Chapitre premier. — Il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de morale
théorique.
I. Gondilions générales de la distinclion du point de vue théorique et du point de vue pratique. — Cette dislincùun se lait d'autant plus tardivement et difficilement que les questions considérées louchent davantage nos senlimenis, nos croyances et nos intéréis. — Exemples pris des sciences de la nature et en particulier des sciences médicales i
II. Application au cas de la morale. — Sens particulier que les philosophes ont donné ici aux mots de « théorie »et de « pratique ». — , La morale serait une science normative, ou législatrice en lant que théorique. — Critique de cette idée. — En Tait, les morales théoriques sont normatives, mais non pas théoriques 7
III. L'antithèse morale entre ce qui est et ce qui doit être. — Différents sens de « ce qui doit être » dans les morales inductives et dans les morales intuitives. — Impossibilité d'une morale déduciivea priori, — Raisons sentimentales et forces sociales qui se sont opposées jusqu'à présent à des recherches proprement scientiliques sur les choses morales 14
IV. Idée d'une réalité morale qui serait objet de science comme la réalité physique. — Analyse de l'idée positive de « nature ». — Comment les limites de la « nature » varient en fonction des progrès du savoir scientilique. — Quand et sous quelles conditions un ordre donné de faits devient partie de la « nature ». — Caractères propres de la réalité morale - 24
Chapitre II. — Que sont les morales théoriques actuellement exsitantes?
I. lies doctrines morales divergent par leur parlie théorique et s'accordent par les préceptes pratiques qu'elles enseignent. — Explication
de ce fait: les morales pratiques ne peuvent pas s*écarter de la conscience morale commune de leurlemps. — La pratique ne se déduit donc pas ici de la théorie ; mais la théorie, au contraire, est assujettie à rationaliser la pratique existante 35
II. De là vient que : 1^ la spéculation morale des philosophes a rarement inquiété laconscience; — 2<* il n*y a guère eu de conflits entre elle et les dogmes religieux; — 3^ elle se donne pour entièrement satisfaisante et possède des solutions pour tous les problèmes, ce qui n'est le cas d'aucune autre science. — En fait, c'est révolution de la pratique qui fait apparaître peu à peu des éléments nouveaux dans la théorie 42
III. La pratique aurait ses principes propres indépendamment de la théorie. — Caniéade. — La philosophie morale du christianisme. • — Kaut et la Critique de la Raison pratique. — Effort pour établir la conformité delà raison et de la foi morale. — Causes de l'insuccès de cet effort 50
IV. Pourquoi les rapports rationnels de la théorie et de la pratique ne se sont pas encore établis dans la morale. — Les autres sciences de la nature ont traversé elles aussi une période analogue. — Comparaison de la « morale théorique » des modernes avec la physique des anciens. — Tant que la méthode dialectique est employée, la « métamorale » subsiste 59
I. Premier postulat : la nature humaine est toujours identique à ellemême, en tout temps et en tout lieu. — Ce postulat permet de spéculer at)S(raitement sur le concept de « Thomme ». — Examen du contenu de ce concept dans la philosophie grecque, dans la philosophie moderne et chrétienne. — Elargissement de Tidée concrète d'humanité au xix° siècle, du aux progrès des sciences historiques, anthropologiques, géographiques, etc. — Insuffisance de la méthode d'analyse psychologique, nécessité de la méthode sociologique pour l'élude de la réalite morale 67
II. Second postulat : le contenu de la conscience morale forme un ensemble harmonieux et organique. — Critique de ce postulat. — Les conflits de devoirs. — L'évolution historique du contenu de la conscience morale. — Stratifications irrégulières; obligations et interdictions d'origine et de date diverses 83
III. Utilité des morales théoriques dans le passé, malgré l'inexactitude de leurs postulats. — Fonction qu'elles ont remplie. — La morale ami |ue plus libre et plus affranchie d'arrière-pensées religieuses que les morales philosophiques des modernes jusqu'au xix® siècle. — Ici la Renaissance n'a pas eu son plein effet. — Réaction à la fin
du xviii^ siècle. — Succès apparent et impuissance finale de cette réaction 00