DEUXIÈME PARTIE
TOir. N'a-t-elie pas Tair de calomnier le peuple, avec son air piteux, les yeux au ciel.
TURLOT
On conspire contrôle peuple.... ce sont des signes de ralliement.
CLÉRY, entrant.
Qu'ya-t-il pour votre service, citoyens-commissaires?
MATTHIEU
Pas de paroles : débouche c'te flole, et bois.
CLÉRY
Mais...
MATTHIEU, tirant son sabre.
Allons, il n'y a pas de mais. Tu sais quelle autorité 1« peuple souverain a remise à ses magistrats : obéis. LES AUTRES MUNICIPAUX, faisant le même geste. Bois : allons, vite.
CLÉRY, hunant une gorgée.
Faut-il...
TURLOT
Nomme les coupables, et on te fera grâce.
MATTHIEU
Oui, dis qui fa ordonné de faire préparer ce poison, ^t la vie te sera conservée.
CLÉRY
Qu« voulez- vous dire, quel poison ?
MATTHIEU
Vous voyez : il délire déjà. Dépêche, et sois trai. On appellera un médecih. C'est Capet. N'est-ce pas, c'est lui?
CLÉRY
Oui... c'est sur ses ordres...
MATTfflEU.
Il était temps ! Où en étions-nous !
TURI-.OT.
Il faut que Capet avale le reste.
LUBIN
Un moment: le valet a peut-être encore quelque révélation a à faire.
CLÉRY
Citoyens, je n'ai rien à vous dire, si ce n'est que la fiole que je tiens renferme de l'essence de savon, que le Roi m'a ordonné de faire prendre pour sa barbe.
Les trois municipaux se regardent.
LUBIN
Mais ces portraits cependant... tune nieras point que ce ne soient des aristocrates et des coalisés.
CLÉRY
Je vous en demande pardon, citoyens commissaires : ce sont des modèles de dessin, choisis sur l'ordre du maître de Madame Royale. Ceux-là ou d'autres, comme il vous plaira.
On verra : nous sommes sur la trace. — Aussi-bien, voilà le procureur et d'autres officiers municipaux; nous en causerons. (A Cléry,) Tu peux te retirer. MANUEL, entrant.
Salut, frères et amis.