VI BENOIT MALON
telle sorte que nombre de sections sont par lui créées en un rien de temps auxquelles il amène près de deux mille adhérents. Infatigable, il fonde la Revendication de Puteaux, société de consommation encore prospère aujourd'hui, puisqu'elle compte 1,800 membres, et d'autres à Suresnes, à Gourbevoie, à Clichy, àRoubaix ; et, grâce à sa persévérance et son ubiquité, de nouveaux groupes internationalistes se constituent à Lille, Amboise, Vattrelos, Pontoise, Saint-Ouenl'Aumône, Saint-Etienne et Batignolles.
. En butte aux rancunes patronales, il change de nom à tout instant, et ne séjourne en chaque lieu que le temps nécessaire à la formation de quelque cercle, et, de plus* en plus agile, court à d'autres tâches, à d'autres propagandes interrompues par des réclusions successives. A l'ombre des cachots, il médite ; en plein soleil, il agit. Toujours sur pied, et jouissant de la confiance absolue de ses recrues avides de se produire, il se concerte avec les blanquistes et participe avec eux à beaucoup de manifestations républicaines et tentatives révolutionnaires de 1867-68-69. En janvier 1870 éclate enfin la grève du Creusot. Il s'y trouve déjà comme correspondant de la Marseillaise et bientôt y dirige les mineurs. Après leur défaite, il va porter le concours du journal et celui de ses facultés d'organisateur aux grévistes de Fourchambault. On l'épie, on le harcèle, il se couvre d'une blaude rustique, il échappe aux limiers de la police impériale attachés à ses trousses, et, presque à leur barbe, ayant établi plus de vingt nouvelles sections à Châlon, Autun, Dijon, Torteron, Cosne, etc., pousse sur Paris où dès son retour, avril 1870, on le jette à Mazas ; il y reste au secret plusieurs mois. Enveloppé dans le quatrième