DEUXIÈME PARTIE
le Temple pour l'emporter a^ec lui; il fallait à Monsieur, dvL linge, des habits et un peu de tout.
LE PEUPLE
A. l'abbaye I à Tabbay e ! . . .
Aloi, j'ai entendu le Roi lui dire quarante-cinq^ et 1.SL Heine cînquLante-deuœ : ces deux mots désignaient 1^ ï^rince de Poix et le traître Bouille, car on sait que <3'^st leur âge. — Mais, citoyen président, dis-lui donc <ixi^lque chose de l'habit savoyard, on verra ce qu'il x*é j> ondra.
LE PRESIDENT
lEst-il vrai, accusé, que tu aies fait faire, pour les S^^xis de [Capet, des vestes et des culottes couleur sa- ^v^oyard ? — Qu'as-tu à répondre ?
HUE
^E^en n'est plus vrai. Le sieur Tison ayant été admis ^^I>uis peu, sur la proposition de la commune, au ser- "^ioe du Roi, j'ai commandé et fait faire pour lui un ^^•billement de couleur brun foncé, dite couleur sa- ^o%fard.
Oitoyen président, j'ai aussi entendu de mes oreilles ^^ prévenu siffler l'air: Richardj 6 mon Roi! Ce ^ont des paroles séditieuses ; je le dénonce.
HUE
Alais je n'ai rien chanté.
LE PRÉSIDENT
Héponds: as-tu sifflé^ oui ou non?
Il a sifflé, je vous le dis^ foi de municipal.
168 LA MOÀT DE LOtttS X^.
PLusiEUKS Voix.
A TAbbaye, à l'Abbaye I
BILLAUI>-TARBNNES.
Ce valet, renvoyé du Temple une prèmî&rë fbW, a trahi la confiance du peuplé : il mérite une punition exemplaire.
MANUEL
C'est aussi mon avis ; mais comme cet homine tieiit lés fils de la trame ourdie dans là tour du Temple, je pense qu'il sera plus utile de s'as«urer de sa personne que de l'envoyer à l'Abbaye.
PLUSIEURS VOIX
Oui, oui !...
LE PRESIDENT
Que les gardes du guichet l'emmènent.
Un nouveau tumulte se fait entendre dans les couloirs. Plusieur hommeâ htè^ et souillés de sang entrent inopinément.
PLUSIEURS VOIX
VoyOBd'qia'on nous paie ! — citoyen pl-ésideirt, vôû
savez : — nous n'avons pas boudé c'est le mômèn
de régler.
BiLLAUD-VARBittîÉi [quittant son siégé d allant à L Sueur dit Tête-Rondé.
Voyons, toi, où étais-tu ?
TÊTE-RONDE
A la Force !
BILLAUD-VAiŒNNES.
Eh ! bien, et la Lamballe !
TETE-RONDE
On la promène.
BILLAUD-VARENNES
comment ?
TÊTE-RONDE
Oui au 'bout d'une pique... c'est un bouquet que nos bourgeoises veulent présenter à M. Veto.
BILLAUD-VARENNES
Vous êtes de braves citoyens : raconte nous cela.
TETE RONDE
Ça été un peu long; la pauvre petite: — gentille, ma parole ! quand onl'a fait sortir, s'est-elle pas mise en pâmoison... Tout le monde voulait la voir. —Place! qu'a clit JLe Gendre. — Place I que toutle monde puisse approclxer, et deux bons enfants ont fait faire le cercle. . . — -A f abbaye! qu'a dit une voix? Non, non, ont dit les ^.litres, et elle a été amenée devant les juges... — Re- Baettezrvous, on ne vous fera rien, a dit Hébert qui tenait le livre d'écrous, c'est seulement pour vous clxanger de prison ; répondez et ne vous troublez pas, cacr on veut connaître la vérité, il y va de votre intérêt. — On aurait entendu une mouche voler; les piques, les sabres, les yeux, tout était immobile! — Votre nom? qu'à dit le juge? — Marie-Louise, princesse de Savoie? — Votre qualité? — Surintendante de la maison de la Reine. — Aviez-vous connaissance des complots de la cour avec la Reine? —Je ne sais s'il y a eu des complots ; ^-t-ellebien eule front de répondre, et dans tous les ^^ je n'en ai eu aucune connaissance. — Jurez la liber- ^, l'égalité, la haine au Roi et à la Reine, que lui a rtposté le juge d'un air sévère. — Je jurerai facilement les deux premiers, a-t-elle répondu. — Jurez les derï^ers :— Ils ne sont pas dans mon cœur. Puis il s'est]:fait
un long silence. — Eh ! bien, jurez-vous ? — rien ! pas de réponse. — qu'on l'élargisse ! Lui mettant la main sur la tête : qu'on dévide cette pelotte.... et tout a été fini dans un instant. Sa tête, ses bras, ses jambes ses vêtements tout a été mis en morceaux, tant la colère du peuple était grande. . . et cependant si elle avait voulu dire un seul mot, je crois, ma parole qu'elle se sauvait; car, les plus durs en avaient pris pitié, et qu'il y en a eu même qui lui ont dit tout bas : jurez, jurez I... mais
rien et elle a levé les mains Sa tête court les
rues (1).