JUSTICE DISTRIBUTIVE ET JUSTICE COMMUTATIVB
réunissent, forment une ligue, fondent un journal, et agissent, ayant confiance dans la bonté de leur œuvre, et s'adressant, en dernier ressort, à l'opinion publique, éclairée par la discussion, c'est-à-dire, à des décisions personnelles !
Toute la constitution anglaise n'est qu'une série de contrats. Les toasts de loyalisme à la reine signifient simplement : —Nous exécutons loyalement notre contrat, et les whigs ajoutent : — A charge de réciprocité.
Il appartenait bien à un anglais comme Summer Maine de constater que « le mouvement des sociétés progressives a toujours consisté à passer de l'État au contrat. »
Non-seulement, le contrat se substitue aux arrangements d'autorité, mais l'objet du contrat est de plus en plus nettement spécifié ; la durée du contrat est de plus en plus explicitement déterminée. Presque tous les contrats peuvent maintenant être résiliés par des dommagesintérêts. Dans l'ancien droit romain, le contrat s'appelait nexum. Les contractants le voyaient sous forme de lien, de chaîne. Maintenant, il n'est plus que l'expression d'échange de services.
Le progrès est en raison inverse de l'action coercitive de l'homme sur l'homme.
Il ne suffit pas de détruire les organisations théolologiques : c'est encore faire acte rétrograde que de vouloir les remplacer par l'action de l'État.
La justice commutative se substitue à la justice disbut ive.
C'est un résultat forcé, du moment que la décision personnelle fait place à l'action réflexe, organisée par la théologie.
(1) L'ancien droite trad. Courcelle-Seneuil.