‹ La Mort à l'occasion du CoïtChapitre 1 sur 12 · AVANT - PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT - PROPOS

I'ne s’agit point ici de traduire au grand jour les faits

dont s'empare avidemment une chronique scandaleuse,

ni de décrire avec un luxe de détails et sans avoir peur

des mots, ce que d'habitude l’on chuchote sous le man-

teau. Mon rôle n’est pas de satisfaire une curiosité amu-

sée, mais seulement de rechercher les causes d’un genre

particulier de mort, qui sans être trop fréquent, a attiré We Le À l'attention d'assez nombreux médecins-légistes et même À de praticiens, pour ne pas laisser les autres indifférents. Le sujet n’est cependant pas de nature à ne pouvoir être accueilli par un sourire, car — parmi tant d’autres —- on peut trouver qu’un tel genre de mort n’est pas des plus désagréable. Le pas à franchir de la petite mort à la grande ne semble pas si terrible et certains auteurs ont spirituellement épilogué sur « La Mort Douce ». Sans nul doute, s’il nous était donné de choisir notre fin, ce mode rallierait bon nombre de suffrages, et pour-

tant il semble que les désirs de deux amants qui, dans

1% l’ardeur de leur amour, souhaitaient

« Mourir de sa violence et de son excès même »

désiraient probablement pas mourir en magnifiant la vie.

Quoi qu’il en soit, bien des praticiens possédant une

longue expérience de la clientèle, ont rencontré au cours

de leur carrière un cas de ce genre : appelés dans la nuit, soit par une femme affolée, soit par un tenancier désireux de s’éviter des ennuis de police, ils ont trouvé étendu sur un lit, qui ne devait pas être un lit de deuil, un homme étendu foudroyé. Au cours du coït, il s’était affaissé sur sa partenaire, crachant parfois du sang. Si la mort n’a pas été instantanée, le malade resté dans le coma jusqu'à

l’exitus, tous les soins ont été inutiles. Plus rarement, bien \

plus rarement, il s’agit de la femme morte habituelle-

ment dans une crise de dyspnée aiguë.

Le décor change souvent, mais le thème reste le même.

« .…Æt la garde qui veille aux barrières du Louvre N’en défend point nos rois... »

La Légende (mais que ne raconte pas la Légende, et pour ne citer que ce cas) rapporte que le Seigneur de la guerre, Altila lui-même, vécut ses derniers moments dans les bras complaisants d’une blonde captive. Le farouche

guerrier se devait une autre fin.

il a été publié jusqu’à ce jour assez peu d’observations précises sur la mort au cours du coït, mais cela n’implique point sa rareté.

On cite parfois quelques cas... le plus souvent on dissimule les conditions dans lesquelles se sont produit ces décès pour masquer le scandale — tel le fils de Noé cou-

n'aient point été exaucés, alors que les victimes, elles, ne

vrant d’un manteau le corps de son père ivre, pour cacher

sa déchéance à ceux qui en riaient.

N ous laisserons de côté tous les accidents du coït : déchi-

rures, enfoncement du vagin, éclatement du rectum au cours d’un rapprochement anal, qui peuvent entraîner la mort par un processus facile à suivre.

Nous nous occuperons seulement des cas de mort surve- venus à l’occasion des excitations sexuelles et du coït et nous essaierons de les expliquer par le seul phénomène d’hypertension artérielle.

Nous aurons donc à prouver en premier lieu que le coït provoque une élévation brusque de la pression sanguine.

Il reste à savoir chez quels sujets et dans quelles con-

ditions cette hypertension peut amener la mort.

Enfin de quelle façon celle-ci survient :

. D'abord chez les sujets dont le système vasculaire offre

des points de moindre résistance, produits par des lésions

antérieures.

Chez ceux ensuite, hypertendus, mais sans lésions vas-

culaires bien localisées.

Chez ceux enfin au cœur défaillant, qu'ils soient car-

diopathes notoires ou simplement hypertendus.

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