V. De la il s cnsiiî! ([ue je dois sacrifier ma vie pour
le servirc du prince et de la patrie, je dois la conscr- VCT pour imi c:t pour Tautre. Or, que lïsfruc un homnic qui donne un défi, ou qui accepte un combat singulier ? de perdre de sa propre autoi ité uim vie([ui j
ne lin appartient pas, une vie qu il doit A son Dica> '
iid
ÿSÊaÊsm
fantôme aiiorineur, son prétendu cournye u'ayant pour fmclement que l’ambition et la gloire des iiommes.
\l Qu est ce donc qu’un vrai brave? Cest celui qui, peu sensible à ses intérêls particuliei's, se met audessus des injures qidon prétend lui faire, so renoce sur le témoignage de sa conscience, et se seul touiours prêt à tout entreprendre pour son dnvoii', pour sa patne. Combien sont rnéprisabies les discours d’un jeune mcoii.-ndéré qui croira passer pour un Ijomnic de cœur dès r|n [i ^uva mis deux ou li'ois fois Tépée a Li main!... N oubliez jamais que le vrai point d'bonucur consiste ü servir scs chefs et la patrie; que c'csldesservil les interets de la chose publique que de liasardèr par son ressentiment particulier, une vie qui est a J gouvernement et à nos concitoyens : donner un défi oii laecepcr, c’est donc vraiment se désboTiorcr. puisque cest manquer à es que l'on dcil à sa patrie, ù
son Dieu.
V if. Cliez les Grecs et les Komai
de vertu avec leurs conci Vdlf. II ne faiu clierd.
icr à faire preuve de sa lua-
. L A M flR A r-f- K''’
voiire que pour les iutmHs de lV'L;il. ■^.n.lcr ‘-.od courage pour les occasions où il s'ajjira de servir sou pa\s. La raison ne dit-ellc pas qu’il esl d.- la sagesse et du Lon ordre que chaque citoyen, nièuio olVcusd, ne jouisse pas du droit de venger lui-ra»}mc scs injures particulières? Que deviendrai! la société civile, si Ica particuliers cia lent en droit de se faire justice a euxmêmes? Quelle étrange confusion! tl n’y aurait plus raème de société, puisque les hommes sc déchlrcraieot plus cruellement que les bèlrs. Qui peut donc reprder comme une action d'honneur, et comme le foudemenl du vrai mérite, un protedé peur lequel un particulier poursuit la vengeance d’une uqnre, et la poursuit par fa vole la jdiis passionnée;
IX. Le duel est le jdus horrihle de tous les crimes; d porte le caractère de malice qui lui est propre; cest causer tout à la fuis et la perte de la vie et celle du salut, circonstances qui ne »c rencontrcnl dans aucun autre crime, ou ([u’il n’a de r.onnnnn qu’avec le fuiride. Il n’y a point d’cspérancc de salut pour celui qui est résolu de se halLrc en duel, et qui succoiiihe, puis* qu’il a dessein de tuer, au risrpie d'*trc tué liii-mème • quelquefois Tua et l'aulre arrivent, il tue et il esl tué; il se damne en se faisant tuer, il damne en même temps celui qu’il tue. Toutes les créatures prononcent aui vindicatifs l’arrêt de leur condamnation, écrit comme an autant de caractères qu’il y a de rayons de soleil, gouttes de pluie, de grains de blé et d autres biens na furels dont Dieu donne lusage à ses ennemis. H n} ^ point de termes capables d'exprimer l’emportement, * ù rcur, le désespoir d’un duelliste, qui va se jeter dans la '(i)i,*on étemelle , on par l'engagement d’un f^*^* ■'yn-îï-??:'*, ou par une sotte vanité, ou eu suivant 1^
torrent d'une coutume diabolique, et le cœur tout eiiflamnié du désir et du dernier effort de la vengeance' aussi la loi veut-cl le non-seulement que l'on punisse du dernier supplice celui qui dans un combat siugiilier survit à son ennemi, mais encore qn'on fasse le procès à la mémoire de celui qui est tué eu du I, comme oo lé fait aux coupables de lèse-majeslé après leur mort.
X. Autre raison qui fait du duel l'un des plies grands crimes, cest qu tl renlbruie I homicide de soi-inémo- Om, un homme qui va se battre eu duel, est résolu de mourir, plutôt que de ne pas tirer raison dun prétendu affront reçu ; or, cette résolu tien est un suicide; car, selon la disposition du droit et de toutes les lois' se faire !"er ou se tuer soi -même c’est la même cliosc* tout comme de donner ordre de tuer quelqu'un, est le même cr.me que si on lui doiinail la mort. De li vient que, selon l'Ecrîture, Hérode, qui envoya des soldats pour couper la lète à Jean-Baptiste, est accusé de lui avoir donné la mort . Occidii Joannern BapUstani. Or, le suicide est l'un des plus horribles crimes dont I bomme soit capable, parce'qu’il est l’effet de la plus eifi-éiiée de toule.s les passions du désespoir. Que Sera donc le duel aux yeux de Dii'u?
XL Des-lors qu’un liomtnc fut un appel à un autre ou qu il 1 accepte, il est excoiaiiiunié par l’église, qui ' dès le neuvième siècle, dans le troisième concile de Valence, en Dauphiné, cliassa de son sein tous ceux qui se battaient en due!', elle dc'clare même qu’on traïicrait ceux qui y seraient tués, comme homicides deux-mémcs, en. défendant de faire aiuamc prière pour eux, et d’accorder' i leurs corps la scpultme chrétienne. Cinq souverains jftmiifes ont coiilînué le canon de ce concile, et le décret de celui île Trente
syf) L\ MOllALE EN A CT I O N.
cjui condamne les duellistes aux nieiues peines, hnfi:!, rassemblée générale du cierge de b rance, tenue en iG54) mandeineiit exprès contre ceux •fui font
ou acceptent un défi, ou r|iu y provo'[U('nt, ou ( ii sont tes témoins volontaires; tous les é\é'|ues de rrnnce se réservent labsolution de rexcominui.ication portée par ce mandement. Quant aux lois civiles, on sait quelle est la rigueur de Tédit de Louis XIV.
Xll. Depuis cpiand, [>oiir bien faire son devoir à la guerre, faudra-t-il avoir perdu tout scurimcnt de religion? Croyez-en h la voix de la raison et de la religion; dans quelque prufossion que Ton soit, une conscience timorée sied bien; quoitpie le lil)erLlMago reçoive quelquefois des applaudissements criminels, au Ibiid il fait horreur. Cest une chose avérée, (jue 1 f-tal n’a pas ée meilleurs soldats que ceux qui ont un fonds de piete, et qui remplis.^^ent le devoir de leur profession par principe de religion. Les légions toutes composées de clirétieiis ne furent-elles pas les meilleures troupes des empereurs ])aïens? Uien ne donne taTit de fidélité et de valeur , que de piété.
Mais quel est le meilleur mojTU de ne se trouver presque jamais exposé à l occasion de se battre en duel? C’est de commencer par faire preuve' de bravoure pour le Sialut de sa patrie, dès que focciLsion s’en présentera; c’est d'être doux, poli, affable envers tout le monde; c’est surtout d éviter les mauvaises compagnies. Quels sont ceux à qui ces sortes d’aventures sont fréquentes:- C’est à ce jeune officier sans mœurs et sans conduite, qu’une perte faite au jeu, qu’une passion honteuse, Livaverséc, emporte bien vite hors des bornes de la raison ; c’est surtout à c% soldat mal élevé, emporté, brutal^ que le vin aura rendu furieux, et qui se croit
LA MOAaLÊ E?% ACTïO>\ 2"
déshonoré^ s’il ii expose sa vie pour se vciiijcr il une p irolü hlchée souvent sans dessein de 1 ofîrnstT,
XIII. Oo ne saurait y penser trop scrleuserncnt : les motifs les plus piiissaiits doivent faire saciifier tout a la ^düircde Dieu et au salut de son âme^ emploi, fortune, prétendu Itonneiir. Que servirait, dit Jesus- Ciirisl,de ga^^ner le monde entier, j ajoute de passer pour un César,si roii venait à perdre son ame? On doit, après avoir éié sur la terre uï) fidèle serviteur de Son Dieu et de son pays, pouvoir un jour présenter son épee teinte du sang des euneinls mais ])nre de celui de ses concitoyens, comme une preuve de la fidé- Idé a hujuelle une couronne immortclL est réservée,
]yn> 5 rs traits patriotiques.
J iCQrEsCüKiïi, natif de lîourgc»:, était un ncliené' godant sous le rogne de Cl laries A II : ce u est pas là son ni jri te ; mais il sut fi.iu de scs ricliesses nii usage digne d im excellent citoyen, vodà sa gloire. Son sou* vcraln manquait d argent pour reconquérir la Norniaridie, occupée jïar les Anglais. Jacques Cœur lui en Iburnil avec une générosité qn'on ne saurait trop louer. Du fond de son compïeir , il coiitribuail autant à recouvrer cetie belle province, que les généraux qui la souiiictlaient les armes k la main : ils prodiguaient leur sang; souvent le tlenuer de ces sacrifices ifesl pas celui qui coùLe le plus.
Ce zèle d uu citoyen pour son roi , nous Favoris vu renouveler de nos jours d’une manière bien glorieuse pour noire siècle. Kotre luariuc n'était presque plus; de fiers rivaux insuliaimit k uutre liumiliatiori ; ils oi^ bliainit que le meilleiir des rois s’étail arreté au milieu rie ses eonquêtes el de ses victoires, pour leur donner
2j8 h a MonAf. e ev ,\ctiox.
la parx; ils nous proposaient des conditions liontcuses*
En tout temps ^ Tamour des Français fnt pour le prince un fonds de richesses inépuisable : une ni a ri r je nouvelle a paru tout à coup sur les flots; les proviîiceSj les villes ont construit des vaisseaux, les particuliers sc sont réunis pour le même dessein ; les femmes mênics surpassant ces daines romaines dont otj notis vante si fort le zèle pour la pairie, on* sarrilîé les oriiemeuts de leur parure pour procurer d'uülfis secours a VéidL
N'avait-il pas bien raison, notre Iton roi H^nri IV^^ de répondre à ce duc de Savt>ie, rpii lui demandail combien lui rendait U Franre : Elle me rend tout ce que je veux , car je possède le coeur de mes sujets!
Dans La Fontaine, il y a une jolie fable, à Inqiif^Üg ces beaux mots servent de sons moral : Plus fuu doif ceur (jue molence*
La conduite que le maréchal deVillars tint, au coni" meucement de ce siècle, i legard des révoltés des VAfènes, fut une nouvelle preuve de cette vérité : il tut nommé pour remplacer le maréchal de Montrevcl, qui, fl'écoutant que la sévérité, n avait réussi qu*à in lier encore davantage les Cambards,cn cherchant à les effrayer par des supplices, Villars prit une roule oppnnée, et le succès couronna ses démarches; en assez peu de temps, la plupart des chefs rebelle^ s étaient sou» mis, ou avaient été arrêtés.
Il ne leur en restait plus qu'un, dont on avait été obligé de mettre la tête à prix* Il se tenait caché daris les iiwintagnes; mais, réfléchissant enfin que tôt ou tard il serait pris, et porterait la peine de sa révoile; touché d'ailleurs de la générosité et des vertus fk M, de Villars, il se rendit secrètement auprès de sa p«r 5 ontie, et lui n'étiiE pas vrai qu il eùl
r.A JIOllALE E^' ACTtO.N. 2^^
{)rr)iiils mille écus à celuj (jui le livrerait ujoi l ou vif.
Oui,dit le inarédial, qui ne le cotiuaissait que de nom. Kli Ijien! re|jrit'il en sc jetant à scs genoux, j aurais di oit à cette récompense, si mes crimes ne m’en reiulaieiil indigrief je vous apporte moi-même cette tête proscrlle, disposez-en comme hon vous scmhlera.
M. de Vall.'us fat surpris de 1 action du Comlsard, et, charmé de la confiance qu'il lui témoignait,il Icre- Icva, lui fit compler les mille écus, lui expédia une amnistie générale pour lui et qiiatrevvîngls personnes de sa suilL’. Ce trait fut rapporté dans les moalagiies où s’étaient réfugiés les rehellesi la générosité de M.de V illius fit sur eux l'iinpression la plus vive; ils quittèrent les armes, et à un très-petit uomlire près, tout rentra dans le devoir.
Ile LU i IV , ce roi dont toutes les paroles peignaient la hu.lié de l'âme , avait tien raison de dire : « On prend plus de mouches avec une cuillerée de miel quavec vingt tonneaux de vinaigre. «
La prise de INamur, en iSya, est iin des plus beaux és'énements militaires du siècle passé. Louis-Ie-Oivuid, à la tête de 4o,oo(z Français, ayant avec lui le giand CoriJé et Vauban, dirigeait en personne les opérations du siège, tandis que Lnxenîljcurg arrêtait ce fameux prince d Orange, le plus rusé et le plu,® malheureux des généraux de sou temps. La ville et le château furent emportés en moins d’un mois; nos troupes y firent des prodiges de valeur.
A l’attaque d un ouvrage avancé, un grenadier à cheval, surnommé ayant vu tuer le Ueute
nanl de sa compagnie, résolut de venger sa mort; cet officier s’appelait Ro^ueresi; c’était 8n de ces hommes qui, loin de laisser afiaiblir leur religion dans le tu-
SiSo T-A MOUALE EN ACTION.
umllc des armes , savent y porter la dévollon la ferveur; il avait communié^la veille,et son corps fut trouvé revêtu dun cilice; on n’cii est que plus intrépide, lorsqu'au zèle pour son roi Ton joint TaniOUi pour sou Dieu. Sans-Raison , qui y c^relUiit ce brave homme , devint un héros pour le venger ; parmi les v.( times qu’il lui immola, se trouvait un capitaine espagnol, fils du comte de Lemos, grand d’h^spagne. Les ennemis firent demander son corps ; il leur lut rendu; le grenadier rendit aussi trente-cinq pistolcs quij avait trouvées sur le mort, en disant : :( Tenez, voilà son argent dont je ne veux jioint ; les gi'cnadicrs ne mettent la main sur les gens que pour les tuer. »
Tout le monde sait les horreurs qui se ccmmirenl à la funeste journée de la Saint-lîarthélcmi ; mais ce que tout le monde ne sait pas, c'est que le vicomte d’Orse, gouverneur de Bayonne, eut le courage de désobéir à son maître, et la force de lui écrire qucdaiE* toute sa garnison il n’avait trouvé que de braves sof dais, et pas un bourreau-
M. de Saint-llercm, en Auvergne, cl le marécliaJ de Matignon , dans La liasse-Normandie, y arrêtèrent les torrents de sang qui étaient jirêts à couler.
L évêque de Lisitiux , Jean Ilcnnuier , sc comporta en digne ministre du Dieu de la clémence et de la paix. Ce prélat, distingué par sa science , par sa douceur, et surtout par son amour pour ses scmblalilcs, fut informe des ordres expédiés aux gouverneurs des diifércntes places de son diocèse; son zèle s'alluma ; il ne balança pas à s’opposer à une pareille commission, et il menaça de faire avertir les protestants, si l’on s obstinait à vouloir passer o^tre.
Les officiers du roi demandèrent acte de l’opposf
lion qu il niellait aux ordres qu’ils avaient reçus ; il le leur donna sans hésiter, et sans se mettre en peine de ce que la cour pourrait en dire. Quand on remplit le premier des devoirs^ il n’est point de considération humainc-qui doive alarmer. Cette conduite fut utile a l’état.Le fer et le feu employés contre les protestants ne servirent quà irriter ceux qui leur échappèrent, et à en faire des citoyens dangereux. L’humanité de 1 évéque de Lisieux charma ceux qu’il avait sauvés , et ['lusicurs devinrent de fervents catholiques.
A celte journée déplorable , l’opprolire de nos annales, taudis que les premiers hommes de 1 état om !)liaicnt, au milieu de Paris, ce qu’ils devaient ^ l’huîuanité,il est consolant poiu ceux qui ne sont pas grands , de voir un liomme du peuple , par un seiitlniciit de ])iété , sauver la vie à un des enfants du duc Je la Force. Ce seigneur , avec l’aîné de scs fils ^ ve riait de tomber sous le ^ar des meurtriers; le plus jeune, couvert de sang , mais qui, par un miracle éclatant, n’avait reçu aucun coup, eut la prudence de crier aussi; Je suis mort! 11 se laissa tomL'cr entre son père et son frère , dont il reçut les derniers soupirs. ^
Les meurtriers, les croyant tous morts, s’en allèrent en disant : Les voilà bien tous trois. Quelques mai> heureux vinrent ensuite dépouiller les corps. Il restait un bas de toile au jeune de la Force : un marqueur du jf.’u de paume du Verdelet voulut avoir ce bas; eu le tirant, il s’amusa à considérer le corps de ce jeune enfant : ce Hélas, dit-il, c'est bien dommmage! celui-ci n’est qu’un enfa.nt : que pouvait-il avoir fait? w Ces paroles de compassion obligèrent le petit la Force à lever dcLiccinent la tête, et à lui dire tout bas : — Je ne suis pas encore mort. — Ce pauvre homme lui répondit :
LA MOUAT^E ex ACTIOX.
— Ne bougez ps, mon enfant; a^ ez patience. Sur le Noir, il le vint chercher ; il lui dit : — Levez-vous, ils ' ny sont plus, et lui mit sur les épaules un méchant manteau. Connue il le conduisait, cpielqu’undes bourreaux lui demanda : — Qui est ce jeune gar(;on? — (Vest mon neveu, lui dit-il, qui s’est enivré; vous voyez comme il s’est accommode; je m’eu vais bien lui donner le fouet. Enfin le pauvre mar[ueur le mena chez lui, doii le jeune la bbree se fit ronduirc, déguisé en gueux, jus(}uà l’Arsenal, ciiez le maréchal de Biron, son parent, grand-maître de 1 artillerie.
qu’il y eut de plus indigne à cette journée de Saiiit-Bai’lhélemi, c’est que, sous prétexte de servir la vengeance de létal, plusiems no cherchaient efleciivcment qu’à venger leur injure parlicuüèie ; mais si la mauvaise conduite des uns dccrie un nouveau prix aux b'ellcs actions des autres, en voici une qu’on ne saurait trop louer.
Resnier, officier protestant, était alors à Paris» avait, parmi les catholiques, un ennemi déclaré, noiii' mé Vesins. Leur inimitié avait commencé dan^ 1^ ()uercy , o# le premier a)mmandait un parti de soldats de sa religion, contre le second qui y était licute* ■nnntde roi. A cette querelle générale s en étaient jointes de particulières; les cœurs étaient violemment aigris, ' et ces deux hoiiiiraes semblaient ne se cherclierque pour SG détruire 1 un l’autre.
L^occasioîi était bien favorable pour Vesins. Au signal qui fut donné pour commencer cette fatale boncherie, il s’arme, monte à cheval, s’étant fait suivie dti , quelques-uns de scs gens, et va droit chez son ennemi* Resnier, cvedlé depuis quelque temps par le bruit, et instruit du sort qui le menaçant par cris de ccu^
LA MORALE EX ACTIOX
(juon massacrait dans le voisinage ^ s’étail mis à genoux et attendait la mort, exhortant son valet à faire le sacrifice de sa vie avec la môme fermeté. Tout à coup il voit paraître Vesins, lepée à la main, et le feu dans les yeux. Sans chercher à se mettre en défense, il lui présente sa tête, en lui disant : quil Vaurait à b-on marché.
Vesins avait une intention bien différente; il commande au valet de donner à son maître son épée et ses hottes; et ayant dit à Resnier de le suivre, sans s’expliquer encore, il le fait monter sur un cheval qu’il tenait tout prêt; aussitôt il devient son guide pour l’arracher aux dangers qu’il aurait courus à Paris, le ramène dans le fond du Quorcy, le i tLd à sa femme et à scs enfants, qui désespéraient déjà de le voir jamais.
On peut juger de l imprcssion que fit sur toute cette famille la belle action d’un homme dont on connaissait 1 animosité contre Resnier. Leur joie était extrême, leur reconnaissance fut sans bornes; ils voulurent faire des présents à Vesins: il les refusa, et donna même à Resnier le cheval sur lequel il l’avait amené, et se contenta de jouir du plaisir délicat de s’ôtre montré géné-*^ reux.
M. de Pontis, à qui Louis XIII avait recommandé ae rétablir la discipline dans la compagnie du régiment des Gardes, dont il lavait fait lieutenant, fi’appa un jour un jeune homme, nommé du Buisson, d'une ancienne maison de Provence, qui y seiTait en qualité de volontaire. Celui-ci lui dit qu’il était gentilhomme; M. de Pontis lui fit des excuses, et l’avertit de se comporter mieux à l’avenir. Du Buisson, irrité, ne pensa pas qu’une correction n’est jamais un outrage, et forma la. résolution de se venger. Tant que 1 occasion lui raan-
qiia ^ U clîaî^îiiiuLi, et leiîioi^nia ijeaiieuup tic soiutuasion. Eu fin il apptit que AL tic l^uiills parlai L pour uîi vovüga ; il tlemauda iiu conge de t[uelques jours ^ il l'oljlint, niouîa a a lieva! j cl courut aU'Uultv. son lieu* teoaiU près tlüu village où 11 ihnait passer* Dès quil raperçut, il s avança v rs lui, et lui deruaiula raison tic routra;je qu il prcterulaît avoir re^;iL
AL de Poniîs, surpris d tine partulle proposilrou, essaya de le ranieuer [Ktr des jadilestes; ce lui inulilemeul : oldigu ejdln ê\: tleUuHlic sa viCi il mil 1 r‘pee A !a main. 1) abord il lut légèieuient blessej bientôt ü eut sou tour ; il blcss:i son tul versa ire et le désarma* Pontis éUiil généreux ; il laleva sou soldai:, bu pardenna, lui rendit son epée, et lui prondt de tenir la clioscsecrèle : uiaisiln niait plus temps dcsvoyagoüia qui avaient vu briller des épies, élali'Ul accourus ia* pidement, et les ava!;îui rcrouuus* Le roi en tut bienlot infarmé. U avait por^é tb: rigoureux arrêts coiUse les duels : il vonlail manrUiiiir ta subordination paimi les troupes. Du Buisson éniit perdu. AL de Ponds Un laciUta les moyens de se sauver en lIollaTuk, et petr daiit son absence il ne cessa de solliciter Louis XiL el ses ministres pour obtenir la gr^cedn ji uuc homme, que la vivacité de làge avait emporté loin de soîi devoir.
Leroi était iiiflcxlldc ; il voidait fa ire un exemple, le bon ordre le demandaîL Un au et demi s’était dij^i écoulé sans cpie le généreux Foods sc rebutât* H prit qu'il vaquait une lieutcnaiicc dans le régiment ne Norniandie; il courut chez le roi, qui raimait, et il U| pria d'accorder celte place au gentilliommc qu U ijommerait, pourvu qu’il ru donnât sa paiolm Le qui connaissait son dessein ^ parce qifil connaissait la
LA MORALE EX ACTIOX
boulé (le son cœur, lui demanda si ce n ctail pas du Buisson. Oui, Sire, reprit M. de Pontis, eu le coiijuraut, les larmes aux yeux, de pardonner enfin a (o jeune liomme, ajoutant (pi il avait du talent, du zele, et (pi’il servirait bien sa iMaj.esté. Louis Xlil se laissa üécbir, du Buissson eut sa {jU-àce et la lieutenance. Dans la suite, il trouva l’occasion de témoi"u(;r sa reconnaissance à M. de Ponlis, et il ne fut pas ingrat.
Combien de traits pareils bonorcnt-ils nos annales! Ils élèvent lame, ils inspirent de nobles sentiments, ils font regarder le ,110111 de Français comme un litre précieux.
Thoii 'as 5 gouverneur de lHe de Pxlic, soutenait depuis six semaines tous les olTorts des Anglais r|ul cherchaient à s’cri emparer. Il était assiégé dans une petite place, (pâ n était guère défendue que par son habileté et par son courage, les fortifications étant fort mal en ofdrc. Il lui fallait un prompt secours; mais la llollc anglaise tenant la mer, i'I ne lui était pas possible de faire sortir la moindre Î 3 ar(pic. Coinineiil instruire de sa situation l’armée fran(;aise qui assiégeait la Rochelle sous les ordres du cardinal de Richelieu ? Un soldat gascon fut informé de rembarras du gouverneur; il alla s’oflVir à lui; il promit de passer à la nage le bras de mer, de deux lieues au moins, qui sépare file dcRhé de la Rochelle, de ]iorter de ses ncu- Vclics au cardinal. Charmé de son zèle, le gouverneur ne balança pas à lui donner des ordres. Le soldat attendit la nuit, et partit aussitôt. Le bruit qu’il faisait en nageant, attira de son côté plusieurs barques anglaises. Dos qu elles furent près de lui, il plongea à di verses reprises^ elles crurent que c'ctail un poisson, et lui laissèrent coufinucr sa route.
28^ L A \î O A L li EN A C T I O V,
Ive soldat la fil iHiureiisemcntj quok|ue à travers des dangers sans noinljre, exposé à tout instant à être dé* couvert par les Anglais, ou à s’égarer dans les ténèl)ies, oLilgé de lutter coutre les vents et contre les flots, ciUraîiîé par les courants, mordu par de gros poissons, dont qiteit[ues uns le suivirent jnstjuau rr %’age* Son courage et son zèle lui donnèrent de nouvelles lorccs : il anlv^a, vit le cardinal, et s’acquitta fidèlement de sa commission.
Dans tons les ten>ps, les pr/Gtes se sont empressés i célébrer les belles actions; ctlle-ci fut le sujet des vers iuivans:
Crcdal ; moik tx Gt te lacertU,
Trûjicit ûuij(tci peciorc sepîa majit;
Aocte titam iniijrcJifur, |i'rf didü p^r ttndai.
Inter riJîtii: nereg, omnia funiit erartî,
Quiti Itbi nunc anuAi? nnà menj^ mûf lif ima^o?
/re Iuhü i?tmûlr<if lier.
Vieil arrtor ptin ioïj f-iLrçue nüf£iv*U ad aura^^*
Felir pro pairid nen itmtiiise mon.
Voici le sens de ces : La postérité le creiral-cUc? un soldat généreux osa traverser les mers a ta oage, pour porter les ordre? de son général. Dans le Silence de !a nuit, il se précipite au milieu des flots el des dangers. De toutes parts la mort renvlrooDe. Quels sont tes desseins, brave guerrier? quelles pensées oecupeiit Ion dîne? de quel œil vois-tu le trépas? Mais U ne songe qu^à continuer sa roule à la clarté de la luna L amour de la p<iLrie Temporte dans son cœur sur la CJaitiie de la niort. Heureux d^arrlver malgré tant de périls! plus liGurrux encore dWoîr osé les braver pour servir sa patrie et son roi!
LA MOKAL.^ EK A C A*
Bel exemple <ie ^aitnehcmeni â son ilei*üir^
Lorsque le dm dOrléansj régent de France, esl forcé J [)ar les liaisons (]li il a aA'cc les cours de Vienne et de Londres, de déclarer la guerre à Plïilippe V, il dontie le coniîBr'mdemeiu de 1 armée française au maléchai de lîerwick. Ce génér;^! apprend que le duc de Liria est dans le camp espagnoL Dans la crainte qui! a que son (ils, servant contre lui, ne remplisse pas ses devoirs connue il convienl, il lai écrit pour Texliorter à donner à k patrie qu il a adoptée, toute: les pn^uves de zèle et de fidélité qu’il doit* <t Je saurai concilier mes difTéren ts devoirs , répond le duc de Liria ; ce que je dois à raiiteur de mes jours, ne me fera jamais oublier ce (pie je dois au roi d'Espagne, mon maître : faurai toujours devant les yeux les iustrüctîons et les exemples d*un père respectable, qui ne rougira jamais de mkvoir pour fds, »
Un gentilhomme français, nommé la Tour, étant allé à Londres, y épousa une fille d honneur de la reine d'Angleterre, et fut fait chevalier de l’ordre de la Jar retière. Celle distinction est la source, eu devient h récompense de l’infidélité qu'il fait à sa patrie* 11 s eUv gage à mettre les Anglais en possession du Cap-de Sa] 3 le* C^était le seul poste qui restait aux Français dans rAcadie, en 1628 * On lui donne deux vaisseaux de guerre, où il skmbarque avec sa nouvelle épouse. Dès qui! est à la vue du fort, il se fait débarquer, va ^ul trouver son fils qui y commande, cliercJie a l'éblouir par l’idée qu'il veut lui donner de son crédit à la cour de Londres, et le flatte des plus grands établissements, s'il veut se livrer à rAngîeterre. l.c jeune commandant écoute avec indignatfon, les proi^ositions
288 l K MOR ALE E:% action*
tir son pt^rcj et n est pas plus intîmiclé par les menaccÿ que si^duit par les caresses. Alors on prend le parti Ue latia pier, et il dcleiul sa place avec le niénic succès qri il a délcndu sa ver Lu,
I>a Tour père se Lrouvc embarrassé : ne pouvant raloiirner en l rance, et idosanLretourner en Augleterrej il prie son fils de souflVlr cjujl demeure en Acadie. Le jeutm boni nie lui répond qu'il tiu donnera nn asile; rpi il pourvoira abondamment à scs besoins, mais qu’il ne pernieltra jamais .|ue lui ou sa fcninie entrent dans sou fort, Quoicpie la condUioti paraisse dnrCj on soumet, 1 1 on est dédommagé, autant tjuil est pos*' sîble, de celle sévérité, par les al tentions les plus teu' dres cl les plus suivies,
Réflexions sur ramour des Français pottr leur et leurs lois.
L Les ( oliéges reten tissent commtiriémeni des belles aclious des Grecs et des Homains* Pouripioi parle-t-oa si peu de celles des L rançais? Cependant noire histoire présente les pIiLs giauds exemples d’humanité, de d^* siiitéressemeiit^ de courage, cl d un empressement nend à courir a la gloire. Combien il est important tpie les jeunes gens apprennent ilc bonne heure que pairie a été aussi une terre fertiie en liérps, qn ils doL vent sellnrccr de les 1 un ter, et trembler de dégénérer. CesL b Ijruil des exploiis de Mi Iliade qui lit de fhéniislncie un grand bomiue. U ne sulîit pas A des jîistb tuteurs de mcUrc sous Ic\s yeux de leurs élèves des modèles de poésie cl d’éloquence, de former des hommes de lettres; il faut en faire des citoyens, leur présenter des exemples de vcvtus pulrioliques, tes eullauimerdamour poiii leur rul el pour leur pRfne,
fl* Uamour de la pairie , qu un homme d'esprit a .ænni, liiiUh-ôt général devonii rirïtérêl particulier, ndst autre chose rpic 1 amour des lois sous lesqucUcs on vit, on , ce qui est al>soluTiieiit le même, i amour des lioiruncs avec lesquels on est réuni. Ün se ferait illusion , si I on prcoail 1 amour de la palne pour les initrs où l oti nous a élevés, pour les lieux qui ont été les lémoios des jeux Je-notre enfance, passion toutefois inetj réelle cl Inen vive, qui s^irrite par 1 éloignement , et cause ce qna l’on nomme comminiémeni la maladie du pays.
III. L amour de la patrie n*est pas celte tendresse dont on ne saurait se défendre à i égard de ceux quj nous ont donné le jour, ou à qui nous tenons par les liens du sang ou de rhabitudej senliment quelquefois plein de force, mais toujours Irop borné, et qui, formant dons un état tout autant de pairies qifil y aurait de familles, sèmerait sans cesse la divifion, parce c[Ue sans cesse les inléréb de famill'^ sont divisés*
IV. L’amour de la patrif n^est pas non plus cet attachement exclusif pour ceux qui sont nés dans In même provinre que nous, qui ont respiré le même air, pas^sinn aveifgle, qui if entre que dans mie aine étroite et infectée de préjugés - contagion funesle, malhcureusemenl trop répandue dans certains cantons de la France, et qui, plus à craindre que cct esprit de corps si justement détesté, arme souvent les habitants d nue province voisine, fait iVun peuple de frères un penpîc d'ennemis irréconciliahlns. Et entrelirnl dans le c.x*ur de r étal les haines et les dissensions,
V. L\imour de la patrie n étant que 1 amour des lois par lesquelles nous sommes gouvernés, et le chef étant ’c lepréseTïtant. le vicaire, rhommede b loi, fimage
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V MORALE EX ACTIOX.
sensible et vivante Je la loi, c’est une consé [uencc naturelle qu 011 ne saurait aimer la loi sans aimer véritablement son magistrat; on ne saurait être attaché à son interet particulier, sans létre à sa personne.
VI. On nous peint tous les jours le gouvernement républicain sous 1 image du gouvernement fraternel. C est 1 iJee la meilleure et la plus juste (ju’il soit possible Jeu donner. Un fils n’a point d autre intérêt que celui de sa famille : les enfants ne peuvent donc aimer leurs intérêts sans aimer conséquemment leur frère. Ln magistrat étant ce chef de famille , si les citoyens aiment leurs intérêts, ils sont, pour ainsi dire, dans la nécessité d’aimer le magistrat, parce que leurs intérêts ne sont pas séparés des siens; autrement ce ne serait [.lus un chef. ^
\ U. J appelle amour de son chef, ce zèle à exécuter ses ordres, et à verser son sang pour ses intérêts; cette application à remplir les emplois qu’d confie d’une maniéré juste et désintéressée; cette ardeur à seconder tous ses projets, à payer les impôts qu’il est obligé de mettre sur son peuple; enfin, à contribuer généreusement à la gloire et à riiitérêt de letat.
Idée d\in bon patriote^ dUin sujet fidèle»
I. Daxs le sanctuaire, un bon patriote, c’est un homme qui n élève jamais sa voix vers le ciel sans eu solliciter les bénédictions pour son pays et pour ses concitoyens. Jamais il ne paraît dans la société sans travailler à affermir dans tous les cœurs la soumission et le respect que le maître des empires exige pour ceux qui le représentent sur la terre. Dans un camp) cest un homme qui^ chargé de la défense de l’état, ne songe qu a lui immoler son repos, sou temps, sa vie
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même-, cessant d’exister pour lui-iaeine, il ne vit plus que pour sa patrie et pour son gouvernement^ dont il a les intérêts à défendre et la gloire à soutenir.
II. Dans les tribunaux, c’est un homme qui oublie en quelque sorte qull est homme, pour se souvenir uniquement qu’il est magistrat. Semblable à la justice, ayant dans ses mains une balance, et sur ses yeux un bandeau, il n’est attentif qu’à faire un digne usage de l’autorité qui lui est confiée, ei à bannir du milieu des provinces la discorde et les divisions. Dans le négoce, c’est un homme qui, travaillant à sa fortune, s’occupe aussi de celle de l’état, honore sa patrie par sa droiture aux yeux de ses compatriotes et des étran- ;;ers, et prodigue ses trésors à son souverain, ne pouvant, comme le guerrier, lui prodiguer son sang.
III. Dans la littérature, c’est un homme qui, loin de semer dans ses écrits cet esprit d'indépendance qui prépare la chute des états, cherche partout à faire scstir au peuple son bonheur de vivre sous un gouvernement chéri, et qui combat, dans l’occasion, ces écrivains affreux qui osent répandre des maximes impies et séditieuses. A la tête d’une famille, c'est un homme qui songe moins à élever des enfants qui puissent soutenir son nom et faire vivre sa mémoire, qu’à former des sujets soumis à la pâme, des citoyens zélés et vertueux.
IV. De bons patriotes, de fidèles sujets sont, dans les écoles académiques, ces instituteurs jaloux do former des hommes vertueux et des savants^ ces instituteurs qui veillent eux-mêmes sur les moeurs des enfants avec tant de soin, qu’ils les empêchent de tomber dans aucun des vices où il est si ordinaire de voir la
^9^ ^ MORALH E .X action. '
jeunesse se prégij:)itcr. De lions patriotes, ce sont ces instituteurs f]ui, par leurs exemples, liien plusellica* ceaxicnt que par leurs leçons, conciliant h notre auguste ;[ monarque 1 attacliemeiit de leurs élèves, préparent 1 ainsi à la sociéLi* nue génération pleine d’honneur, , prête à tout sacriGcr pour les lois et pour la gloire de , la patrie.
Nous n’avons pas besoin d’aller chercher chez l’étranger de pareils modèles; notre histoire nous en offre un grand nombre. La lecture seule de cet ouvrage en est une preuve convaincante.
1 raua de franchise et de générosité,
La mOâ t de Cliarles \ 111 ayant placé Louis Xll sur »c tronc de b rance, ce prince tourna ses vv^s du côté du Milanais, sur lequel il avait des droits par son aïeule \ alcntine, sœur unique du dernier duc de Visconti. Avant de se mettre en campagne, i^ demanda à M# de Irivulce ce qu il fallait pour faire la guerre avec succès. Trois choses sont aljsolument nécessaires, lui répondit le maréchal : i"" de l argent ; de largenî;
3^ de l argent.
La conquête du duché de Milan est l’ouvrage de vingt jours. Mais Ludovic Sforce y rentre Tannée suivante, par la faute du maréchal de Trivulce, qui coni' mande. Dans la guerre que cette révolution eccasione, le chevalier Bayard est fait prisonnier. Ludovic Sforce, qui avait vu, des fenêtres de son palais, les actions de ce brave Français, demande à Tentretenir, et veut connaître sou caractère.
C< Mon gentilhomme, lui dit le duc, qui vous a conduit ici? . L envie de vaincre, monseigneur, •i;pond bayard. — pensez-vous prendre Milai^
vous çeiil? — Non, i'(-pail le chevalier; mai., jc cruym. être suivi de mes camarmlcs. — Eux et vous, ajoute Lmlüvic, ii’iun-iez pu exécuter ce desseiii. — Enliii, (lit lîayarcî, qui ne pe ,l i!iscou\»eriir de sa lêmenle, ils ont t'ié plus sages ijuc moi; ils sont libres, et me voici pi'isoiitiier ; mais je le suis de 1 liouune t u inon< e
le plus brave et le plu.s généreux. »
I.e prince lui demande ensuite, dun au ce racpns, cpiellc cs^t la force Je l'armée française. « Pour noms, dit liayard, nous ne comptons jamais nos ennemis; ce qne'^ je puis assurer, c'est que les soldats de mou maitre sont gens d’élite, devant lestjucjs les vôtres ne
liendiout [^as* ïj * i * r
Lu.lüvic, piqué crune fiantliise si liardie, lui dit
fruc les effets doiineioiit une; autre opinion de scs li'oupes, et qu'une bataille décidera bientôt de son droit et de leur courage, l'iùt h Dieu, s’écrie Bayard, que ce fût demain, pourvu que je fusse libre, « \ ous fêtes, repart le duc; j'aime votre fermeté et-votrecourage, et j'offre d'ajouter i ce premier bienfait tout ce que vous voudrez exiger de moi. i'
Bayard, )»éuétré de tant de bonté, se jette aux gcvoux du prince, le prie de pnrdt^cr en laveur de son devoir ce quil y a de hart^i dar^ses réponses, ( c mande sou cheval et scs armes; et retourne au camp publier la générosité de Ludovic, et sa reconnaissance.
Trail^^ d’équité ei modération.
Les Devers que Louis XII éprouva à la guerre furent plutôt une suite de la bouté de sou caractère que de L médiocrité de ses talents. Lorsqu'il pm'tait, il se hus,iit suivre de <;[uclcp.ics hommes é<'lairés et vcilucux,
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chargés, même en pays ennemi, d'empêcher le do
sordre, et de réparer le dommage Icrsou'il avait etc fait. ^
Ces principes d’une probité austère furent surtout remarqués après la prise de Gênes, qui avait secoué le joug des Français, l^eur avant-garde ayant pillé quelques maisons du faubourg Saiut-bienc-d’Aréna, le prince, quoique personne ne sc plaignit, y envoya des gens de confiance pour examiner à quoi pouvait se monter la perle, et ensuite de 1 argent jiour payer la valeur de ce qui avait été pris.
L’Alviane ayant été pris à la bataille d’Agnadel, fut con uit au camp fraiiçais,où il fut traité avec toute 1 honnêteté pos^ble. Ce général, plus aigri par l’iiumillationcle sadeiaite que touche* de rijumanité de son \ainqueur, ne rapondîl aux démonstrations les plus consolantes que par une fierté brusf|ue et dédaigneuse. Louis se contenta de le renvoyer au quartier où l’on gardait^les prijonnicrs. « I! vaut mieux le laisser, ditil; je m’emporterais,et j eu serais fiché. Je l’ai vaincu, il faut me vainc^’e rnoi-même. »
Louis prétendait que les avantages que les ennemis remportaient suMui ne devaient étonner personne.
« Ils me batterit'^isait-il, avec des armes que je n’ai jamais employées, avec le mépris de la bonne foi, de 1 honneur et des lois de l’Evangile. »
Stratagème singulier de Christophe Colomb.
Christophe Colomb fait, en i.ao4, une descente à la Jamaïque ou il veut former un établissement. Le.s
insu aires se Oignent du rivage, et laissent manquef
les Castillans de vivres TTi. • r- .
Un sfjatageme singulier est
mis en usage dans cette occasion pressante.