
La morale est une science qui a des ramilications si étendues, et en si grand nomhre, que les empires, les cours, les villes, les sociélés, les familles ne se soutiennent que par son heureuse influence, et par la verlu qu elle a de nous montrer de la manière la plus claire, et la plus précise, ce que nous devons à Dieu, à nousmêmes et aux autres. La même main qui traça rimage de sa toute-puissance dans les deux en caractères de (eu,grava dans nos âmes nos principaux devoirs.Notre cœur est une table de décalogue, que rien n’a pu briser, mais que nos passions effaceraient, si le cri de la conscience ne nous reprochait nos écarts.
L ouvrage que nons offrons au public^ a un rappoit
R E F L E X T OlY lïlt Ll itî ÎIS M R ES*
ilircct avec les mœurs, par les grands exemples dunt il îsL rempli, et par les réflexions qu'on y a semées* Réii* uissaol Vutilc à ^agréable; il doit plaire, surlouL à la classe de lecteurs que nous avons en vue. C est un fait, que la plupart des livres d histoire ennuient les enfants. Nos recueils de poésies leur nuisenl, parce qu'ils sont faits par des gens peu difficiles ou peu scr tipuleux. Nos hdiulistes même ne rospectsnt pas asser ceux à qui les fables s'adressent principalemcni. Il y a dans la plupart de leurs recueils des contes trop libres, des fables indécentes, et quclqucfais des ornemens typograpliiques pires que tout cela* Il est cependant de la p!us grande importance pour les mœurs et pour le goût, de n'offrir aux jeunes gens que des ouvrages très-épurés et bien écrits. Le premier mauvais qu'ils lisent les dégoûlt ordinairement de tous les bons.
Les gens instruits s’apercevront aisément que nos meilleurs écrivains Font enrichi. Il est à désirer qui messieurs les professeurs radoptent, surtout dans 1er ]/autes classes, et le fassent lue jeurnellement. Les enfants exercés à rendre compte de vive voix et sur-lechamp, de tel ou tel morceau, contracîeronl rhahiiude de parler purement, et graveront dons leur mémoire des traits de bienfaisance, d'humanité et de générosité, etc*, qui éleveront leurs âmes aux verfus nobles CL touchantes.
Heureux les enfants dont les instituteurs sages at vigilants travaillent, de concert avî^c de^ p^renî^’ atteri-
Ô RÉFLExiOi'i> Pnf:t,i..rit<Aihcs.
tifs et du étions, ù perreclionner leur amc, et à ointJi a'ur esprit par la culture! Mais en vain donnera-t-oa aux enfants des leçons de vertu et de probité; en vam se fera-t-on honneur de leur débiter les maximes les. plus héroïques de la sagesse, si les parents et les mat très, en les démentant eux-mêmes par des mœurs op* posées, afTaibliscent limpression qu’elles auraient pu faire. Loin de leur inspirer des sentiments de vertu pai CCS impressions coniredites par l’exemple, on les accoutume à penser de bonne heure que la vertu u’esi qu un nom, que les maximes quon leur en débite, ns sont qu’un langage qui a passé du père aux enfants, mais que 1 usage a toujours contredit, et que ceux qui en ont paru dans tous les temps les plus zélés dérenseurs, ont toujours été au fond semblables au reste des hommes.
Ün enfant élevé avec les précautions que nous désirons, cherchera bientôt, par uu" ru'ble émulation, h égaler les modèles que nous lui jiré.sentons, il sentira combien la vertu est aimable, fera le bien sans faste, e* trouvera son bonheur le plus pur dans le bonheur d au Irui. Scs heureux penchants à 'honnêteté seront ])cuL être le fruit de ses premières lectures et des réflexion qu’un maître zélé lui aura fait faire, et les vertus de se vie découleront de ses premières habitudes. Aùolescens juxtà viain suain, etiain cùtn senuerit^ non al
ed. (Prov. aa, 6.)