‹ La mort de Louis XIIIChapitre 1 sur 10 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Louis XIII est mort âgé de 42 ans, le 14 mai 1643, jour de l’Aseension, à deux heures trois quarts après midi. Nous allons essayer d’écrire l’histoire médicale de sa mort ; grâce à des documents originaux, absolument inédits et d'une authenticité indiscutable nous espérons presque arriver à établir un diagnostic rétrospectif.

Pour y parvenir nous nous aiderons de la clinique et de l’anatomie pathologique, reconstituant jour par jour à l’aide de pièces contemporaines l’observation de la dernière maladie de ce royal sujet-, et puisant dans un procès-verbal d'autopsie inconnu jusqu’ici, et d’une netteté parfaite pour l’époque, les éléments d’un diagnostic très moderne dans sa précision.

Si nous pouvons éclairer ce point d’histoire médicale, nous estimerons avoir fait œuvre intéressante sinon utile ; et pour nous excuser de ce que notre thèse peut avoir de trop historique nous nous permettrons de citer la phrase par laquelle débute le discours prononcé en séance publique (1) par Dubois (d’Amiens), secrétaire

(1) Dr Fr. Dubois (d’Amiens). Recherches historiques et médicales sur les incidents du meurtre de Jules César.

Bulletin de l’Acad. de méd. de Paris, 1868 t. XXXIII p. 762-

perpétuel de l'Académie de médecine de Paris, en 1868 : « Vous trouverez sans doute avec moi que ce sujet rentre pleinement dans nos attributions : le médecin n’est-il pas le véritable historien de la mort? N’estce pas à lui qu'il appartient de rechercher comment et par quelles portes pour ainsi dire, la vie peut s’échapper et s’évanouir... »

Mais avant d’entrer en matière, ce nous est un devoir bien doux de venir, suivant la tradition, au seuil de la carrière médicale, apporter nos respectueux hommages à ceux qui ont dirigé nos études. Nous nous souviendrons que c’est dans le service de Monsieur le professeur Le Dentu que nous avons appris à connaître ce qu’est un hôpital, et que Monsieur le docteur Millard a bien voulu nous initier à l’examen des malades.

Pendant nos années d’externat , Messieurs Benjamin Anger, Léon Labbé, et Henri Huchard nous ont prodigué en même temps que leur précieux enseignement les marques de la plus indulgente bienveillance.

Nous ne saurions oublier nos autres maîtres dans les hôpitaux : le regretté professeur Damaschino, Messieurs Schwartz, Walther et Monsieur le professeur Pinard ; à tous nous sommes heureux d’offrir ici avec notre respectueuse gratitude l’expression de notre profonde reconnaissance.

Monsieur le docteur Siredey, médecin de l’hôpital Saint-Antoine nous permettra de saisir l’occasion pour le remercier de tout ce qu’il a bien voulu faire pour nous-, quant à notre excellent ami Monsieur le docteur Paquy, ancien interne des hôpitaux, nous lui rappelons sans insister autrement que c’est lui qui a su nous donner le goût du travail, et faire de nous ce que nous

sommes.

Monsieur le docteur Desnos, qui n’a cessé de nous témoigner ses marques d’intérêt nous a fait la faveur de nous ouvrir les portes de sa clinique de la rue Malebranche, et en nous mettant à même de profiter de sa précieuse expérience et de ses bons conseils, nous a permis de nous initier par nous-même à la délicate pratique des affections des voies urinaires, de tradition dans notre famille depuis deux générations; de tout cœur nous lui en sommes infiniment reconnaissant.

Que Monsieur le docteur Dur eau, bibliothécaire de l’Académie de médecine nous laisse lui dire combien nous lui avons de gratitude pour les encouragements qu’il a bien voulu nous donner; sa profonde érudition nous a déjà dans d’autres travaux été d’un précieux secours, et nous n’hésiterons pas à mettre encore à l’épreuve sa science infiniment trop modeste et son inaltérable bonté. Il sait combien notre cher père aurait été heureux de nous voir, un peu grâce à lui, parvenu au terme de nos études.

Enfin Monsieur le professeur Laboulbène nous a fait en acceptant la présidence de notre thèse un honneur que nous ne saurions trop reconnaître, et dont nous essaierons par la suite de nous rendre digne.

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