LE BOURREAU
Sire, je ne frapperai pas avant.
(Le roi, après avoir regardé le ciel, met la tête sur le billot, et étend les mains... Il est mort. )
LE SECOND BOURREAU, en montrant la tête au peuple.
Voilà la tête d'un traître!
RICHEMOND, qui se précipite sur le corps du roi , et trempe son mouchoir dans le sang.
Ce mouchoir sera le plus sacré, le plus noble héritage de mes enfans. <
On emporte le corps du roi dans un cercueil couvert de velours noir.
Beaucoup '^de personnes pleurent dans la foule, et tâchent de s'approcher de l'échafand; mais deux régimens de cavalerie les dispersent (*).
Stupeur générale. La force armée se retire.
(*) Voyez l'Histoire tV Angleterre , par le docteur Lingard, t. X, p. 526, traduction de M. de Roujoux, et la Fie de Cromwell , par M. Villemain, liv. III, p. 218.
(i) «Le poison ou l'assassinat était l'unique perspective « qu'il eût à tout moment devant les yeux , car il n'avait pas « le moindre soupçon d'une sentence et d'une exécution ju- « diciaire; catastrophe dont l'histoire ne lui fournissait au- « cun exemple. » Hume, hist. d'Angleterre^ t. XV, p. k'^o'^ Yverdon, 1781.
(2) Le colonel Harrisson.
(3) Cette phrase est prise textuellement d'une lettre du roi au lord Digby.
(4) Cette pièce , intitulée prière pour le temps de captivité, est tirée à peu près mot pour mot de la prière de Paméla dans l'Arcadie de sir Philippe Sidney, neveu du célèbre comte de Leicester, favori d'Elisabeth. Milton rapporte ces deux morceaux dans son iconoclaste.
(5) Philippe Warwick était le seul serviteur qu'on eût laissé au roi. Quelque temps après on lui donna Herbert.
(6) On sait que les indépendans prêchaient le principe de la souveraineté du peuple.
(7) « Sur cela Harrisson prit occasion de dire à sa ma- « jesté qu'il ne fallait pas qu'elle conçût une telle imagination ; « que le parlement avait trop d'honneui- et trop de droiture
« pour former un si lâche dessein ; que tout ce que le parle- << ment ferait, serait très public, et par les voies de la jus- '< tice ; que tout l'univers en serait témoin , et que la chambre a des communes était incapable d'avoir la moindre pensée '■ d'une secrète violence. » La vie d'Oliv. Cromwell, trad. de V Anglais^ t. I, p. i54; La Haye, 1738.
(8) Historique.
(9) Boui'g de l'île de Wight où le roi était retenu sous la gai'de de Hammond , parent de Cromwell.
(10) « Mais ayant donné sa parole au parlement de ne pas '< s'échapper pendant le traité ni de trois semaines après , il « ne voulut point qu'on eût à lui reprocher de l'avoir violée. » Hume, t. XV, p. 453.
(11) Hist. de Cromwell, par M. Villemain; t. I, p. i44-
(12) Le même historien; t. I, p. i56.
(i3) Hume; t. XV, p. 387.
(14) Tout cela était l'ouvrage du cardinal de Richelieu.
(i5) Après de pareils exemples, que penser de l'amitié des rois entre eux ? «^
(16) Caliban est un personnage de la Tempête , pièce de Shakspeare , représentée plusieurs années avant le règne de Charles I. Voyez la notice de M. Guizot sur cet ouvrage, en tête de la traduction française.
(17) Hist. de Cromw. par M. Villemain; t. I, p. ii3.
(18) L'ouvrage de Prynne est inûtxAé Histriomastrix. C'est un petit volume de mille pages in- 4°-
(19) Prynne fut condamné pour son livre, qu'on aurait dû mépriser, à passer quelques heures au pilori, à perdre les deux oreilles, à une amende de cinq mille livres sterling, et à une prison perpétuelle.
(20) On sait qu'à cette époque les Anglais, de quelque parti qu'ils fussent, citaient l'Ecriture à tout propos.
(21) Maxime des indépendans. Voyez Hume, t. XV, p. 235.
(22) Quand on pense que de pareils motifs peuvent remuer un peuple et le jeter dans une révolution sanglante, on rougit de porter figure humaine. Boileau avait bien raison de dire :
Le plus sot animal , à mon avis, c'est Thomme.
(23) Psaume IX , vers. XVI.
(24) Épître de saint Paul aux Romains, chap. III, vers. XIII.
(25) Ce fut sur la route de Newcastle à Hombly que le roi toucha pour la dernière fois des scrophuleux. Il venait d'être livré par les Écossais aux commissaires du parlement.
(26) Psaume II, vers. II et III.
(27) Évangile de saint Mathieu, chap. III, vers. X.
(28) Phrase en usage parmi les Juifs, lorsqu'ils se révoltaient contre leurs princes.
(29) Évangile de saint Luc, chap. XXIII, vers. XXXIV.
(3o) Il est assez singulier que le mot de tailleur ait été long-temps un terme d'opprobre en Angleterre. Voyez la traduction française de IVoodsloch ^ t. I, ebap. I, p. i8.
(3i) Psaume XVI, vers. I. — Charles I fait ici ce qu'il avait déjà fait dans une église en 1646. Voyez Hume, t. XV, p. 341 et 342.
(32) Ce mot est historique. Hist. de Cromwell , par M. Villemain, t. I, p. 144.
(33) Cromvrell appelait le jugement et l'exécution du roi la grande affaire. Voyez Woodstock., 1. 1, chap. VI, p. 170.
(34) On donnait quelquefois à Cromvrell le nom de brasseur, parce que sa mère avait établi une brasserie à Huntingdon.
(35) Abréviation populaire d'Olivier.
(36) Cette dernière phrase est historique, mais Cromwell ne l'a point adressée à Charles I. Voyez l'Hist. de Cromwell^ par M. Dugour, t. I, p. 54; Paris, an VI.
(37) C'est, à peu de chose près, ce que Jacques I a dit aux deux chambres assemblées au palais de White-Hall, et tout le monde sait que son successeur pensait de même. Hist. d" Angleterre , par Smolett, liv. VI, chap. T, ann. 1610.
(38) Juxon avait dit à Charles I que, si dans le fond de son cœur il ne croyait pas que Strafford fut coupable, il ne devait pas consentir au bill.
(39) Cette dernière moitié de phi'ase est de Cromwell luimême.
(40) Ce mot est rapporté clans l'IIist. de Cromwcll , par M. Dugour, t. I, p. 68.
(41) Historique.
(4^) Cromwell et Ireton disaient tout cela au roi pour l'endormir. Le mot /?«r^^r n'est pas de moi, il est de leur dictionnaire. Voyez CHist. de Cromwell, par M. Villemain, t. I, p. i5i.
(43) Historique.
(44) J'avertis le lecteur que je ne suis pas toujours fidèle, dans cette scène, aux usages parlementaires, parce que je crois qu'en Angleterre, comme en tout autre pays , une assemblée nationale s'écarte plus d'une fois de son règlement dans un moment de révolution. Ainsi, par exemple, il est d'usage de lire trois fois un bill avant de le soumettre au jugement de la chambre; mais une faction va plus vite en besogne. Le président permet à un orateur de parler en l'appelant par son nom, et cet orateur adresse toujours la parole au président, quoiqu'il réponde à un autre membre de la chambre. Ces usages et quelques autres, que je ne blâme pas, sont des usages de convenance et de paix ; mais il est plus que probable que, s'ils existaient à l'époque dont il s'agit ici, ils n'étaient pas respectés. On ne marche jamais posément sur un fer rouge. D'ailleurs le titre de mon ouvrage m'impose l'obligation d'être dramatique, et je ne le serais pas si celte scène était aussi froide qu'une séance ordinaire du parlement,
(45) Ce morceau est histoi'ique, mais je l'ai abrégé.
(46)... «On comparait la mort de Charles I à un drame « ou à une tragédie, dont les presbytériens avaient formé le
iç)6 NOTES.
« plan et rempli les quatre premiers actes, et dont les in- « dépendans voulurent remplir exclusivement le cinquième, n Les royalistes disaient encore : Les presbytériens ont lié la n victime qui fut ensuite égorgée par les indépendans. » Essai sur la révolution (T Angleterre, par M. Boulay ( de la Meurthe), troisième partie , p. 67 ; Paris , an VIL
(47) Historique , non le discours de Holles , mais la phrase soulignée.
(48) Cette réponse au colonel Harrisson est du major Streater, personnage peu marquant, que je n'ai pas cru devoir mettre dans mon ouvrage.
(49) « Vanes, Ludlow, Sidney, Hutchinson, auraient voulu « que la forme du gouvernement fût réglée avant la mort « du roi, de peur que l'armée n'essayât d'élever à la place « vacante un chef sorti de ses rangs. » M. Villemain , t. I ,
(50) Historique.
(5i) C'était ainsi que Cromvrell appelait le prince de Galles, fils aîné de Charles I.
(52) On sait que la reine Christine fut la première à reconnaître le protecteur. Quelque temps après, celui-ci lui envoya son portrait avec six vers latins de Marvel, dont voici le sens :
Les armes à la main j'ai défendu les lois ;
D'un peuple audacieux j'ai vengé l;i querelle.
Regardez sans frémir cette image fidèle :
Mon front n'est pas toujours l'épouvante des rois.
A'or.TAIRE.
La France reconnut aussi le protecteur, et voici le cliscouîs que notre ambassadeur lui adressa le ay mars i654; cette pièce diplomatique est très-remarquable. « Votre altesse sé- « rénissime a déjà reçu du roi mon maître les principales « assurances du désir qu'il a d'entretenir une parfaite corres- « pondance entre ses États et l'Angleterre. Sa majesté donne « aujourd'hui à votre altesse des preuves publiques de ses « intentions ; et l'ambassade qu'elle vous envoie marque n clairement que l'estime qu'elle fait de votre altesse , et que « les intérêts de ses peuples prévalent dans ses conseils à « certaines considérations qui agiraient puissamment sur un « prince moins sensible à cette estime et à ces intérêts. Ce « procédé, fondé sur de bons motifs, et si difterent de ce « que dicte la seule ambition , rend l'amitié du roi mon maître <■ aussi considérable par sa fermeté que par son utilité ; et « c'est ce qui fait rechercher son alliance des plus grands « princes et des plus grands rois de la terre. Mais sa majesté « ne l'accorde jamais avec plus de joie qu'il ceux que les « actions vertueuses et le mérite extraordinaire rendent plus « illustres et plus fameux que V étendue de leurs domaines. « Sa majesté est persuadée que tous ces avantages sont réunis « dans votre altesse. La divine Providence ne pouvait pas « témoigner plus de bonté à ces trois nations ^ ni leur faire «plus tôt , et avec plus de satisfaction , oublier leurs misères « et leurs calamités passées , qu'en les soumettant à un si «juste gouvernement. Et puisqu'il ne suffit pas, pour achever « leur bonheur, de leur faire goûter au dedans une paix « profonde, parce que ce bonheur dépend aussi de leur union « avec les nations étrangères, mon maître espère de trouver « dans votre altesâe la disposition que sa majesté exprime « dans ses lettres. II y a lieu de croire, par tant de penchant « ipie sa majesté et votre altesse ont fait paraître vers l'union
« des deux nations, que vos vœux seront bientôt accomplis. « Pour moi, je ne souhaite rien tant que de pouvoir allier «le service du roi, mon maître, avec le plaisir et la satis- « faction de votre altesse ; et j'espère que le bonheur que « j'ai de donner à votre altesse les premières assurances de « l'estime de mon maître , me procurera l'occasion de mériter « par mes sei'vices l'honneur de votre affection. » Vie de Cromwell, trad. de l'Anglais, t. II, pag. 87 et suiv.
(53)... « Suivant une autre anecdote, pendant son séjour « à l'école, étant seul dans sa chambre, il crut apercevoir « un fantôme qui lui annonçait sa future grandeur, w M. Vil- LEMAIN, t. I, p. 7.
(64) Ces expressions sont tirées d'une lettre de Cromwell à son cousin Saint- Jean. Mémoires de Warwick , p. 249.
(55) Historique.
(56) Historique. On voit que Ludlow, malgré son esprit, était dupe de Cromwell.
(57) Isaïe, chap. XLIX, vers. XXIV.
(58) Exode, chap. XVII.
(5g) Ce mot est historique. Voyez V article Cromwell, dans le Dictionnaire philosophique de Voltaire.
(60) Propres expressions de Cromwell.
(61) « Ludlow et les véritaJjlesindépendans argumentèrent « contre la monarchie , en s'appuyant svu-tout de deux versets « tirés du premier livre de Samuel. >» M. Villemain , t. I , p. 167.
(62) Voyez Hume, t. XV, p. 4i3, et Fox, dans son Histoire des deux derniers rois de la maison de Stuart, t. I, p. 78 et 79; Paris, 1809.
(63) Lambert aimait beaucoup les tulipes. Voyez Woou- STOCK, t. IV, p. 193.
(64) Historique. Voyez M. Villemain, t. I, p. 168.
(65) Historique. Voyez le même écrivain, t. I, p. 168, et les mémoires de Ludlow, t. I, p. aSg.
(66) C'est à peu près mot pour mot ce que Manwaring a dit dans un sermon.
(67) Il paraît prouvé que plusieurs royalistes ne voulaient plus de Charles I pour roi. Voyez l'ouvrage de M. Boulay, déjà cité.
(68) Calomnies des indépendans, rapportées par les historiens.
(69) C'étaient les agitateurs, les indépendans, les niveleurs.
(70) Histoiùque.
(71) « Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre « la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, « pourvu qu'elle en entende seulement le nom. » Bossuet , Oraison funèbre de la reine d'Angleterre.
(72) J'avais écrit ici une note très-étendue sur Cromwell et Napoléon, mais j'ai jugé à propos de la supprimer. Je dirai cependant que sir Walter Scot n'y était pas bien traité, lui qui s'est oublié au point d'appeler Bonaparte, dans ses Lettres
de Paul , un grand charlatan. Quel singulier charlatan qu'un homme qui a presque toujours vaincu ses ennemis, qui a vu tous les rois recheixher son alliance , qui est ùevenii le gendre de l'un d'eux, et qui, malgré ses malheurs, est encore le plus grand capitaine qui ait paru en Europe depuis César.
(73) Ludiow dit, dans ses Mémoires, que ce fut Ireton qui annonça à Fairfax le projet dont il est question.
(74) Myladi Fairfax n'avait pas toujours été royaliste.
(75) Voyez M. Villemain, t. II, p. iSî et suiv.
(76) « Le comte Roger d'Orrery, dans le temps de la « grandeur de Cromv?ell, immédiatement après qu'il l'eut « secouru si à propos dans son grand embarras à Cloumell, « partant un jour d'Yougall avec lui et Ireton , ils vinrent à « pai'ler de la mort du roi. Là-dessus Cromvrell dit plus o d'une fois que si le roi eût suivi son propre jugement et « n'eût eu près de lui que de fidèles serviteurs , il les aurait «joués tous, et qu'une fois ils avaient pensé conclure avec o lui, mais que sur quelque nouvel incident ils avaient aban- « donné ce dessein. Orrery les voyant de bonne humeur, et • d'ailleurs étant seul avec eux, demanda s'il pouvait les « prier de lui expliquer pourquoi ils avaient pensé conclure « cette fois avec sa majesté, et pourquoi ils ne l'avaient pas « fait. Cromwell consentit fort librement à le satisfaire sur « ces deux questions. La raison, dit-il, qui nous portait à « conclure avec le roi, c'est que nous trouvâmes que les « Écossais et les presbytériens commençaient à devenir plus « puissans que nous, et paraissaient disposés à s'accommoder '< avec lui; ce qui nous aurait laissés dans le bourbier. Nous « crûmes alors que la prudence nous obligeait de les pré-
« venir, en offrant d'abord des conditions raisonnables. Mais « tandis que cette idée nous'occupait , il nous vint une lettre « d'un de nos espions qui était de la chambre du roi, et qui « nous apprenait que notre detnière sentence avait été por- « tée ce jour-là; qu'il n'avait pu découvrir au juste en quoi «elle consistait, mais que nous le saurions infailliblement « si nous pouvions intercepter une lettre du roi à la reine, « dans laquelle il l'informait de sa résolution ; que cette lettre « était cousue dans la penture d'une selle, et que celui qui « était cliar^'é de la porter devait se rendre le même jour « vers dix heures du soir, avec la selle sur sa tète, à l'hôtel- « lerie de l'Ours-bleu dans Holbourn, où il devait prendre « un cheval pour Douvres. Le messager ne savait rien de la «lettre qui était dans la selle, quoiqu'elle fût attendue à « Douvres par quelques personnes qui le savaient. Nous «étions à Windsor, continua Cromwell, lorsque nous re- « çiàmes cette lettre, et là-dessus nous résolûmes, Ircton et « moi, de prendre un homme de confiance avec nous, et de « nous rendre à cette hôtellerie en habits de cavaliers de « troupes. C'est ce que nous fîmes; et laissant notre homme 0 à la grande porte de l'hôtellerie qui avait un guichet pour « le passage des gens de pied , avec ordre de veiller, et de « nous avertir lorscpi'il arriverait quelqu'un chargé d'une « selle, nous entrâmes dans la salle à boire. Nous y bûmes « quelques pots de bière jusque près de dix heures que notre « sentinelle vint nous avertir que l'homme avec la selle était » arrivé. Nous nous levâmes aussitôt, et dans le temps que « l'homme allait sortir avec son cheval sellé, nous nous ap- « prochàmes de lui le sabre à la main , et lui dîmes que nous « avions ordre de faire la visite de tout ce qui entrait dans « cette maison ou qui en sortait ; mais que comme il avait «l'air d'un honnête homme, nous nous contenterions de
« fouiller la selle. Nous portâmes la selle dans la cliambrc « où nous avions bu, et l'ouvrant nous y trouvâmes la lettre. « L'ayant prise, nous rendîmes la selle à l'homme , que nous «avions laissé avec notre sentinelle; nous lui dîmes qu'il « était un honnête homme à qui nous laissions la liberté de « partir; ce qu'il fit en continuant promptemcnt son voyage, « sans savoir le mal qu'on lui avait fait. Nous trouvâmes « dans la lettre que sa majesté informait la reine qu'il était « courtisé par les deux factions , les presbytériens écossais et « l'armée, et que ceux qui lui feraient les meilleures condi- « lions l'emporteraient ; mais qu'il croyait devoir conclure o avec les Ecossais plutôt qu'avec les autres. Nous retour- « nâmes à Windsor; et jugeant que nous n'avions pas de « termes favorables à nous promettre , nous résolûmes sa « destruction. » Vie d'Ormond, par Cartes , t. II, pag. 12.
(77) Livre des Nombres, chap. XVI, vers. V.
(78) Exode, chap. XXIII, vers. XX.
(79) Voyez la note XLVI.
(80) Chambre basse, connue sous le nom d'enfer.
(81) Crorawell a fait souvent cette proposition aux communes.
(82) Il fut aussi membre du troisième parlement de Charles I , en 1628.
(83) Ludiow rapporte ces paroles dans les Mémoires qu'il nous a laissés, comme les ayant adressées lui-même un jour h. Crorawell.
(84) Ce fait est rapporté par tous les historiens.
NOTES. 2o3
(85) Historique.
(86) Ce que vient de dire Cromwell est pris mot à mot dans son discours au parlement.
(87) Voici quelques lignes de Bacon , qui peuvent servir de réponse à Ireton : Axiomata infarna non multum ah experientia nuda discrepant , suprema vero et generalissirna rationalia sunt et abstracta, et nil habent solidi. At média sunt axiomata illavera , etsolida, etviva, in quitus humanœ res etfortunœ sitœ sunt. Nov. org., lib. I, § CIV.
(88) Historique.
(89) Quelques historiens rapportent que la Vierge d'Hertford fut admise au conseil des officiers, et quelques antres, aux communes : j'avais donc le droit de choisir entre ces deux versions. Quant au petit discours que cette fanatique adresse à la chambre, il n'est pas dans l'histoire.
(90) C'est probablement par respect pour la volonté de son père que Charles II a poursuivi avec acharnement presque tous ceux qui avaient pris une part active à la révolution, et que, violant le territoire étranger, il a fait arrêter, en Hollande, Berkstead, Corbet et Okey, qui ont été exécutés à Tyburn.
(91) Historique.
(92) Voyez l'Évangile de saint Mathieu, chap. XXIII, vers. XXXIV.
(93) «Allez à l'église, disait- il aux malhcm-eux qu'il « rencontrait, en leur distribuant du pain, des habits, quel- « ques pièces de monnaie ; allez à l'église , et priez Dieu
2o4 NOTES.
«qu'il lui plaise de nous regarder d'un œil favorable, de «nous délivrer du papisme, et d'inspirer les juges établis «pour le procès du roi. » Hlst. de Cromw. par M. Dugour, 1. 1, p. ii3 et II 4.
(94) Voyez la note précédente.
(gS) Voici le fait historique qui m'a donné l'idée de la scène où le roi joue aux échecs. « Lorsque Charles fut in- « formé de la dernière résolution des Écossais, qui lui fut «communiquée par une lettre, il était à jouer aux échecs « yHist. des Hamiltons par Burnet.) Son empire fut si grand « sur lui-même, qu'il continua son jeu sans mterruption, et " personne autour de lui ne s'aperçut que l'écrit qu'il venait i< de lire contenait des nouvelles impoitantes. w Hume, t. XV, p. 35 1.
(96) Ce mot est historique, mais il ne me paraît pas juste. Lady Fairfax aurait dû dire , ce me semble : il a trop d'honneur pour être ici.
(97) Le geste du roi et le taisez-vous, monsieur, sont histori(pies. Voyez VHlst. du procès, trad. en français^ p. 24.
(98) Historique.
(99) Voyez rhist. du Procès, trad. en français, p. 161. Cette doctrine n'était pas nouvelle, car Kéale, avocat du roi, dans la quarante- troisième année du règne d'Elisabeth, avait dit au parlement : « Je m'étonne qu'on balance à «donner un subside, lorsque tout ce que nous possédons « appartient à sa majesté, et qu'elle peut légitimement le « prendre à son gré, et qu'elle n'a pas moins de droit sur « nos terres et nos biens que sur le revenu de sa couronne. »
NOTES. 2o5
(loo) On disait que le parlement avait levé, depuis le commencement de la guerre, quarante-cinq millions de livres sterling; mais il y avait de l'exagération dans ce calcul. Voyez Hume, t. XV, p. 873.
(loi) Notamment dans un ouvrage attribué à Cromwcll , et intitulé la Sainarie anglaise , où l'on appliquait au roi les passages de l'Ancien Testament sur le règne d'Acliab.
(102) C'est aussi sous la voûte de cette chapelle que l'on a retrouvé le corps et le cercueil de Charles I, en i8i3. Voyez t ouvrage de sir Henri Halford , baronnet. Il est donc démontré aujourd'hui que ce n'est pas ce prince que Charles II a fait pendre au gibet, sans s'en douter, à l'époque de la restauration; mais il est également démontré que Cromwell n'a pas essuyé cet outrage, et je le prouve par la pièce suivante. « Il est encore incertain si le corps de Cromwell '< fut réellement enseveli. Il le fut par représentation dans « l'abbaye de Westminster (*); mais quelques-uns prétendent « qu'on le porta au-dessous du pont de Londres , et qu'on « le jeta dans la Tamise. Mais il est plus probable qu'il ait été « enterré dans Naseby-Ficld. Voici une relation qu'on donne « pour avérée, et que M. Barkstead, fds du régicide de ce « nom, qui avait environ quinze ans à la mort de Cromwell, « est prêt à confirmer par serment , s'il en est requis. » M. Barkstead , le père, qui était lieutenant de la tour et grand confident de Cromwell, demanda à son altesse, conjointement avec plusieurs autres de ses favoris, pendant sa dernière maladie, dans quel endroit elle souhaitait être
( ) Tous les historiens ne parlent ici que tic V effigie du protcclour, ■iir son corps ne paraît pas dans la pompe Cuncbrc.
2o6 NOTES.
enterrée. Le protecteur leur répondit qu'il voulait être enterré dans le champ où il remporta sa plus belle victoire, et aussi près qu'on pourrait le deviner, du lieu où s'était passé le plusjort de l'action ; ce qui était au champ de Naseby, dans la province de Northampton. Cela fut exécuté conformément a son intention , et de cette manière. Peu de temps après son décès , on embauma son corps, et on le mit dans une bière de plomb : à minuit il fut porté à Naseby-Field. M. Barkstead ayant donné l'ordre à son fils de ne point quitter le corps , lorsqu'ils furent arrivés au champ , ils trouvèrent une fosse de la profondeur d'environ neuf pieds ; le gazon avait été ramassé avec soin d'un côté, et la terre avait été mise de l'autre. Dès que la bière fut mise dans la fosse, on la remplit , et on y remit le gazon avec beaucoup de soin , on l'aplanit aussi proprement qu'il fut possible , et on fit emporter toute la terre qui était de reste. On fit bientôt après labourer tout le champ , et on y sema du blé pendant les trois ou quatre années suivantes. Voyez la vie d'Oliv. Croniw., trad. de l'anglais, t. II, p. aSS et suiv. On peut conclure de tout ceci que Charles II, voulant donner une repi'ésentation à Tyburn, y a fait pendre le cadavre de je ne sais qui, pour frapper l'esprit du peuple. Cette conduite était trèsimpolitique, car elle devait offenser presque toute l'armée et tous ceux qui avaient pris part à la révolution. Il est de la nature de certains hommes de ne faire que des Sottises, et les successeurs de Charles I étaient de l'espèce.
(io3) Historique. Voyez M. Villemain , t. I, p. 2i5 et 216.
(104) Historique. Le même écrivain, t. I, p. 216.
(io5) Le fond de cette scène est historique, moins quelques détails qui m'appartiennent.
(106) « J'ai connu dans mon temps, dit Goldsmitli, beau- « coup de vaillans champions de la liberté, et je ne m'en « rappelle pas un seul qui , dans le fond de son cœur, et dans « le sein de sa famille, ne fût un tyran. » Le Ministre de fVahefield. chap. XIX. Je suis plus heureux que Goldsmith, car je connais quelques amis de la liberté qui ne sont pas des tyrans dans leurs familles; mais j'en connais aussi à qui il ne manque que le pouvoir pour l'exercer avec despotisme, ou quelques faveurs de cour, pour devenir plus ministériels qu'un ministre. Guillaume III disait : « Siiui roi d'Angleterre ■ avait assez d'emplois considérables à domier à tous ceux «qui y aspirent, les noms de Whig et de Tory seraient « bientôt abolis. »
(107) Ce mot est historique, mais Cromwell ne l'a dit qu'à son retour d'Irlande.
(108) «Toutes les nuits de cet intervalle, son sommeil « fut aussi profond qu'il l'était ordinairement, quoique le « bruit des ouvriers qui dressaient l'échafaud , et qui faisaient «d'autres préparatifs pour son exécution, retentît con- « tinuellement à ses oreilles. » Hume, t. XV, p. /(7g.
(109) «Mais Jésus jetant un grand cri pour la seconde 0 fois, rendit l'esprit : en même temps le voile du temple se « déchira, etc. w Evatig. de saint Mathieu j chap. XXVII.
(iio) Quelques personnes croient que l'homme masqué qui coupa la tète à Charles I était M. Stoup, qui fut ensuite colonel d'un régiment suisse en France; mais cela n'est pas prouvé.
(m) Historique.
(112) Voyez Hume, t. XV, p. /,8i.
2o8 NOTES.
(ii3) « Quelqu'un ayant rrniarqué que le roi, dans le mo- « ment qu'il s'était présenté à l'exécuteur, avait dit à Juxon « d'un ton fort pressant le seul mot remembrer^ qui signifie 'i souvenez-vous ^ on supposa que cette expression couvrait « de profonds mystères, et les généraux en exigèrent l'expli- « cation du prélat. Il leur dit que le roi, qui l'avait souvent « chargé de recommander à son fds le pardon de ses meur- « triers, avait pris cette occasion au dernier moment de sa « vie, lorsqu'il supposait sans doute rjue ses ordres seraient «regardés comme des lois sacrées et inviolables, pour lui « répéter ses intentions ; et que cette âme douce et généreuse « avait ainsi terminé sa course mortelle par un acte de bien- « veil lance pour ses plus grands ennemis.» Hume, t. XV, p. 485 et 486.