‹ La morale indépendante dans son principe et dans son objet (volume 2)Chapitre 24 sur 73 · SCIENCES MORALES ET SCIENCES POSITIVES · texte numérisé non relu

SCIENCES MORALES ET SCIENCES POSITIVES

et ces instruments, sont les sciences de la nature.

Le rapport qui lie la science morale aux sciences naturelles est donc celui de moyens à fins. La morale détermine le but de la vie humaine, et les sciences de la nature contribuent à sa réalisation.

CE RAPPORT N’a RIEN DE MÉTAPHYSIQUE.

Toutefois, la fin que la morale assigne à la nature n’a, pour nous, aucun sens métaphysique; elle ne remonte point aux régions supra-humaines, elle n est point l’objet d’une prédestination antérieure à la vie et qui la domine.

Si, de toute éternité, la nature a été faite pour l’homme et l’homme pour la nature, nous n’en savons rien. Le système de l’harmonie préétablie a sans doute de la magnificence, et il a pour l’esprit d’immenses séductions. Mais, en dépit des grands philosophes qui l’ont développé, et des grands apôtres qui l’ont défendu , il laisse tant de mystères inexpliqués, il est si loin de rendre compte des travaux et des douleurs stériles, des destinées avortées, des injustices, des destructions, des ravages qui remplissent l’histoire de la nature comme l’histoire de l’homme, que nous devons le laisser dans le champ

des hypothèses.

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