I.E CONTRAT social
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présente un Iravail de la raison, un effort de la * conscience que l'état de nature ne connaît pas. >*
Dans PélSt social, l’iiumanité s’èsl réveillée de son
premier sommeil, la lutte morale a commencé, et si d’une part la violence victorieuse appelle pour se justifier l’hypocrisie des faux raisonnements et détermine une série d’institutions correspondantes qui accroissent le mal, de l’autre, celte même violence vaincue cède quelque terrain à la liberté, et permet d’organiser les premières garanties de la justice.
C’est a la suite d’un long travail de la civilisation sur elle-même que la liberté morale mûrit dans la conscience, et que la raison arrive à la'dégager théoriquement et à la poser comme le fondement d’une science.
Mais, pour parvenir à cette grande rénovation, il faut que la critique ait fait son œuvre.
La critique, avons-nous dit, est la méihode du doute et de la recherche ; elle doit tout détruire pour tout renouveler.
Quand la critique a fait table rase de toutes, les théories; quand la métaphysique, la religion, les opinions acquises, les préjugés empiriques, la tradition, la foi, les fausses connaissances, quand tout- a disparu sous sa faux, dans ce grand naufrage,
LA MOHALE INDÉPENDANTE.
l’homme pourtant reste debout. Seul il reste dans son entier, identique avec lui-même. C’e.t sur sa personne que l’cdifice moral se reconstruira.
La conscience, en la percevant expérimentalement comme libre, nous donne la première pierre de ce monument nouveau. De la liberté découle le droit inviolable et équilatéral, l’obligation impérative et mutuelle, et du droit reconnu, de l’obligation pratiquée, la justice, qui, conçue rationnellement d’une manière absolue, devient notre immortel idéal.
Sur cette nouvelle base, l’homme constitue d’abord la morale individuelle dont le principe unique, en rattachant tous les hommes les uns aux autres, dans l’égalité et la réciprocité du droit et de l’obligation, à travers les diversités des individualités respectives, imprime un caractère commun à toutes les vertus.
Étendant ensuite le même principe de l’individu à la collectivité, il constitue la morale sociale sur la même base. Mais ici le travail est plus complexe. Se trouvant en face de la civilisation et de l’histoire, il 'doit reprendre en sous-œuvre et réviser à celle nouvelle lumière toutes les institutions qu’elles lui lèguent : le gouvernement, la législation, l’Église dans ses rapports avec l’Étal, le mariage, la famille, la