‹ La Morphée en GouttesChapitre 14 sur 38 · PURES · texte numérisé non relu

PURES

SON) RERO

OssEervarion IV (Résumée).

(Publiée par MM. Hupero, RaBurT et CIvATTE däns Le Bulletin de dermatologie, 1930.)

Un cas de white spot disease.

0... (N.), 13 ans. Début des lésions il y a huit ans. Les taches sont disséminées dans la région interscapulaire, au-dessous des omoplates, jusqu’à la région lombaire; elles abondent en avant sur les parois latérales du thorax et les flancs, au-devant de la région gastrique; on note quelques éléments sur les seins et sur la région deltoïdienne gauche.

L’éruption est constituée par des taches arrondies de la grosseur d’une tête d’épingle à une lentille. La surface est très légèrement saillante; leur coloration est d’un blanc absolument porcelanique; la peau à leur niveau semble amincie.

Au dire de la malade et de sa mère, les taches n’ont à aucun moment présenté de coloration rougeâtre ou violacée. En dehors des taches, le tégument est normal comme aspect et comme consistance.

La santé générale de la malade est excellente, aucun stigmate de tuberculose, Cependant, son affection débute après une rougeole suivie d’amaigrissement très marqué. B.-W. négatif. Antécédents héréditaires : père amputé pour une tumeur blanche du genou; la mère à eu une grossesse avec hydramnios.

Examen histologique (par M. Civatte). — L’épiderme paraît intact.

Derme : Très légère modification des couches supérieures du

derme; vers le centre de la coupe les trousseaux fibreux, moins

spiralés que normalement, forment un feutrage moins serré que sur les bords. Le tissu élastique est très appauvri. On trouve quelques infiltrats périvasculaires dans le corps papillaire et la partie supérieure du chorion.

La description faite de la morphée en gouttes correspond au cas moyen; à côté, on peut trouver des variations, minimes il est vrai, mais devant être signalées.

L'évolution très lente de l'affection a été signalée, mais MM. Nicolas, Barbier et Pétouraud rapportent une observation où il s’agit d’un enfant de 9 ans, présentant à la fois des plaques de morphée et des lésions de white spot disease ayant débuté seulement depuis six mois.

La dimension de la tache de sclérodermie peut elle-même ne pas atteindre la grandeur d’une pièce de 50 centimes, mais se limiter à de petits éléments de 4 à 3 millimètres, ce que M. Gougerot appelle, dans une de ses observations, sclérodermie en gouttelettes ou ponctuée.

Mais on aura surtout en vue ici : d'une part, ce que M. Gougerot a appelé parakératose brillante, ou atrophie brillante, ou forme atypique fruste de sclérodermie, ou sclérodermie minima en gouttes sans induration; d'autre part, ce que MM. Weissenbach, Basch et Martineau ont nommé, dans l’une de leurs observations, la morphée en gouttes conglomérées.

1° L’atrophie brillante est la forme la plus atténuée de la série, souvent à peine visible; la morphée en gouttes est le degré le plus intense avec l’induration, la teinte blanc porcelaine, le lilac ring, etc. Ces symptômes manquent dans la forme minima de l’atrophie brillante, qui est à peine visible de face, conservant la teinte normale de la peau, sans indurations, sans lilac ring. Voici une observation résumée

Malade âgée de 29 ans; début apparent il y a deux ans. Macules très nombreuses (200), disséminées sans ordre, « en pèlerine ». L'élément est surtout visible à jour frisant; il est arrondi ou

ovalaire, de 5 à 10 millimètres de diamètre; l’épiderme conserve

Poe

sa teinte normale. Sans induration, bords nets, sans saillies, sans lilac ring. La lésion naissante est un point rosé, puis brillant, de 1 à 2 millimètres, puis il s'étale. L'évolution est très lente. L’histologie montre les lésions de la morphée en gouttes.

M. Gougerot pense qu'il s’agit là de « sclérodermie atypique sans induration, minima, en gouttes », et la rattache aux sclérodermies en gouttes ou white spot disease.

2° Morphée en gouttes conglomérées : L'étude clinique a montré que les lésions tendaient parfois vers la coalescence, mais sans cependant jamais l’atteindre; il persistait toujours entre les éléments une mince bande de peau saine. Ceci est vrai dans l'immense majorité des cas, mais point absolu. M. Weissenbach publie une observation où il s’agit bien de morphée en gouttes qui se présente sous deux aspects

d’une part, un semis de lésions en gouttes caractéristiques;

d'autre part, d’une plaque sclérodermique de 7 centimètres de long sur 4 centimètres de large.

Dans la presque totalité des observations publiées de morphée en gouttes, on voit les lésions disséminées ou coexistant avec une véritable morphée en plaques, c’està-dire présentant les caractères particuliers de ce type, dont le principal est l'accroissement par extension progressive périphérique d’un élément unique. Dans l’observation de M. Weissenbach, la formation de la plaque est due à la coalescence de nombreux éléments en gouttes, ce qui explique la forme festonnée du contour, l’aspect, la couleur, la consistance dé la surface, qui sont ceux de la sclérodermie en gouttes, ét non ceux de la sclérodermie en plaque, malgré qu'il s'agisse d’une plaque au sens strict du mot.

Notons que le cas de Dreuw, cité dans le mémoire de M. Petges, est identique à cette forme de morphée. M. Weissenbach écrit done : « Le terme de plaque de morphée en gouttes conglomérées ou, pour abréger, celui de morphés en gouttes conglomérées, nous semble convenir pour désigner ces lésions. »

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