‹ La mort de Bucephale tragedie pour rire, en un acte, en versChapitre 4 sur 30 · A RIDÉE · texte numérisé non relu

A RIDÉE

Le crime est apparent, le service est réel.

Qu'il meure.

PHILIPPE

Mais enfin, attenter à sa vie C’est insulter le roi jusqu’en son écurie.

ARIDEÉ.

Un meurtre nécessaire au repos des États N’est pas mis, quoi qu'il soit, au rang dos attentats : Philippe, ce service est pour nous d'importance : Souvent un pou de sang lave une grande offense.

PHILIPPE

Cest trahir Alexandre.

ARIDÉE.

Ou plutôt ]e servir La haine de la cour par là doit s'assouvir.

PHILIPPE

Mais quoi!...

ARIDÉE.

Tout est à craindre, et ton zèle balance !

ie ne m’attendais pas à tant de résistance.

L'ongle de la vengeance a tracé ton devoir.

Et tu n'écartes pas les maux qu'un sait prévoir!

Ah! je ne vois que trop qu'affectant un faux xèle,

Tu voudrais te parer du nom d'ami fidèle;

Li feinte est trop grossière; en ce siècle indigent.

Les médecins n oui plus d'autre ami que l'urgent.

PHILIPPE

Je vous obéirais, seigneur, sjus nul salaire;

Mais vous en croyez trop une aveugle colère ;

Je tremble pour ma vie, et dans son médecin,

J*® roi peut aisément découvrir l’assassin :

Donnez-moi donc du temps afin de le détruire:

Pas à pas au tombeau je saurai le conduire;

Noire art pour du tels coups n’est jamais en défaut; »il a besoin de froid, j'ordonnerai du chaud :

De son sang par degre* j'épuiserai la source ;

D®* plus forts purgatifs j’emploierai la ressource.

K ARIDÉE.

Non, ces détours sont lents, et je veux qu'aujourd'hui un trépas imprévu nous délivre de lui.

Pais-lui manger la mort dans un boisseau d'avoine.

PHILIPPE

Le poison ! que dira de moi la Macédoine !

Philippe empoisonneur I et de qui ? d'uu cheval !

Il- !.. ARIDÉE-

fi « médecin, je vous connaissais mal.

S’il V n ® m e ^ 1 fa ^* u qu'une mort ordinaire, neiait-ca pas assez- de votre ministère?

ar un chemin frayé marchant tout uniment, otre art jusqu’au tombeau l’eût conduit lentement, «aïs quoi, si le poison vous cause tant d'alarmes,

*!* d , éUvrer employez d’autres armes ; r.ii üV- pp r Yolrc art,u carnage aguerri déchire le donc d’un coup de bistouri.

Ofi.l nu PHILIPPE.

O,,,,? 1 ho ™ me » «eigtieur, dont la main intrépide userait se prêter à ce chevalicide?

u „ - , ARIDÉE.

Mais -!°l£ te * Réjoui*, mes soins sont superflus: N’en* JL Ce ““i Alexandre u’est plus,

" eu accuse q ue toi. r *

PHILIPPE

Ciel ! quelle perfidie !

Du cb,ral ou du maître on demande la vie.

Choisis.

PHILIPPE

Hasardons tout dans un pressant besoin, Je vais empoisonner une botte de foin.

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