‹ La mort de Henri III, ou, Les ligueursChapitre 33 sur 71 · HENRI TII, HENRI DE BOURBON, ROSNY · texte numérisé non relu

HENRI TII, HENRI DE BOURBON, ROSNY

HENRI DE BOL1 R BON

Mon frère, j'arrive de Meudon pour me féliciter avec vous du renfort que nous devons au plus zélé de vos sujets.

Vous voyez que j'ai comme vous mon baron de Rosny (48).

ROSNY

Vive Dieu! sire, vous méritez un ami, si vous

êtes aussi sensible à l'amitié que le roi de Navarre.

( Celni-ci lui presse la main).

Je suis charmé de vous voir avec nous ; je vous croyais dans vos terres.

ROSIfY, en souriant.

Je n'ai pu résister au désir de contribuer à l'infaillible défaite des docteurs de Sorbonne et de MM. La Rocheblond et Crucé (4g). A Paris, sire , à Paris !

HENRI DE BOURBON

Oui, sans doute, à Paris, et sans perdre un moment. Serrons de près les rebelles tonsurés et autres; ils se rendront faute de vivres. HENRI m.

Ne vaudrait-il pas mieux attendre ici M. deMayenne? S'il nous attaque et que nous le battions, la ville est à nous. Les Parisiens, que nous avons intérêt de ne pas trop irriter...

HENRI DE BOURBON

Ventre saint gris ! allons-nous manquer l'occasion d'en finir avec les ligueurs, comme vous l'avez manquée à la journée des Barricades ? Pourquoi attendrions-nous ici M. de Mayenne ? Nous sommes en route et en bonne route ; continuons notre chemin.

ROSNY, à Henri III.

Votre majesté compte sur une faute que M. de Mayenne ne fera pas. Il se gardera bien de hasarder le sort de la capitale dans une bataille qu'il perdrait infailliblement, car à peine a-t-il six mille hommes sous ses ordres. Ainsi, tout lui prescrit de nous attendre avec sa petite armée au milieu des Parisiens, dont il ne pourrait plus tirer aucun parti s'il était vaincu.

HENRI DE BOURBON

Et par conséquent, il faut cerner la ville le plus tôt possible. Des soldats sans vivres sont à demi battus, et des bourgeois affamés, toujours trèsdisposés à la révolte. S'ils allaient nous livrer Mayenne et messieurs du parlement!

HENRI m.

Mon Dieu ! je ne connais rien de plus déplorable qu'une guerre civile. (A Henri de Bourbon.) Puissé-je ne pas vous la léguer avec le trône!

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