CHAPITRE V
Réponse à quelques objections.
I. Comment rester sans règles d'action, en attendant que la science soit faite? — Réponse : la conception même de la science des mœurs suppose des règles préexistantes 130
II. N'est-ce pas détruire la conscience morale que de la présenter comme une réalité relative? — Réponse : ce n'est pas parce que nous le connaissons comme absolu que le devoir nous apparaît comme impératif; c'est parce qu'il nous apparaît comme impératif que nous le croyons absolu. — Si les philosophes ne font pas la morale, ils ne la défont pas non plus. — Force du misonéisme moral. — L'autorité d'une règle morale est toujours assurée, tant que celte règle existe réellement 135
III. Mais il y a pourtant des questions de conscience : au nom de quel principe les résoudre? — Réponse : notre embarras est souvent la conséquence inévitable de l'évolution relativement rapide de notre
société, et du développement de l'esprit scientifique et critique. — Se décider pour le parti qui, dans l'état actuel de nos connaissances, parait le plus raisonnable. — Se contenter de solutions approximatives et provisoires, à défaut d'autres , , 145
IV. Qu'importe que l'autorité de la conscience morale subsiste en l'ait, si elle disparaît en droit? Que devient l'idéal moral? — Réponse : analyse du concept d'idéal moral. — Part de l'imagination, de la tradition et de l'observation de la réalité présente dans le contenu de ce concept. — Rôleconservateur, aupointdevue social, d'une certaine sorte d'idéalisme moral. — La recherche scientifique, héritière véritable de l'idéalisme philosophique d'autrefois 151
I. Etat présent de la science des mœurs. — Principales influences qm tendent à maintenir les anciennes « sciences morales » : traditions religieuses; prédominance de la culture littéraire. — Les moralistes; caractères généraux de leurs descriptions et de leurs analyses. — Plus près de l'artiste que du savant, préoccupés de peindre ou de corriger, ils ont peu de goût pour la recherche spéculative. . 160
II. Les philologues et les linguistes, véritables précurseurs d'une science positive des mœurs. — Leur méthode rigoureuse et scrupuleuse. — Rôle analogue des sciences économiques et de la psychologie expérimentale. — Influence des théories transformistes. — Rôle capital des sciences historiques. — Conflit apparent et connexion véri-
. table de l'esprit historique avec la méthode d'analyse génétique du xvin^ siècle 173
III. Lenteur inévitable des changements de méthode. — Exemple pris de la physique du xvi^ siècle. — Causes qui retardent la transformation des « sciences morales ». — Formes de transition où les anciennes méthodes sont encore mêlées aux nouvelles. — Nécessité d'un clivage nouveau des faits. — Raisons d'espérer que la transformation s'achèvera. 181