VAN ES
Messieurs , daignez m'écouter avec quelque attention; je n'abuserai pas de vos momens. L'Angleterre est aujourd'hui dans la crise la plus terrible. D'un coté , le roi va élever bien haut ses préten-
lions , car il croira qu'il nous est impossible de nous passer de lui ; de l'autre , l'armée , qui n'est plus que la garde prétorienne d'Olivier Cromwell , menace de renverser le trône et le parlement. Que faire entre ces deux ennemis de nos libertés ? Comment sauver le vaisseau de l'état près de s'engloutir dans une mer bouleversée par des vents qui se combattent avec fureur ? Comment, messieurs ? En nous prescrivant une conduite digne de nous , en établissant la république sur des bases inébranlables.
PLUSIEURS VOIX
Point de république ! La monarchie !
VANES.
Vous ne jouirez jamais sous un roi que d'une liberté imparfaite. Mais avant de briser le sceptre des Stuarts , avant de faire rendre compte au despote de son administration tyrannique, établissons un gouvernement qui nous mette à l'abri des desseins ambitieux de cet homme que la victoire a élevé si haut parmi nous (49)'
WALLER
Nous n'éviterons pas sa tyrannie : César a passé le Rubicon.
VAN ES, à Waller.
L'ombre de Caton l'attend aux ides de Mars , et Brutus se console en regardant son poignard.