‹ La moraleChapitre 2 sur 71 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si je savais quelque chose ([uL me fût utile et qui fût préjudiciable i ma famille, je le rejetterais de mou esprit.

Si je savais quelque chose qui fût utile à ma famille et ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier.

Si je savais quelque chose d'utile à ma patrie et qdi fût préjudiciable à l'Europe et au genre humain, je le regarderais comme un crime.

(Montesquieu, son Portrait par luimême, t. Vil, p. 307, édit. 1822.)

Parmi les animaux — y compris Thomme — les uns vivent ordinairement isolés, tandis que d'autres recherchent la société de leurs semblables et s'unissent en groupes plus ou moins nombreux. Si Ton cherche la raison de cette différence, on est amené à remarquer que les herbivores sont ceux qui vivent le plus volontiers en troupes. Mais il s'en trouve aussi parmi les carnassiers qui ont les mêmes mœurs ; ce sont en général les plus faibles et les plus intelligents.

Le genre de vie des herbivores n'exigeant ni luttes ni combats, il est tout naturel que l'instinct de sociabilité ait pu facilement se développer en eux, d'autant plus que l'association leur fournit, pour se préserver des dangers qui les menacent, des facilités qu'ils ne trouveraient pas dans l'isolement^ Pendant que les lions et les tigres défendent jalousement leur territoire de chasse contre tout nouveau venu, les petits carnas-

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