SCÈNE IL
CHARLES I, WARWICR (5).
Bonjour , mon cher Warwick. Avez - vous bien passé la nuit ?
WARWIC K
Hélas ! sire , je ne dors plus depuis la fatale journée de Naseby. Votre majesté est si malheureuse....
DRAME. i5
Voir mon roi sous le poignard d'infâmes scélérats...
(Il verse quelques lariues ). Ail ! j'ai vécU trop longtemps. CHARLES I.
Essuyez vos larmes, mon ami, et comptons sur la Providence,
W AR WÏCK.
Elle trompe souvent les espérances de la vertu.
Quelquefois dans ce monde, mais jamais dans l'autre.
( Il s'approche de la table et prend la prière qu'il vient de lire. )
Voici un papier cacheté que je vous charge de remettre de ma part à M. Juxon, évéquede Londres.
WARWICK
Le plus honnête homme des trois royaumes.
Je commence à avoir froid : ordonnez qu'on fasse un peu de feu.
WARWICK
Sire, mille excuses. Je n'aurais pas dû attendre les ordres de votre Majesté; mais ma pauvre tête est si troublée....
( Il sort un instant. ) CHARLES 1.
Respectable serviteur...! Et voilà cependant les hommes que nous méprisons quand la fortune nous sourit !
( Warwick rentre , et jette dans le poêle quelques charbons allumés. )
]6 LA iMORT DE CHARLES L
Quoi ! vous vous donnez la peine...? Il n'y a donc personne iei pour vous aider. . . ?
Personne , Sire. Aucun de vos sujets ne partage avec moi l'honneur de vous servir.
CHARLES 1, avec émoiion.
Ln vieillard ! Les misérables.... !
( Warwick prend un soufflet ; mais le roi s'en empare avec vivacité , et souffle lui-même le feu.)
WARWICK
Se jetant aux pieds dn roi et lui baisant la main.
O mon maître ! mon vertueux maître !
( Le colonel Harrisson entre. ) CHARLES I.
Relevez-vous, Warwick, relevez-vous.
( Warwick se relève , et le roi le presse dan^ ses Lras. )