JACQUES CLÉMENT, BOURGOIN
BOURGOIN
Ronjour, frère Clément. Je vous apporte le couteau...
CLÉMENT
Je n'en ai pas besoin.
BOURGOIN
Quoi ! vous renoncez à la béatitude céleste ?
CLÉMENT
Je n'en ai pas besoin, vous dis-je ; Dieu vient de m'en donner un par la main de Judith ; le voilà !
BODRGOIN, se jetant à genoux devant Clément.
O miracle! O bonté divine...! (A Clément.) Je vous adore comme un saint.
CLÉMENT
Relevez-vous, mon père. Je ne suis qu'une faible créature que Dieu soutient de sa puissance invincible... Oui, j'ai vu Judith; elle m'a parlé... J'ai vu un ange; il m'a dit de tuer Valois.
BOURGOIN
Hésiter un moment serait un crime.
CLÉMENT
Un sacrilège.
BOURGOIN
Frère Brusseau vous attend. Il vous confessera , vous communierez, et puis vous irez remplir votre mission sacrée (*).
(*) Cet épouvantable sacrilège est malheureusement attesté par l'histoire. Voyez l'Essai sur les Mœurs et l'Esprit des nations , chap. 173.
CLÉMENT
Que je vais être heureux !
BOURGOIN
Heureux dans le ciel et adoré sur la terre (*).