‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 111 sur 212 · UN DES ÉGORGEURS · texte numérisé non relu

UN DES ÉGORGEURS

Citoyens, encore un mot : je suis cannonier, moi; et je demande la tête du tyran pour en faire un boulet,, et l'envoyer à l'ennemi. Si les traîtres et les hommes d'état retardent plus long-temps, je demande le tocsin et la sainte insurrection de la liberté. Les hommes du 10 août sont toujours debout !

(1) Eu nous refusant aujourd'hui comme dans les premières éditionfs de ce livre, à nous appesantir sur ces affreux détails, nous ne croyons pas cependant devoir suprimer les lignes qui suivent et qui sonf justifiées par les journaux du temps.

« Quelles paroles, quels termes choisir pour montrer un barbare « qui d'une des jambes de la princesse chargea un canon tourné « contre ses concitoyens. Gomment appeler Tatrocité de Mannin,i « qui trancha de Tépée les parties sexuelles de la victime pour s^en « fiedre des moustaches et comment faire parler ces autres monstres, « ces fenmies qui s'étaient fait une habitude de lécher le sang des> « guillotines, et qui assises, se jouèrent, pendant près d'une heure, « d'une tête ensanglantée qu'elles souillèrent de fard et de sang, « pour la promener au bout d'une pique après en avoir Msé laj « chevelure.

DEinUÉME PAHTIE. 1^1

iri»BÉT, ^substitut àela CôWmîiHe, se lè&è.

(n se âdt un grand silence.)

Oui, chers citoyens, on vous trompe ; on cherche à vous endormir, on vous prépare encore des chaînes; on médite votre ruine et celle de la patrie. Mais vos magistrats sont là. Sentinelle avancée du peuple, et placé par lui au poste périlleux de substitut de la commune, je vous dois la vérité : je vais vous la dire. La cause de tous vos maux est dans la lenteur que vos raandataires mettent à exécuter la sainte volonté du peuple; elle est dans leurs infernales machinations; <ians les subtiles arguties d'un débat judiciaire, qui ne peuvent même pas se soutenir. Quand vous avez jugé la royauté, au 10 août, vos ennemis tentent encore de la remettre en délibération : « Louis, dit l'un, ne peut « pas être jugé, parce qu'il est inviolable. — Il ne peut < pas rêtre, dit l'autre, parce qu'aucune loi n'a carac- « térisé son crime. — Par qui serait-il jugé, dit celui- -ci? aucune cour, aucun tribunal n'a reçu mission « pour cela. — Il ne peut l'être que par ses pairs : où ^ sont-ils? — Pour le juger, disent d'autres intrigants,

< il faut un jury d'accusation. — Cette assemblée sou- • « veraine, que vous avez déléguée, ne peut elle-même,

^ disent des hommes encore plus audacieux, être

< cour suprême et jury d'accusation. » — Voilà ce que vos ennemis disent et proclament; voilà les principes qu'ils professent. Ce n'est pas tout : cherchant à vous abuser par votre propre autorité, pour gagner du temps, ils osent en appeler à votre souveraine décision; ®t, trop faibles pour remplir les devoirs de leur mandat,

ils parlent d'en appeler au peuple, et de vous laiss l'application de la peine. Les traîtres ! A l'époque mois d'août dernier, tous les partisans de la roya se cachaient : aujourd'hui ils relèvent un front au» cieux; aujourd'hui les écrivains les plus décriés l'aristocratie reprennent avec confiance leurs plui empoisonnées; aujourd'hui des écrits, précurseurs tous ces attentats, inondent la cité ; aujourd'hui ( hommes armés, appelés, retenus dans ces murs (et j qui)? ont fait retentir les rues de cris séditieux:

demandent l'impunité de Louis XVI ; aujourd']

on proclame un ministre, un ambitieux, comme sauveur de l'état... Que dis-jel aujourd'hui Loui ses défenseurs jusque dans le sein de la conventic aujourd'hui Louis a ses partisans à toutes les aveni du pouvoir. Ils vous menacent; ils sont déjà peut-ê plus forts que nous; ils appellent de tous leurs voe l'étranger que nous avons vaincu sur tous les poin ils attendent le moment de frapper et de vous immol Vos enfants, couverts de chaînes, iront incliner le front dans la poussière en passant devant son trôi que vous aviez mis en poudre, et que le crime relè audacieusement. — Levez-vous donc, marchez; et q la convention fasse son devoir, ou retirez-lui d mains le glaive de la loi, que vous ne lui avez ren que pour vous défendre. Que les quatre-vingt-tr< départements suivent notre exemple ; que chaque joi chaque heure, chaque minute voie naître de nouvel protestations; et, si nos paroles sont méconnu qu'ils se rappellent la puissance magique de la saii guillotine; qu'ils sachent qu'avec la guillotine n^

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