‹ La morale socialeChapitre 9 sur 60 · BENOIT MALON IX · texte numérisé non relu

BENOIT MALON IX

Oui, mais il n'était pas bâti comme ces industriels et l'on sut, à bref délai, de quel bois il se chauffait au mont Aventin où les nuages s'amassent. Tout à coup des éclairs et le tonnerre... Ah! la foudre a parlé, c'est le 18 mars! Il hésite, l'intègre démissionnaire, à se prononcer contre Versailles avant d'avoir épuisé tous les moyens de conciliation; il a peur, ce brave, oui, peur, et pourquoi ? Parce que toute action est suivie d'une réaction. Et qui réprimera? Parbleu ! ceux-là qui, sympathiques au mouvement, seront astreints à l'arrêter. Un peuple de laboureurs se ruera sur un peuple d'artisans. Et pour quoi, pour qui ? Pour les aises, et c'est assez ! de leurs commun ennemis les privilégiés et les fortunés à qui toujours, pendant qu'ils s'empiffrent, digèrent et forniquent est doux le carnage réciproque des gueux des sillons et des voyous des rues. Il s'interroge, il se consulte, il ne se décide pas encore, et ce n'est que le 21 mars, après le discours odieux de Jules Favre, le faussaire et le fraticide : « Ah ! j'en demande pardon à Dieu et aux hommes!... » qu'il se rallie ouvertement à la Commune où, sur ses recommandations expresses, on utilise enfin les talents militaires et la froide audace de Rossel.

Les temps sont difficiles et douloureux. Subir sinon un autre empereur ou quelque roi, du moins le principat de Thiers et les persécutions de ses complices, les sept cents législateurs orléanistes ou légitimistes, ou bonapartistes ou libéraux, ensuite la famine et le gel, et le sevrage, et les affres d'une interminable agonie au foyer où tout manque à la fuis, et le pain et le vin, et l'air et le feu, non jamais! Oui, mais alors c'est laguerre

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