LAMOURETTE
Je demande à faire une motion d'ordre sur l'objet de la discussion.
Messieurs, on vous a proposé et on vous proposera encore des mesures extraordinaires pour arrêter les divisions qui déchirent la France... Mais de ces mesures il n'en est aucune qui ait atteint le but, parce qu'il n'en
est aucune qui soit centrale, et que jamais on n'est remonté à la véritable source de nos maux. Cette source qu'il faut tarir, c'est la division de l'assemblée nationale. La position du corps législatif est le véritable thermomètre de la nation ; c'est ici qu'est le levier qui meut la grande machine de l'état... Eh quoil vous tenez dans vos mains la clef du salut public, et vous vous refusez aux moyens de rétablir dans votre propre sein la paix et l'union. J'ai souvent entendu dire que ce rapprochement était impratiquable ; et ces mots m'ont fait frémir. A quoi se réduisent, en eflfet, toutes ces défiances ? Une partie de l'assemblée attribue à l'autre le dessein séditieux de vouloir détruire la monarchie. Les autres attribuent à leurs collègues le dessein de vouloir la destruction de l'égalité constitutionnelle, en demandant les deux chambres. Eh bien! foudroyons, messieurs, par une exécration commune et par un irrévocable serment, foudroyons et la république et les deux chambres. {La salle retentit des applaudissements unanimes de rassemblée et des tribunes. — Oui, oui, nous ne voulons que la constitution!) Jurons de n'avoir qu'un seul esprit, qu'un seul sentiment... {Les mêmes applaudissements recommencent et se prolongent. Je demande que M. le Président mette aux voix cette simple proposition : Que ceux qui abjurent également et exècrent la république et les deux chambres se lèvent
L'assemblée se lève tout entière. Tous les membres simultanément, et, dans l'attitude dn serment, prononcent la déclaration de ne jamais souffrir aucune altération quelconque à la constitution. Un cri général de réunion suit ce premier mouvement d'enthousiasme.