‹ La morphineChapitre 1 sur 14 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La Lâcheté du Siècle :

D«- Gaucher.

Slu Lecteur.

L’ouvrage que nous vous offrons n’a pas la prétention d’être un livre de médecine, car nous ne voulons point entrer dans des détails d’un ordre trop technique, nous étendre dans de grandes discussions, ni faire un livre qui, tout en combattant le mal, en fasse l’apologie.

Nombreuses, hélas ! sont les personnes qui sont devenues morphinomanes, pour expérimenter les douces sensations produites par cet alcaloïde tant vanté par des êtres, qui, ne voyant dans la publication de de leur livre qu’un simple but commercial, rémaillaient de mensonges, faisant de la sorte bien des victimes.

Nous souhaitons - ardemment, et c’est le seul but dans lequel nous écrivons, que notre livre soit lu par toutes les classes de la société, car le fléau s’étend de jour en jour.

Il a pris racine parmi les médecins, les pharmaciens, les savants, puis il s’est étendu dans les classes aisées ; peu à peu, il s’est introduit dans les classes moyennes. Aujourd’hui il cherche encore à se propager; c’est-aux prolétaires, aux malheureux qui n’ont que leurs deux bras pour subvenir aux besoins de la vie qu’il demande ses victimes; c’est pourquoi nous voulons les instruire, les mettre en garde contre le danger qu’on leur a caché jusqu’à ce jour. Car, sachez, chers lecteurs, que demain vous pouvez tomber malade : vôtre médecin peut-être vous soulàgera avec cette perfide morphine, et vous vous laisserez tenter par le bien qu’elle vous fera; mais souvènez-vous que, du jour où vous téndrez lés bras à cette traîtresse, vous' ne serez plus homme.

Nous voulons dévoiler ce terrible mal dont on ne connaît point les effets ; ayez confiance en nous, nous sommes à même de vous renseigner sur les effets effrayants, épouvantables, que cause la morphine.

En effet, l’un de nous est un ancien morphinomane guéri après vingt ans de morphinomanie, l’autre, un jeune homme qui, depuis de nombreuses années, est en ■ contact continuel avec les malheureuses victimes de ce poison ; le premier pourra vous renseigner, grâce à une longue expérience personnelle, et le second par les quantités d’observations qu’il a pu faire.

Nous nous appliquerons à être d’une grande sincérité, ne vous citant que des faits authentiques, n’affirmant que des choses dont nous serons absolument certains, laissant de côté tout ce dont nous douterons .

Notre livre, que nous conseillons à tous de lire attentivement, a été écrit dans un but humanitaire ; vous y trouverez de nombreuses observations et remarques qui vous

édifieront sur certains points, et qui vous feront hésiter avant de calmer vos douleurs par la morphine.

Maintenant, nobles chevaliers de la seringue, reconnaissez-vous !

1 er Mars 1906.

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