‹ La morale socialeChapitre 7 sur 60 · BENOIT MALON VII · texte numérisé non relu

BENOIT MALON VII

procès de l'Internationale, on lui sert un an de prison ; il purgeait cette condamnation en la prison de Beauvais d'où, le lendemain du 4 septembre, il est élargi sur une dépêche de Gambetta. D'un bond il regagne la capitale déjà investie par les hordes étrangères, s'enrégimente au 91e bataillon de la garde nationale qui le choisit aussitôt pour délégué. La guerre est peu goûtée des tristes accesseurs de Trochu le généralissime, qui la conduit mollement, ne se pressant guère, ce traînard, ce fantoche, d'exécuter les plans que lui dicte Sainte-Geneviève. A bout de patience et de crédulité, tous les faubourgs, à qui l'on n'oserait parler de capitulation, descendent sur l'Hôtel de Ville, s'en emparent, et, malheureusement pour nous, ne l'occupent qu'un instant. Tout de suite après le 3i octobre, le délégué du 91e bataillon, qui s'est montré fort énergique pendant cette journée des dupes, précédemment nommé d'acclamation membre du Comité central des arrondissements, devient, en novembre, adjoint à la mairie des Batignolles. Surveillé par les vieilles femelles du Gouvernement qui pressentent en ce jeune mâle un indomptable meneur du populaire, il est poursuivi, sans relâche, sitôt après l'insurrection du 22 janvier, par leurs mouchards et leurs sbires. Un mandat d'amener est lancé contre lui ; mais voici l'heure des urnes.

Élu le 3 février 1 871, par 1 18,000 voix, le quinzième sur quarante-trois, le petit berger du Forez, l'homme de trait et de bât des villages, hameaux et bourgs suburbains, est député de Paris. Ah ! cette fois, les électeurs en blouse abjurant, toute jalousie, ont voté pour un blousier comme chacun d'eux. S'il en avait été

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