‹ La Mort à l'occasion du CoïtChapitre 2 sur 12 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

ROLE DE L'HYPERTENTION ARTERIELLE

La tension artérielle est une force créée par la contrac- LE tion ventriculaire, entretenue par la réaction de la paroi vasculaire à la distension — élasticité — et réglée par la résistance des vaisseaux périphériques à l’écoulement du sang. Pour qu’elle demeure constante, il faut que soit parfait l'équilibre entre ces trois phénomènes : tension du liquide circulant, distension à laquelle se trouve soumise la paroi artérielle, pression que cette paroi exerce en retour sur le sang. Comment de là, prouver que les rap- ports sexuels troublent cet équilibre et entrainent de brusques variations de tension, variations fatales à cer-

tains ; c’est bien là, la partie la plus difficile et la plus

délicate de notre travail. Nous touchons ici à un chapitre

de physiologie bien obscur, sur lequel la lumière est loin A d’être faite.

Tous les auteurs affirment en termes fort clairs et qui

ne laissent point de part au doute, que les rapports sexuels

‘4 entraînent une brusque variation de pression sanguine : hypertension forte au moment de l’éjaculation et dépres- “4 | | P. P. 2

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sion brusque après celle-ci. Con il n’existe point

sur ce sujet de données bien précises, ni d'observations

exactes ; on en est réduit à ces affirmations, ou plutôt à ces suppositions émises par les cardiologues et physiologistes.

Le problème sans doute ne sera pas ane de sitôt

de façon vraiment sérieuse et digne de foi, car il reste

assez malaisé, pour ne point dire impossible, de mesurer

la pression artérielle au cours du coït. On en comprend

facilement la raison. Malgré tous les artifices de prépara-

tion destinés à rendre le rôle de trouble-fête de l’obser-

vateur le plus discret possible, malgré une bonne volonté le plus souvent difficile à obtenir de la part des deux ou

tout au moins de l’un. des partenaires, il semble que toute

chance d'observation précise serait annihilée de leur part

à la pensée seule de servir de sujet d'expérience et dans

un tel but. On est donc réduit à des suppositions qui pour si vraisembables qu'elles paraissent, ne sont point scientifiquement vérifiées.

MENDELSOEN qui en 1896 prit la courbe du pouls au cours du coït, notait dans son tracé, des crochets d'amplitude et de longueur différents du tracé normal, comme au cours d’une insuffisance cardiaque et pouvant eue une élé-

vation de tension artérielle.

Quoiqu'il en soit, on peut envisager de deux façons le

mécanisme de l'hypertension artérielle au cours du coït et des excitations sexuelles.

On à d’abord assimilé le coït à un effort physique, effort plus ou moins violent, plus ou moins prolongé sui-

vant le sujet et les circonstances, mais effort tout de

ie

même et qui comme tel provoque une hypertension passagère. L’hypertension due à l'effort a été vérifiée et il est de notion commune qu'après une course, une fatigue, un effort physique quelconque, on note chez tous les sujets, mais de façon variable : une accélération du rythme respiratoire, de la tachycardie et une hypertension plus ou moins considérable.

Pour ce qui nous intéresse, tous les auteurs ont rapporté la mort au cours de l’effort à une grosse hypertension artérielle. Le mécanisme de l'effort pendant lequel le sang se trouve violemment chassé de la cage thoracique semble disposer à la rupture des vaisseaux de l’encéphale. On a signalé tous les mouvements violents : la colère, le vomissement, une quinte de toux au cours d’une coqueluche, la défécation, les secousses du rire, déjà indiquées par ARETÉE, et sous l’influence desquelles l’apoplexie se manifesta chez le pape Léon X. Tous les auteurs rapportent que la mort peut survenir au cours du coït par un mécanisme analogue. Parmi eux Gixrrac fait allusion à quelques cas survenus chez des vieillards : accidents qui

selon lui surviennent assez fréquemment dans les maisons de prostitution.

Outre l’hémorragie cérébrale, une rupture d’anévris-

me, une congestion aiguë des poumons peuvent entraî-

ner la mort au cours de l'effort. On a publié des cas où de.

elle était occasionnée par une cardiopathie traumatique, Rev

| | dre ; : TER 1 l'effort ou traumatisme interne étant l’élément pathogé- 20

nr nique le plus important auquel il convient d'ajouter un | facteur émotif loin d’être négligeable. On peut voir ainsi

de l'effort provoquer une rupture valvulaire qui pourra en-

traîner la mort en quelques instants. Les lésions anté-

rieures des valvulés constituent une circonstance favora-

ble mais nullement nécessaire.

Le sujet en état d'inspiration forcée et déployant en même temps un effort considérable, il en résulte un

accroissement brusque de la tension artérielle — dont

le rôle sera plus important si le sujet est déjà un hyper- |

tendu — qui provoque la rupture des appareils valvulaires ; l'appareil aortique est plus souvent touché. Il en résulte une symptomatologie grave : d’abord une douleur angoissante dans la région précordiale, irradiée dans le dos, le blessé à la sensation que quelque chose vient de se rompre dans sa poitrine. Dans bien des cas, fortement dyspnéique, il perd connaissance et la mort peut se produire en quelques heures par le fait d’une insuffisance cardiaque progressive ou d’une embolie. L’effort que

demande le coït n’est ordinairement pas de La grandeur

de celui qui amène une rupture valvulaire, mais chez

un sujet déjà hypertendu, un aussi grave accident peul se produire ainsi par un effort minime.

On peut enfin envisager l'hypertension due au coït provoquée par un état spécial d’éréthisme nerveux, état que le coït semble bien engendrer. Cette hypertonie sympathique, comparable à celle qui succède à de violentes émotions — deuils, colère, chagrins d'amour — se traduirait par de la tachycardie et une hypertension légère.

Sans être tout à fait démonstratives, ces deux hypothèses sont cependant assez vraisemblables pour qu'on puisse

en tenir compte. Toutefois de ces deux causes : effort

e d’une part, de l’autre hypersympathicotonie, i (0

Je y . 4 FPE . 14 Fr es deux interviennent : agissant séparément leurs effets

s'ajoutent et le taux de l'hypertension sera légèrement

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