‹ La morale en action par l'historieChapitre 11 sur 67 · V. Fustel de Goulanges. La Cité antique · texte numérisé non relu

V. Fustel de Goulanges. La Cité antique

qu'il fera.dire, il espérera gagner la faveur du Dieu tout-puissant.

Il en résulte que le pouvoir extérieur de la Loi a tué dans l'homme la notion de justice et substitué la notion de grâce.

Cette organisation doit fatalement faire des esclaves, des courtisans et des tyrans. Elle n'y a pas manqué.

L'homme trouve que la vie terrestre est bien misérable, que la grandeur de Dieu est infinie, qu'en humiliant son corps il obtiendra une place excellente pour l'éternité. De là, la doctrine de l'ascétisme : macérations du corps, horreur des rapports sexuels , mépris du travail, dédain pour toute action ayant pour résultat une amélioration humaine ; un seul idéal : la mort !

Le mot suprême du disciple de Çâkya Mouni sur les bords du Gange, du prêtre d'Israël sur les bords du Jourdain, du solitaire de la Thébaïde a été un anathème contre la vie humaine : Vanitas vanilatum! Tout est vanité! Et leur dernière règle morale a été celle-ci : ascétisme et isolement

Résoudre les questions humaines par la destruction de l'humanité, voilà tout ce qu'ils ont trouvé; et ils ont abouti à la castration d'Origène ou à la tentation de saint Antoine. « Qui veut faire l'ange fait la bête, » a dit l'un d'eux, Pascal. Ces dompteurs de l'humanité la ramènent à cette animalité que, tous les jours, encore maintenant, nous voyons s'étaler en cour d'assises, dans la personne des prêtres et des frères ignorantins, voués à la chasteté.

Les pénitences, les jeûnes, les macérations, en anémiant le cerveau, provoquent les hallucinations. L'affirmation réitérée du surnaturel substitue dans l'intellect du croyant, aux réalités objectives, des images subjectives. Il aboutit au détraquement, à la folie, à

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