‹ La Morphée en GouttesChapitre 8 sur 38 · LORS · texte numérisé non relu

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décrit par Unna, en 189%, sous le nom de Kartenblattähnlicher : sclérodermie « en carte de visite ». Les lésions observées par cel auteur allaient de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’une lentille; elles affectaient surtout la poitrine, les épaules; ces régions montraient, en effet, de petites taches blanches, rondes ou ovales, avec un pourtour bleuté; elles étaient isolées ou confluentes, légèrement déprimées, etc. L'auteur classe ces lésions dans les sclérodermies, alors que les aspects microscopiques qu’il décrit ne correspondent

pas aux cas de sclérodermies.

Puis Westhberg décrivit des altérations circonserites de la peau du dos et de la poitrine, blanches, maculeuses, atrophiques, voisines de la sclérodermie.

En 1903, Johnston et Sherwell créèrent la dénominationÿ de « white spot disease », en englobant sous ce nom leur cas et l'observation antérieure de ‘Westberg. Le mot de « white spot disease » (maladie des taches blanches), harmonieux et imagé, a été depuis adopté par les auteurs américains et anglais, Il a servi à décrire des affections variées ressortissant à la sclérodermie, et bien moins souvent au lichen plan, Nous verrons dans un instant ce qu'il faut en penser.

Depuis, sur le même sujet, des communications intéressantes ont été publiées : Sherwell, en 190%; Mac Leod, également en 190%; Montgomery et Ormsby, en 1907, dans un mémoire, discutent les relations de certaines morphées et du lichen plan scléreux atrophique. Ne forment-ils qu’une seule entité clinique ? La solution de ce problème n'apparaît pas très nette. Ces auteurs rapprochent deux observations de white spot et un cas de lichen plan scléreux et soulignent leurs analogies cliniques et histologiques, leurs différences aussi.

Juliusberg, en 1908, présente une observation personnelle; il différencie, au point de vue histologique, le white spot des macules atrophiques blanches du dos des acnéiques, qui sont consécutives à des folliculites, et il conclut que le white

Das CUS

spot disease représente vraisemblahlement une sclérodermie circonscrite, et qu’elle répond à la forme appelée sclérodermie en carte par Unna. Il note, enfin, que certaines formes atrophiques de lichen plan sont difficiles à différencier.

M. Milian, en 1909, présente un cas de lichen plan atrophique à la Société de dermatologie. En lisant cette observation, nous sommes frappé de la ressemblance des signes de

cette affection avec la morphée en gouttes; qui plus est,

cette ressemblance n’est pas seulement clinique, mais encore histologique. Dans la discussion consécutive à la présentation, M. Darier a émis l'hypothèse d’un des diagnostics suivants : lichen plan scléreux, white spot disease, sclérodermie en carte de visite, lichen albus. Il s’agit, sans nul doute, d’un cas de morphée en gouttes. D'ailleurs, M. Milian, dans sa conclusion, range son Cas, non pas dans la série du lichen plan, mais dans la série des atrophies cutanées primitives, À ce titre, 1l émet l’appellation de « leucodermie atrophique ponctuée », qui lui paraît résumer les principaux caractères cliniques de la maladie.

Dreuw, en 1910, publie une observation où il semble que nous avons un Cas de morphée en gouttes conglomérées; l’auteur critique également le terme vague de « white spot ».

Enfin, en 1913, dans « un travail très documenté et décisif », dit M. Darier, M. Petges, en se basant sur la clinique et l’histologie, rattache la morphée en gouttes à la sclérodermie, la sépare du lichen plan scléreux, démontre son identité avec le white spot disease des Américains, où tout au moins avec la plupart des cas décrits sous ce dernier nom. Après ce mémoire fondamental, il reste bien peu de choses à dire sur les caractères cliniques et histologiques de la morphée en gouttes et sur son diagnostie d'avec le lichen plan scléreux ou atrophique. Aussi, pour ne point tomber dans des redites inutiles, nous serons bref en ce qui concerne les notions bien acquises, et nous tâcherons, dans la mesure du possible, d'apporter les faits nouveaux qui gravitent autour de cette question.

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Mac Kee et Wise, en 1914, font une revue détaillée des différents cas publiés, et leurs conclusions ressemblent à celles faites un an auparavant par M. Petges; ils considèrent, en effet, que tous les caractères récoltés peuvent être divisés en deux groupes : le groupe du lichen plan, le groupe des sclérodermies; ils voudraient également que le terme de white spot disease soit réservé à la morphée en gouttes.

Puis, après le mémoire de M. Petges, nous citerons l’article de M. Gougerot sur le lichen porcelanique (1916). Cet auteur s'occupe beaucoup de cette question; en 1926 d’abord, puis en 1933, il publie une série d'articles sur ce qu'il appelle la parakératose brillante ou atrophie brillante; enfin, récemment, il émet l'hypothèse d’une maladie lichéno-sclérodermique.

Jusqu'à ce jour, on trouve un certain nombre de communications françaises et étrangères (anglaises et américaines surtout). Il en sera fait mention au long de cet exposé, mais citons, en particulier, en France : MM. Gougerot, Pautrier et Woringer, Payenneville et Cailliau, Hudelo, Rabut et Civatte.

Quelques remarques sur la terminologie.

Après ce bref aperçu historique, il est indispensable d'éclairer la terminologie de l’affection étudiée. On peut se demander si tous les termes appliqués à la morphée en gouttes (morphœa quitata) sont bien employés uniquement pour désigner cette affection.

Rappelons que Unna, en 1894, l’a décrite sous le nom de Kartenblattähnlicher (sclérodermie en « carte de visite »). Autrement intéressant est le terme de white spot disease, employé par les auteurs américains. M. Petges pense pouvoir le rattacher à la morphée en gouttes. Cela paraît vrai dans le plus grand nombre des cas, mais il faut faire remarquer que cette expression à désigné parfois le lichen plan atrophique. Comme le fait remarquer Dreuw, le terme de « white

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