SCÈNE XLII ET DERNIÈRE
LES MÊMES PERSONNAGES, deux bourreaux MASQUÉS (l lo).
(Le cortège traverse la grande salle dite des banquets, et arrive par une fenêtre à l'échafaud tendu de noir. On voit au milieu un billot fort bas; la hache d'exécution est dessus. Les deux bourreaux masques se tiennent un peu à l'écart.)
(La place de White-Hall est couverte d'infanterie, placée entre des barrières qu'où a élevées autour de l'échafaud. Peuple. )
CHARLES I, après avoir regardé le billot.
Cette pièce de bois n'est -elle pas ordinairement plus élevée?
THOMLINSOIV.
Non, sire.
CHARLES I, à ceux qui l'accompagnent.
Le peuple est trop loin de moi pour que je puisse lui adresser mes dernières paroles; je vous prie donc, messieurs , de vouloir bien les recueillir. Sachez que je n'ai pris les armes qu'après les premières levées militaires du parlement, et que, dans cette malheureuse guerre, je n'ai jamais voulu attaquer les franchises et les libertés de mon peuple, mais j'avais des droits à conserver, des droits que je tenais de Dieu et de mes ancêtres. Quant aux deux
chambres du parlement... (Aun dcsassïstaus, qui vient de
toucher la hache. ) N'émoussez pas le taillant, cela me ferait tort (n i)... Quant aux deux chambres du parlement, je les crois innocentes de tout ce qui m'arrive... je suis la victime de quelques hommes dont la postérité fera justice... Dieu me punit peutêtre aussi d'une faiblesse dont le souvenir n'a cessé d'élever dans mon âme des remords qui n'expireront que sur ce billot... Je pardonne à tous mes ennemis et aux principaux auteurs de ma mort; mais je les exhorte, eux et toute la nation, à rentrer dans les voies de la paix, en rendant à mon fds l'obéissance qu'ils doivent à leur souverain légitime (112).
JUXON
Sire , vous n'avez plus qu'un pas difficile à faire. Vous allez passer de la terre au ciel , et là vous trouverSz la consolation et le bonheur (*).
Je change une couronne terrestre pour une couronne éternelle (**).
(Le roi ôte son manteau ei le cardon de Saint-Georges, qn'il remet à Joxon. Un instant après il lui dit : )
Souvenez-vous. . • ( 1 1 3) '
(*) Historique.
(**) Historique.
igo LA MORT DE CHARLES L
JUXON
Sire, votre majesté ne peut douter de mon obéissance.
CHARLES 1, au bouircau.
Quand j'étendrai les mains, alors...