‹ La mort de Henri III, ou, Les ligueursChapitre 10 sur 71 · MAYNEVILLE · texte numérisé non relu

MAYNEVILLE

Si nous n'avions pas eu le malheur de le manquer à Tours (11), nous serions un peu mieux dans nos affaires.

MONTPENSIER

Eh bien ! tachons d'être plus heureux sous les murs de Paris : la fortune ne nous sera pas toujours contraire.

MAYENNE, à Mayneville.

Je vous ordonne, Monsieur, d'aller vous poster au pont de Saint-Cloud , et de le défendre jusqu'à la dernière extrémité.

MAYN EVILLE.

Si les Parisiens me secondent, je réponds sur ma tête que l'armée royale ne passera pas la Seine.

Il sort).

Ar WENNE.

N'attendez pas que Lincestre vienne vous voir, ma sœur; allez chez lui. Promettez à ce prêtre les plus grandes récompenses. Tl faut absolument qu'il nous livre en holocauste le jeune jacobin armé d'un poignard ; car si Valois n'est pas mort dans quarantehuit heures, nous sommes perdus. Je vais prendre cependant les mesures nécessaires pour la défense de Paris, quoique je regarde tout cela à peu près comme inutile. ( Il veut sortir ).

DRAME. i5

MONTPENSIER le retenant.

Vous savez que Valois a des partisans (12), et que dans un moment aussi critique....

MAYENNE

Hélas ! je ne l'ignore pas : nous sommes entre deux feux. Mais il me reste toujours un moyen sûr de sauver l'honneur de mon nom.

MONTPENSIER

Quel est-il ?

M AYENNE.

Mourir l'épée à la main. Adieu. (Il sort).

MON TPENSIER.

Cela est beaucoup trpp antique, beaucoup trop romain : il vaut mieux vivre et régner. ( Elle veut

sortir pour aller chez Lincestre). Mais quelle distraction!

j'allais paraître sans être en deuil (i3). Ce n'est pas aujourd'hui qu'il faut oublier le costume du rôle.

( Elle entre dans son cabinet de toilette ).

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