‹ La mort de Henri III, ou, Les ligueursChapitre 57 sur 71 · JACQUES CLÉMENT, BOURGOIN · texte numérisé non relu

JACQUES CLÉMENT, BOURGOIN

BOURGOIN

Ronjour, frère Clément. Je vous apporte le couteau...

CLÉMENT

Je n'en ai pas besoin.

BOURGOIN

Quoi ! vous renoncez à la béatitude céleste ?

CLÉMENT

Je n'en ai pas besoin, vous dis-je ; Dieu vient de m'en donner un par la main de Judith ; le voilà !

BODRGOIN, se jetant à genoux devant Clément.

O miracle! O bonté divine...! (A Clément.) Je vous adore comme un saint.

CLÉMENT

Relevez-vous, mon père. Je ne suis qu'une faible créature que Dieu soutient de sa puissance invincible... Oui, j'ai vu Judith; elle m'a parlé... J'ai vu un ange; il m'a dit de tuer Valois.

BOURGOIN

Hésiter un moment serait un crime.

CLÉMENT

Un sacrilège.

BOURGOIN

Frère Brusseau vous attend. Il vous confessera , vous communierez, et puis vous irez remplir votre mission sacrée (*).

(*) Cet épouvantable sacrilège est malheureusement attesté par l'histoire. Voyez l'Essai sur les Mœurs et l'Esprit des nations , chap. 173.

CLÉMENT

Que je vais être heureux !

BOURGOIN

Heureux dans le ciel et adoré sur la terre (*).

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