‹ La mort de Henri III, ou, Les ligueursChapitre 56 sur 71 · JACQUES CLÉMENT, BOURGOIN ET · texte numérisé non relu

JACQUES CLÉMENT, BOURGOIN ET

MERGY , quelque temps après.

CLÉM EN T. Il éteint sa lumière, et se couche.

Dormons.

(Il dort an bout de cinq minutes. Grand silence pendant deux heures). BOURGOIN, en dehors , à Mergy .

Il faut l'achever... Changez votre voix, et sortez tout de suite pour ne pas lui donner le temps de vous reconnaître.

M E RGY, couvert d'un surplis et entouré d'une auréole éblouissante.

Clément! Clément!

CLÉMENT, à moitié endormi.

Qui m'appelle?

MERGY

Un ange.

CLÉMENT, sur son séant .

Que me voulez-vous...? Dieu!

MERGY

Je suis messager du Tout-Puissant. Je viens t'avertir que par toi le tyran de France doit être mis à mort. La couronne du martyre t'est préparée; prépare-toi aUSSl. (Mergy sort de la cellule. ) (j l).

CLÉMENT, sur son séant.

Que viens-je d'entendre...? Dieu me parle par la

voix des anges! (Il prend son chapelet et le baise.) Il Conduira mon bras... Le tyran est mort!

(Il se recouche et dort. Long silence). (Clément rêve et s'agite dans son lit).

Oui, je te vois très-bien... Je te connais; tu es Judith.

( Silence).

Pourquoi me fais-tu voir la tête d'Holopherne... ? Pour m 'apprendre mon devoir, dis-tu... Un ange est descendu du ciel... Je sais ce que je dois faire.

( Il est jonr).

( Bourgoin entre un couteau à la main).

BOURGOIN

Il dort encore; je crovais l'avoir entendu parler.

Donne-moi la tête de cet ennemi du Seigneur; que je la dévore...! Tu as raison; garde-la toujours pendue à tes cotés... C'est un saint trophée... j'aurai aussi la tête du Valois...

( Silence ).

Tu m'apportes un couteau...! un couteau que Dieu a béni... Essaye-le sur la tête d'Holopherne... Encore du sang dans cette tête...!

BOURGOI JN , très-bas.

Profitons de SOn rêve. (Il met sur une table le couteau qu'il devait donner à Clément, et sort tout de suite. )

CLÉMENT

Conduis-moi à Saint-Cloud... Nous monterons ensemble au ciel... Tu me refuses... Eh bien! va m'attendre à côté de Dieu.

(Il s'éveille très-agité).

Quelle nuit...! Je l'ai vue... Elle a fait briller à

mes yeUX... (Il voit le couteau qui est sur la table.) Dieu ! le

voilà... ! O Seigneur! je te remercie.

Il sort précipitamment du lit, prend le couteau qu'il enveloppe de son chapelet , le pose sur son cœur, se met à genoux, et dit :

Dieu de justice et de vérité, je vengerai ton saint nom. Tu m'as choisi pour t'honorer sur la terre; tu me demandes du sang... Encore quelques heures, et le sacrifice sera consommé.

( Il se relève ).

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